La foi, critique d’une attitude.
[Définition de foi
nom féminin
littéraire Assurance donnée d'être fidèle à sa parole, d'accomplir exactement ce que l'on a promis. ➙ engagement, promesse, serment.
locution Ma foi (en tête de phrase ; en incise) : certes, en effet. C'est ma foi vrai.
(Garantie résultant d'une promesse) Sous la foi du serment. Sur la foi de. Sur la foi des témoins. Faire foi (sujet : chose) : démontrer la véracité, porter témoignage. Le cachet de la poste faisant foi.
locution Bonne foi : qualité d'une personne qui parle, agit avec une intention droite, sans ruse. ➙ franchise, loyauté. Abuser de la bonne foi de qqn. En toute bonne foi. Mauvaise foi : déloyauté, duplicité.
Fait de croire qqn, d'avoir confiance en qqch. Un témoin digne de foi. Ajouter foi à (des paroles…).
Confiance absolue que l'on met (en qqn, en qqch.). Avoir foi en qqn. ➙ se fier. Sa foi en l'avenir.
Technique Ligne de foi, servant de repère pour observer avec exactitude (dans un instrument optique).
Fait de croire en un dieu (spécialement, sans complément, en la religion dominante), en un dogme par une adhésion profonde de l'esprit et du cœur. ➙ croyance. Avoir, perdre la foi.
locution La foi du charbonnier*. ironique Il n'y a que la foi qui sauve, se dit de ceux qui se forgent des illusions. N'avoir ni foi ni loi, ni religion ni morale.
L'objet de sa foi. ➙ confession, dogme, religion. Professer la foi chrétienne, la foi musulmane.]1
La foi, pour un athée, pose un problème. Le mot est le plus souvent pour lui lier à la foi religieuse, ce qui dans le dictionnaire que j’ai choisi n’apparaît qu’à la fin. Et on peut se poser la question de ce ressenti primordial pour l’athée ou encore du choix du dictionnaire. Et d’après moi, le problème est plus profond. L’origine étymologique du mot vient du latin fides. Le sujet est majeur dans la théologie chrétienne.
C’est en cela que l’athéisme est particulièrement intéressé par cette attitude. La foi a une histoire profondément religieuse et théologique. Si je répète encore ce fait, c’est qu’il a une importance dans la perception de l’athéisme par rapport à la foi. C’est par un héritage du droit romain que l’intégration du terme de foi s’est diffusé dans le droit théologique chrétien. Il en reste des influences, même si le terme de fidéicommis a disparu du droit français.2
La centralité de ce mot dans la théologie de la foi pose un problème. Elle donne à la religion le monopole des autres définitions qui sont l’engagement, la loyauté et la franchise une propriété du raisonnement religieux. La foi selon la religion ne devrait s’adresser qu’à leur dieu. Elle est définie par les croyants comme étant uniquement destinée à une ou plusieurs créatures mythologiques.
C’est une manière de décrédibiliser les non-croyants qui, par leur extra-territorialité de la foi religieuse, seraient inaccessibles à ces possibilités d’attachement envers les doctrines favorisant la reconnaissance de sa propre parole. Il n’est pas inutile de rappeler que le terme romain fides a donné le mot fidélité. Ce n’est pas pour rien d’ailleurs que les systèmes confessionnels accusent leurs adversaires traitent, incroyants ou croyants à d’autres mythes, ce qui ne partage pas leur croyance d’infidèle.
Remettre en cause cette foi envers sa parole, c’est remettre en cause tout fondement en sa pertinence ou sa validité. C’est autant une attaque personnelle que collective envers ceux qui penseraient différemment l’adepte du système de croyance en place. C’est de fait l’exclure de toute écoute de son discours. C’est une attaque sur sa moralité, sa personnalité et son comportement, même si celles-ci sont contraires des accusations.
Ainsi, la foi semble surtout un alibi des comportements interne au groupe qui la propage. Au nom d’une bienveillance envers les humains, ils justifient la posture le prise envers ceux qui s’opposent à la foi professée.3 La foi en soi n’est pas mauvaise, ce sont les différences entre les attitudes entre les uns qui sont considérés du bon côté et les autres. C’est la contradiction entre le groupe interne et externe qui justifie le pire envers les seconds.
Le problème est celui d’une perception abusée par un filtre inculqué par le terme des textes inculqués par la foi.4 Cette impression biaisée peut tant augmenter les émotions que les éteindre selon la place et les objectifs des hiérarques du culte. Le groupe se trouve en interaction dans son ressenti par la confession commune. La ferveur permet une cohésion paroxystique qui aveugle le ressenti du vécu commun.
