Les femmes, victimes sacrificielles des religions.
Les religions ont toujours rabaissé les femmes. Il y a bien eu dans des religions des prêtresses ou des porteuses du discours religieux sous une forme ou une autre, mais le discours porté reste dans ces cas-là celui du maintien du système patriarcal et du maintien de la structure du pouvoir social phallocratique. Les raisons de cet état de fait sont complexes et ont leurs exemples le plus évident dans les religions abrahamiques. J’essaierais de présenter comment les textes et les systèmes du droit théocratique ont aggravé la situation des femmes.
Les origines des religions sont difficiles à dater et ses débuts virent peut-être la participation des femmes. Mais dès les premières religions dont l’écriture donne description, on voit que si les femmes peuvent être prêtresses, ce sont sur des problématiques limitées et n’étant pas les maîtresses du panthéon. On connaît les influences des textes sumériens sur l’ancien testament. La genèse décrit la femme de ce que les chrétiens appellent le péché originel, celui d’avoir mangé le fruit de la connaissance. Ce mythe s’est transmis dans les religions qui descendent du judaïsme, le christianisme et l’islam, et justifie aux yeux des religieux de ces cultes l’humiliation systématique des femmes.
Le sang menstruel y est présenté comme étant un moment sacrilège, justifiant son exclusion de la société durant les périodes concernées. La religion justifie par l’acte de celle qui est présentée par le texte comme la responsable du premier crime les douleurs de l’enfantement. Cette affirmation a encore des répercutions jusqu’aujourd’hui avec le refus de la péridural dans les textes de plusieurs sectes chrétiennes, y compris par les plus reconnues et les plus importantes numériquement. Les prêtres y sont majoritairement des hommes, bien que les sectes protestantes acceptent les femmes comme pasteurs et que la secte catholique aient des ordres de moniales.
La sexualité est présentée comme un droit pour les hommes et une soumission pour les femmes. Le plaisir sexuel est discrédité particulièrement pour elles. Les femmes sont au mieux dévalorisées, quand elles ne sont pas considérées comme un objet ; leur principale affectation sociale est la maternité, chargées uniquement de la reproduction et de ses conséquences domestiques. Cela les empêchent de participer à la vie sociale et de s’imposer au sein des structures d’emploi et de pouvoir politique. Le discours est souvent accompagné de lois orales ou écrites pour les invisibiliser et les empêcher d’agir ou d’accéder à un certain nombre d’emplois.
Les religions favorisent le masculin, discriminent le féminin et pour cela mettent en place un véritable système de répression. La négation du féminin peut aller jusqu’à cacher l’ensemble du corps. Cette négation s’accompagne d’une intégration rendue compliquée aux fonctions sociales par le discours et le droit. Le symbolisme des fonctions prestigieuses reste appliquée au masculin et ce malheureusement pas seulement dans les sociétés religieuses. L’intégration des femmes dans les sociétés est plus ou moins avancée selon les régions du monde, mais reste un combat de longue haleine.
La haine des religions envers les femmes discrimine celles-ci par peur d’une partie de l’humanité qu’elles ne veulent même pas essayer de comprendre. Au nom de paroles ou de textes dits sacrés, ils nient l’individualité, le désir et la capacité d’innovation, de création et de travail féminin. Les qualités assimilées féminines sont dénigrées dans les discours médiatiques, particulièrement quand ils sont d’origine religieuse. La désignation du féminin comme moins efficace et moins valorisée empêche l’épanouissement affectif et social des victimes de ces discours.
Les religieux sont les principaux porteurs de cette parole qui dévalorise les femmes. Cette peur des femmes et de leur sensualité, leur intelligence et leur intégration sociale est peut-être due à une impuissance à affronter la différence ou à d’autres incapacités physiologiques. C’est aussi un moyen de limiter l’opposition aux pouvoirs des religieux en maintenant cette partie de la population sous la suggestion de leur cercle de proches.
L’assignation sociale aux tâches dévalorisées socialement existe dans toutes les sociétés dominante du monde tel qu’il est. Et les religions ont un lien fort avec ce fait. L’éducation prend cette séparation sociale dès le plus jeune âge. Des pans entiers des métiers leurs sont déconseillés par la parole alors que d’autres leur sont plus ou moins réservés. Et ceux qui leurs sont indiqués sont rarement ceux reconnu socialement en terme d’argent ou de pouvoir.
La question du sexe biologique va bien sûr plus loin que le simple constat du sexe biologique. D’ailleurs, celui-ci est parfois difficile à établir. Mais c’est le contexte social et l’influence du discours, particulièrement religieux ou d’origine religieuse, qui justifie la domination du masculin et de la discrimination du féminin. Ainsi, la moitié de l’humanité n’a pas toujours accès à un certain nombre de droits et de poste de pouvoir en raison de leur sexe. L’éducation, quand elle existe, dirige les sexes selon les commandement de la société et les commandements de la religion ne sont pas en faveur des femmes.
Si je suis un homme, je ne l’ai pas choisi. Et je comprends l’utilité de réunions féminines pour parler sans le ressenti de domination décrite plus haut. Comme athée et rationaliste, j’ai bien conscience que les différences biologiques, si elles existent, sont amplifiées par un système social dont l’histoire et le droit a été écrit par des hommes. Mais je me considère un allié et j’espère que mon texte montre ma détermination pour que la situation s’améliore.
10 Août 2020
Fabien Micolod