La véracité affirmée de la foi limite l’accès aux faits. Pire, elle peut être un moyen de dévier la moralité supposée du credo de la religion qui la porte. Le double standard entre ceux qui font partie du groupe et ceux à l’extérieur fait de la foi un justificatif à des comportements qui serait à l’intérieur de la communauté des délits ou des crimes. Tuer un des siens est interdit, il suffit de l’exclure du groupe pour qu’ils se trouve exclue de la garantie des lois communes.
Cet apartheid de fait se traduit dans tous les aspects pour ceux qui en subissent les conséquences. Des exceptions empêchent ceux qui ne font pas parti de la communauté d’accéder aux droits relatifs à la communauté. Les protections habituelles ne s’appliquent pas au membres extérieurs. Le seul avantage reste que les devoirs ne sont pas censés s’appliquer non plus. Mais même cela n’est pas garanti. Les personnes extérieures subissent tous les désagréments sans bénéficier de la moindre garantie accordée en raison de la foi.
Ainsi, la religion a eu tendance à s’accaparer le terme de foi pour s’en établir un usage exclusif. C’est un moyen de refuser à tout autre la capacité des autres usages du mot. Toute personne prétendant se réfugier derrière ce mot peut être ramenée à son impiété relative à la religion dominante, celle du pouvoir en place et de la prêtrise qui soutient. C’est un brevet d’immoralité attribué sans preuve.
L’athéisme ne se sert pas du mot foi pour définir sa pensée. Ce courant se dit et est souvent non dogmatique. Cette attitude vient du désir matérialiste d’une pensée qui tente de vivre avec le monde. Pas d’arrière monde ni de créatures mythologiques qui servent à justifier des actes, mais des actes qui soutiennent un discours. C’est une obligation qui se construit envers soi et envers les autres.
Les principes liés à la foi hors de la définition religieuse sont portés par de nombreux athées. Il s’agit tant de loyauté, d’exigence envers ses propos. La cohérence entre les propos et les actes, l’engagement envers ses dires et la valeur de la parole donnée doivent se confronter pour construire une identité athée morale et éthique.5 Cette conviction matérialiste d’homogénéité entre les dires et les comportements est une marque d’une grande partie des philosophes et penseurs athées.
Cette exigence envers ses engagements est la définition même de la foi athée. Non pas celle d’une vérité éternelle, mais celle d’une construction. Celle-ci ne peut s’envisager sans une remise en cause par analyse des erreurs passées. C’est une foi vacillante envers sa construction psychologique. Elle tient compte de l’évolution personnelle et culturelle. Elle s’envisage avec la connaissance de soi, des autres et du monde.
La foi athée pourrait ainsi se définir par ce mot qui partage la même racine étymologique, la fidélité. La fidélité, c’est reconnaître la valeur de ses prises de position, mais aussi savoir reconnaître ses erreurs. En clair, il s’agit plus d’une promesse faite envers soi et les autres qu’une vérité absolue. C’est la loyauté qui illumine les actes. C’est la vérité d’une cohérence, avec ses contradictions.
Pourtant, je ne pense pas que l’athéisme puisse à ce point s’emparer du mot foi ou du moins pas sans une évolution profonde des sociétés. Le terme a une trop longue histoire théologique derrière lui. Sa compréhension ignore souvent les autres caractérisations que celle religieuse. Il vaut mieux employer les mots liés à sa définition ou à son étymologie, loyauté, franchise, engagement et fidélité.
La foi est trop liée à l’aveuglement religieux. J’essaie de ne pas trop m’aveugler sur les défauts propres à l’athéisme. Son manque de cohésion est dû à son absence de dogme. Ce qui n’empêche pas certains athées d’avoir été ou voir d’être dogmatiques. Les engagements athées ont souvent été progressistes et humanistes.
La foi ne me semble pas athée. Elle s’inscrit dans une histoire politique et théologique trop impliquée à la religion. Elle peut comme toute idée détournée de sa signification première pour développer une philosophie athée, mais cela nécessite une définition trop lointaine de celle commune pour être efficiente et pouvant être entendue. La foi du charbonnier ne peut être celle d’un athée. Le doute envers les dogmes et envers la ou les bonnes divinités empêche même d’envisager cette adhésion intransigeante en toute idéal religieux.
S’il existe un certain nombre de raison de partager ses fidélités, s’il me semble nécessaire d’avoir un discours athée clair, il ne peut pas juste s’agir de foi, mais bien de doute et d’incertitude face à un discours religieux présentant comme une vérité révélée et donc définitive. Sans un doute nécessaire, l’athéisme devient un principe absolu et peut parfaitement devenir sectaire. Et si vous avez des désaccords avec ce texte, c’est sain. Si vous voulez réfléchir à partir de mes mots, c’est permis. Si vous voulez les contredire, c’est que vous êtes fidèle à ce que je considère l’esprit de l’athéisme, une base de réflexion et de questionnements. S’il vous ouvre des questionnements, c’est un bel athéisme qui s’ouvre.
J’en conclurais bien que les dieux n’existent pas, mais je ne suis pas du genre à souligner les évidences.
Ah, si.
14/08/2024
Fabien Micolod
5Même si ces deux mots sont assez strictement synonymes, je considère la morale comme un outil collectif et l’éthique comme individuel.
L’athéisme : une spiritualité sans mysticisme.
J’ai déjà écrit sur le sujet d’une spiritualité athée. J’ai décidé de ne pas me relire avant d’écrire ce nouveau texte. Il y aura probablement des répétitions de ce que j’ai dit, mais je voulais surtout ici souligner en quoi une spiritualité athée se différencie pour moi de celle religieuse.
J’ai donné cette définition de la spiritualité comme l’expression de la production de l’esprit. Les religieux considèrent celle-ci comme une mystique. Je définis la mystique comme un type de spiritualité particulière, basée sur la relation particulier au dogme religieux et à sa théologie. La mystique est un rapport encore plus singulier à cette production de l’esprit. Il s’agit d’attribuer un discours censé démontré le contenu de la religion à un discours qui le justifie.
Le problème d’une spiritualité athée est qu’elle se veut sans dogmatisme. Elle ne se veut ni éternelle, ni révélée, ni transcendante. C’est pourquoi les athées ont de la difficulté à faire corps dans une doctrine éthique. Et l’histoire montre que les athées ne furent pas toujours du côté d’un principe respectueux de l’humain. En effet, Sade était un philosophe athée, dont les propos incitaient à la violence sociale et physique sous toutes ses formes. D’autres, plus nombreux, firent du combat social et pacifiste leur discours et leur action ; les dieux n’existant pas, plutôt que d’attendre un paradis somme toute aléatoire même pour le croyant, améliorer la vie ici et maintenant.
C’est dans la seconde que je me reconnais, dans une spiritualité concrète, hors de toute révélation. Cette adéquation de la parole et de l’acte dans sa vie exige l’engagement d’une cohérence fonde une spiritualité appliquée. C’est un exemple donné, un engagement de la personne qui dit ce qu’il fait et fait ce qu’il dit. Si le refus d’une crédulité à la transcendance doit avoir une conséquence, c’est bel et bien de s’incarner dans une immanence de l’ici et maintenant. Ce n’est pas uniquement un hédonisme, c’est une connaissance du monde tel qu’il se manifeste, y compris en étudiant le passé, le savoir scientifique et l’intérêt politique.
Le monde dans lequel les humains que nous sommes est violent, même sans leur intervention. L’espèce humaine a elle-même tendance à ajouter à la négativité du monde. La nécessité qui semble se présenter est de coopérer face aux difficultés tant du monde physique que de la construction sociale. Améliorer son monde nécessite un dialogue permanent, une conscience des problématiques par le constat du monde. Mais cela n’est pas si simple.
L’échange de propos, particulièrement dans la description des faits, est empreint d’une idéologie issue des sociétés d’où nous sommes issus. Le langage a ses limites pour décrire le réel, les mots n’étant qu’un moyen de décrire le monde tel qu’il est. Ils ne sont pas la chose en elle-même. Ils ne sont qu’une représentation par un biais idéal : la figuration d’un monde perçu par les sens. L’outil d’interprétation qu’est la formation sociale et biologique de l’appareil cérébral biaise la représentation du monde.
La représentation n’est pas la chose, elle tente de la décrire. Elle évolue dans un écosystème complexe qui prescrit sa forme. En cela, l’absence de croyance athée à un mode de pensée prédéfini permet une plus grande capacité à l’observation du monde tel qu’il est. Ce n’est pas suffisant en soi pour le garantir, cela n’empêche pas les biais, mais au moins le monde n’est pas décrit par une religion qui définit le monde par une série de mythes.
Le mythe est peut-être utile à la formation d’une société. Pourtant, il ne doit pas être la seule interprétation du monde. Une spiritualité athée ne peut pas être pour moi essentialiste. Les évènements et les personnes évoluent dans une contexte donné. La matérialité de l’objet de l’étude doit être à l’origine du débat lorsqu’il s’agit d’en construire les explications. Et la mythologie sociétale évolue, y compris dans la pire des théocraties, contrairement à ce qu’elle affirme.
Les événements sociétaux ne peuvent être analysés uniquement rationnellement. L’opinion, le débat, la polémique font le fondement d’une politique. L’objectif reste de tenter le consensus. Pas un consentement mou à accepter un discours issu de la mythologie du pays ou de la société ou il se développe, mais une tentative d’analyse et de réponse aux problématiques concrètes auxquelles fait face la collectivité . Mais cela dépend d’idéologies qui définnisent les termes utilisés pour décrire des faits communs.
Une spiritualité athée est donc un matérialisme intégral. Elle cherche à développer un savoir vérifiable et une amie de la recherche scientifique. Si le savoir ne doit pas dicter la décision, il est un guide indispensable. La vulgarisation du savoir, le partage des connaissances, la diffusion de la connaissance et de l’attitude de pensée scientifique permettent de partager une vision commune.
L’un des obstacles reste que malgré la capacité d’empathie et de coopération des humains qu’ils ont chacun et collectivement des points aveugles, malgré toute la bonne volonté dont il pourraient faire preuve. Les limites de la compréhension d’une espèce et d’une société humaine sont issues des représentations communes qui limitent le champ des possibles individuels et collectifs.
Il est utile de connaître les limites d’une telle spiritualité. Puisqu’elle n’est qu’une création humaine, elle est mouvante. Elle fuit tout dogmatisme. Elle se partage par l’éducation, le débat et la coopération. Elle évolue en fonction tant des individus que des collectifs qui la diffuse. Elle admet son propre terme et si son but reste de se diffuser, elle sait que les mythes resteront des histoire qui continueront à se diffuser.
La crédulité ne disparaîtra pas. La recherche de la crédibilité restera toujours une orientation. Cette tension entre un objectif désiré et une réalisation inatteignable fonde la spiritualité athée. C’est en cela qu’elle se distingue d’une spiritualité religieuse. Elle a conscience de ses démarcations envers l’idéal. Les affirmations qui y sont développées ne sont pas éternelles. Elles sont fondées sur les contradictions inhérentes à la condition humaine.
Si la pensée humaine peut dénommer le monde en tenant compte de son organisation complexe, il est nécessaire de participer à l’effort d’y parvenir le mieux qu’il est possible. Ainsi, une spiritualité a bien sûr besoin de l’effort individuel, mais elle doit devenir un projet collectif. Elle doit se construire par un dialogue le plus ininterrompu possible.
Cette maïeutique de la pensée est une répétition du questionnement. L’identification des schémas qui se dégagent exige un effort de compréhension des repères des termes de la controverse. Les idées doivent être explicitées simplement. La nécessité de la vulgarisation et de la diffusion de cette pensée complexe, difficile et exigeante ne peut se passer de la défense de ce bon usage de l’esprit.
La forme du débat pour définir cette spiritualité doit être équitable. Les avis pouvant diverger, malgré la transparence et les connaissances apportées, l’équité doit être respectée. Le partage des opinions, parfois la polémique, est le fondement de la compréhension mutuelle qui permet à cette pensée de se développer dans des conditions saines.
Les directions prises peuvent être remises en cause puisque s’il est possible de s’accorder sur une description du monde fondée sur les faits, les actions sont l’objet du politique. Les débats pour être impartiaux doivent fournir une information claire et la plus objective possible. Si les représentations politiques y existent, les arguments doivent se concentrer sur le sujet, pas sur les personnes ou l’orientation politique.
Ce travail collectif permet de penser la société et l’éducation nécessaire. L’esprit critique, ce fondement d’une pensée athée, y est centrale. C’est une façon de questionner le monde et la société. Elle se définit en opposition avec la pensée religieuse par son scepticisme quasi-pyrrhonien ; les réponses et les décisions sont toujours l’objet de questionnements futurs. Ainsi, la spiritualité athée se veut une pensée évolutive et changeante.
Cette construction du débat athée doit se construire sur une critique de l’histoire religieuse et de celle de l’athéisme. J’ai dit et répète mon opposition à Sade et sa philosophie. L’athéisme se doit d’avoir une vision claire de ses défauts et de celles qui l’ont porté. Son fondement profondément issu de cultures humaines à pour but d’empêcher tout dogmatisme et accompagner les changements sociétaux et scientifiques.
Si j’ai tenté la description d’une spiritualité collective, qu’en est-il de celle individuelle ? L’individu ne peut s’envisager que dans son historicité et de son corps physique. Son éducation, son niveau de connaissance, ses capacités cognitives et l’environnement socio-culturel dans lequel il évolue. Et surtout, il est différent de tout individu autre. C’est ainsi qu’encore plus que la spiritualité générale, l’individuelle est contrastée selon les personnes. Encore plus que mes autres affirmations, celle concernant le sujet particulier, celles-ci sont des orientations de réflexion plus que des affirmations définitives.
Puisqu’il faut commencer à quelque part, je vais commencer par une ascèse athée. En soit, être un athée conscient, c’est avoir une exigence qui oblige. En soit, ces impératifs sont celles qui ont aboutie vers cet athéisme des lumières sceptique. J’ai dit et répète mon opposition sur l’athéisme sadien. Pour moi, la nécessité d’avoir cette obligation envers son propre comportement est le fondement individuel d’une spiritualité individuelle.
Les athées se définissent à minima hors de toute religion. Lorsque comme moi, le militantisme athée devient une nécessité, il faut se définir un comportement pour montrer la différence fondamentale entre l’athéisme que l’on projète et la religiosité. De fait, si je suis devenu athée, même si j’ai mis longtemps à en prendre conscience, c’est en réaction aux justifications des religieux envers leurs comportements toxiques.
C’est donc d’abord un certain nombre de comportements qu’il faut combattre d’abord chez soi. La critique des pratiques des religions ne peut pas se faire en ayant la même attitude que celle qu’elles adoptent. Le dogmatisme n’a donc pas sa place dans une attitude athée militante. Les affirmations faites sont des orientations et non une vérité absolue. Ce n’est pas une vérité révélée, mais un questionnement sur le monde tel qu’il est et l’attitude qui permet de réagir de la meilleure des façons qui nous semble possible.
La violence induite par les comportements religieux, leur autoritarisme et leur dogmatisme sont les fondements qu’il faut combattre. Le but d’un athéisme sain ne peut se baser sur la manipulation mentale fondatrice de tout comportement sectaire. Ainsi, il faut développer son discours de façon à être radical sans être agressif. C’est un équilibre difficile à tenir.
De plus, cette exigence, si elle induit le respect de la personne, ne peut que se construire sur une tension entre la personne et sa croyance. L’affirmation que la religiosité est toxique peut se voir par un ressenti contraire. C’est aussi l’intime du croyant qui est en jeu. L’objectif reste à lui faire comprendre que cette affirmation n’est pas personnelle mais issues du constat d’une dogmatique qui emprisonne. Cela ne peut être obtenu que par le questionnement de celui qui croit.
Face à l’obscurantisme des religions, il faut essayer de mettre en place une véritable éducation populaire dans laquelle l’individu garde son importance. La publication de textes, de conférences et de propagation des thèses portées par le scepticisme et d’un athéisme lumineux. Savoir quand il faut se taire peut aussi être une vraie problématique. Il s’agit d’agir uniquement e affirmant son scepticisme envers les divers déités sans agresser les croyants de base.
Ce qui n’empêche pas une action envers les tenants du pouvoir dans les religions. Agir individuellement contre un excès religieux peut parfois faire la différence. Mais il vaut mieux pour cela passer par l’action collective. Je suis bien placé pour savoir qu’il reste difficile de se parler entre athées. La confiance ne peut que s’acquérir que par le mérite de celle-ci.
Il y a dans la militance une obligation de connaissance. Vu qu’il est impossible de connaître l’ensemble des religions, mieux vaux en connaître le fonctionnement interne, leurs objectifs et les structures récurrentes. J’en ai parlé ailleurs et continu à penser ce sujet. Certains pourront d’ailleurs penser des religions particulières dans leurs contextes dont ils voient les particularismes et les critiques négatives à porter à leur encontre. Il reste que les ensembles religieux ont des éléments négatifs en partage.
Cet engagement individuel reste, si une telle chose existe, un choix. Reste qu’envers soi, se dire athée tend à dénié le système religieux comme moyen de parvenir à ses objectifs. Je l’e répète, tout athéisme qui se voudrait dogmatique ou aboutirait aux mêmes comportements induits par la religion serait non seulement contre-productif mais aussi dogmatique et sectaire que le système religieux.
Tous les athées n’ont pas à chercher la lumière dans la militance athée ni n’ont la volonté de faire cette éducation, tenter, avec difficultés, de se comporter en opposition avec les défauts reprochés à l’autre camps. Cela ne fait pas disparaître les colères véritables et l’envie et parfois le fait de répondre sur le ton de l’adversaire. On sait la difficulté et le risque de vivre en athée dans les pays à tendance théocratiques.
Si la spiritualité athée tend vers une certaine maîtrise, sa différence se fait dans l’acceptation d’un sensualisme matérialiste. L’ascèse ne suffit pas, il faut aussi démontrer cette vitalité qui s’oppose à la morbidité des attitudes religieuses. Cette célébration de la vie permet d’affronter nos peurs véritables et nos chagrins.
Nous sommes des corps. L’espèce humaine est faite de multiples douleurs, mais aussi des plaisirs simples du quotidien. Cette vie bonne peut être un objectif. Elle consiste à apprécier ce que l’on aime tout en acceptant le monde tel qu’il est. J’ai dit déjà la nécessité de combattre, mais celle de savoir vivre en paix, avec soi et si possible avec les autres, est aussi importante, voire plus.
La distraction de l’esprit est un complément indispensable de l’esprit polémique. Savoir ce qui nous amène ce que les épicuriens appelait ataraxie est une pause nécessaire. Le simple plaisir de la présence au monde justifie aussi les combats. Et la coupure nécessaire aux arguments donne du temps au temps.
L’amitié, le partage et le moment de coopération pour les projets partagés ou le simple moment de césure individuel sont des petits divertissements à la négativité du monde. C’est une positivité nécessaire à sa construction. Chacun peut définir là ou se trouve cette petite liberté.
Il existe aussi des activités dans lesquelles l’esprit et le corps peuvent correspondre permettent le développement de cette vie bonne. A titre personnel, je lis et j’écris. La valeur de mes écrits est celle que mes lecteurs lui accordent. Et il me servent soit à clarifier mes propres idées, soit à évacuer mes colères véritables, l’un n’excluant pas l’autre. Et les lectures servent autant à tenter avec difficulté d’éloigner mes ignorances qu’à reposer dans des mondes plus ou moins lointains des romans, souvent de fantastique ou de science-fiction.
Enfin, il s’agit de profiter du monde. Albert Camus soulignait l’ambiguïté du soleil. Profiter d’une belle journée, seule ou avec bon accompagnement, des plaisirs sociaux et individuels, voilà un impératif pour se différencier d’une vie athée accomplie et d’une spiritualité vivante, évoluant et lumineuse.
En conclusion, je sais que ce texte reste un peu vain. Une partie des athées continueront à considérer que le mot spiritualité est incompatible avec l’athéisme. De plus, ne visant pas à établir une vérité éternelle, ce n’est qu’une opinion. Mais j’espère qu’au moins il aura donné si ce n’est une boussole, au moins un cadre par rapport lequel se situer. De plus, si ce texte est le deuxième sur le sujet, il reste plutôt un fondement sur lequel je pourrais continuer cette réflexion et non un aboutissement dont je serais parfaitement satisfait. De plus, il faut maintenant que je revois s’il existe des ruptures et des évolutions par rapport à on premier texte. Il manque les sources dans lesquelles je puise mon inspiration.
Ce n’est qu’un début et non une fin. Chacun pourra se faire une opinion sur le sujet, mais je pose au moins une question sur laquelle vous pourrez selon votre sensibilité prendre position ou non. Si vous le faîte, vous pourrez en faire une critique positive ou négative et vous forger votre propre forme personnelle.
J’en conclurais bien que les dieux n’existent pas, mais je ne suis pas du genre à souligner les évidences.
Ah, si.
20/06/2024
Fabien Micolod
De l’art de se poser des questions, une nécessité rationaliste sceptique.
La curiosité de l’espèce humaine est sans limite. C’est probablement dû à un mécanisme évolutif qui l’incitait à perpétuellement se déplacer pour trouver les ressources dont il avait besoin pour survivre. L’exploration de l’environnement et l’identification des divers dangers et les lieux de sécurité qui en découlait l’incitait à explorer de nouvelles possibilités. S’il est une différence avec entre notre espèce des autres animaux, c’est cette faculté de posé des questions par rapport à son milieux naturel et social de manière à le traduire en expériences reproductibles et partageables au plus grand nombre.
Le scepticisme est basé sur le doute. Son fondateur, Pyrrhon d’Elis laissait même penser qu’il était impossible de fonder un avis sur le monde. Mais même cette affirmation est une opinion. Les successeurs de ce penseur atténuèrent cette déclaration radicale. Un savoir ne pouvait se fonder que sur l’observation, la possibilité de le mettre en question et une conscience de certaines impossibilités à analyser les données dû aux limites du sensible, des moyens d’observations et des capacités d’analyses. Ces fondements permettent d’envisager la progression dans la capacité de compréhension. C’est la curiosité, mécanisme d’investigation du monde, qui permet l’apprentissage cérébral par laquelle se développe la connaissance. C’est par l’incertitude cognitive de l’individu que se fait une évolution dans les représentations.
Il s’agit de prendre conscience des mécanismes de fonctionnement du réel à partir de notre appareil cognitif. La conscience est difficile a définir.1 L’ambiguïté de la conscience vient tant de notre appareillage biologique, sens limités, appareillage cérébral déformé tant par sa forme initiale que par son acculturation, capacité limitée à apprendre de nos expériences, biais évolutifs, etc. De plus, le mécanisme conscient reste difficile a évalué tant par son caractère individuel que par les limites de sa définition. La réalité est complexe et violente et la culture reste là pour encadré la représentation du monde dans lequel nous évoluons. Ces limites tant individuelles que collectives laissent un doute nécessaire sur le savoir tel qu’il se constitue.
Certaines questions sont purement sociales et ne nécessitent qu’une réponse obligée. Il faut donc apprendre à poser des questions à soi-même et au sein des sociétés, aux autres et sur le monde. Le ressenti culturel peut empêcher certains types de questions personnelles ou collectives. Ces questions sont donc plus difficiles à identifier.
La réponse importe, mais c’est le questionnement et sa forme qui valide le processus de connaissance ou de discernement. La forme de la question dépend tant de son but que de sa formulation. Son objet réclame d’une réponse, au moins partielle. Elle repose sur une hypothèse, dont même l’invalidation est féconde. Il s’agit de nuire à son ignorance par des mécanismes d’expérimentation, d’apprentissage et de comparaison.
Le questionnement a toujours une base à partir du ressenti émotionnel. Si la chose n’intéressait pas, à quoi bon chercher le pourquoi et le comment. L’intérêt peut avoir une visée purement intellectuelle tant que pratique. L’histoire des sciences nous apprend que parfois ces réflexions spéculatives ont un effet sur le réel alors qu’à la base, les idées en elles-mêmes ne sont que le produit d’un cerveau.
Aucun individu par sa singularité ne peut penser hors du contexte social. Le questionnement ne peut venir concomitamment que dans une histoire particulière et collective. La pensée se développe par le surgissement des interactions intellectuelles, sociales et politiques. La démarche scientifique s’inscrit dans ce questionnement du réel qui surgit.S’il est vrai que la rationalité scientifique apporte des réponses, celles-ci ne sont pas gage de décisions politiques. Car même une description du réel n apporte pas une réponse sociale. On peut faire la supposition qu’on peut décider à partir des descriptions scientifiques, mais l’histoire montre que ces décisions sont influencée par le contexte et l’idéologie politique.
Même la méthode scientifique la plus élaborée n’échappe pas aux représentations de son époque. Même la plus épurée des explorations impartiales n’échappe pas aux contraintes techniques et aux buts humains qui la constitue. Même le plus impavide des scientifiques n’échappe pas à l’environnement qui l’entoure. Ainsi, le phénomène scientifique donne seulement les réponses qu’aux questions qu’on lui pose et de la manière dont elles sont fondées.2
Ces questionnements tant personnels que collectifs se mêlent dans la pensée d’un individu rationaliste. Elles sont des guides pour penser l’action, mais ne représentent que des opinions par rapports aux buts fixés. Et ces objectifs ne sont pas toujours issus d’une rationalité unique. Les questions économiques sont souvent à l’origine de la recherche scientifique. Ce qui ne la discrédite pas en soit, mais en montre les limites.
La pragmatique des questions scientifiques est spécifique. Elle doit identifier la problématique. Dit plus clairement, il faut savoir plusieurs choses avant même de poser une question. Trouver les informations et les interpréter peut avoir des présupposés idéologiques. Si idéalement, il faudrait s’en passer, la matérialité du contexte montre que c’est un objectif difficilement atteignable.
L’information préexistante doit être recollée. Il s’agit de faire un panorama le plus complet de la littérature et des connaissances. Elle doit être analysée selon le niveau technique qu’elle nécessite et qui est présent dans la société où elle se pose. Cela nécessite un fonds documentaire approprié et spécialisé. Le fait qu’une connaissance soit reconnue ou invalidée comme valide ne doit pas être un obstacle à la tester pour la confirmer ou l’infirmer.
La technicité de l’analyse pose quelques problèmes. Les mesures doivent être précisées selon le type de données recherchées. Le calibrage des instruments est fondamental. Le protocole doit répondre à la question posé. Il doit être consensuel et appliqué avec toutes précautions nécessaires.
L’expérience fait l’objet des mesures et des relevés de données. Celles-ci sont le cœur de l’étude. Les spécialistes doivent partager les analyses, les confronter et les disséquer. Si l’hypothèse semble confirmée, elle va être soumise aux pairs. Les spécialistes du sujet étudié vont examiner chaque étape du processus. Si l’expérience est validée, elle sera soumise aux revues scientifiques3. Ce partage permettra une vérification par un plus grand nombre de professionnels de la. Question. Si la question est déjà sujette à publication, il faudra assembler les données pour une méta-analyse. Sinon, d’autres expériences seront menées pour compléter et vérifier les différents éléments relevés. On peut considérer que le consensus maximum est atteint.
Mais même ce consensus peut être remis en cause à posteriori. En effet, la construction du discours pour être reconnu comme scientifique implique la possibilité de le remettre en cause par une nouvelle expérience ou un nouveau contexte interprétatif. Savoir remettre en cause les connaissances pour les affiner ou les contredire sont les bases qui différencient un discours basé sur la crédibilité et la crédulité.
Cette méthode ne peut servir que pour les questions pour lesquelles on veut une réponse précise et la plus proche de la réalité possible. Reste que cette objectivité devrait être visée pour des questions demandant une recherche de vérité. Cela n’empêche pas comme je l’ai déjà dit les opinions, les présupposés et les interprétations personnels.
Pour poser une question, soit il faut assumer la prise de position présupposée, soit viser à un apprentissage, soit viser à un minimum d’élégance. La vérité qui est recherchée est relative. Face à un questionnement, dans la plupart des cas, nous sommes démunis. Manque de ressources, difficulté à analyser les besoins, le manque de temps ou encore la méconnaissance des ressources valides. Poser et se poser des questions est effectivement une recherche de réponse, même si pour moi la réponse importe parfois moins que le désir de la chercher.
Et si vous apprenez quelque chose, doutez de ce que vous croyez savoir, remettez en cause vos représentations ou même confirmez ce que vous saviez, c’est l’investigation, la curiosité sans borne, la route qui importe autant que la destination à laquelle de votre intérêt pour un sujet.
06/05/2024
Fabien Micolod
PS : J’ai perdu une partie de mes sources. Ce texte en mériterais plus pour être complet et significatif. En attendant que j’y revienne, n’hésitez pas à me conseiller des sources, je vous citerais comme découvreur.
1La conscience est souvent célébrée à la manière d’un mystère au-delà de la science, impénétrable du dehors, bien qu’intimement connaissable de l’intérieur par chacun d’entre nous. J’estime que cette tradition est non seulement une erreur, mais qu’elle constitue un obstacle sérieux à la recherche scientifique en cours, celle qui peut expliquer la conscience de façon aussi profonde et compète que d’autres phénomènes naturels : le métabolisme, la reproduction la dérive des continents, la gravitation et ainsi de suite. Je voudrais, à seule fin de déterminer – ou de clarifier – les fondements de cette recherche, commencer par examiner les prétendues limites inhérentes à toute investigation scientifique sur la conscience.
Daniel C. Dennett / De beaux rêves : obstacles philosophique à une science de la conscience.- Gallimard, Paris, 2008. ISBN 978-2-07-044348-2
P 49
3Sur la valeur des publications scientifiques : https://www.youtube.com/watch?v=NkdczX1Sq-U&t=232s
La rationalité et les croyances, entre crédibilité et crédulité.
La croyance est un phénomène universel dans l’espèce humaine.
Le problème de la croyance, c’est qu’elle peut être définie de deux façons. Le mot vient du latin credo. La fonction du credo est de dispenser un ensemble de doctrines d’un discours, sans préjuger de leur valeurs épistémiques. Si ce message a une valeur de savoir fondée sur le réel, il tend vers la crédibilité. S’il porte le dogme aveugle, il tend vers crédulité. Et la limite qui semble claire se brouille quand il commence à y réfléchir.
Prétendre détenir la vérité est une affabulation. Non pas qu’il n’y est pas des vérités, mais elles ne sont pas uniques. Elles se voient remise en cause si l’approche des savoirs évoluent. La connaissance implique par son étymologie la naissance d’un savoir de groupe. C’est aussi une érudition critiquable qui évolue selon les techniques et l’accumulation des études scientifiques.
La sapience a la double signification de savoir et sagesse. Pour la sagesse, tout dépend ce qui est mis derrière. Disons qu’à mon opinion, il s’agirait aux espèces peuplant la terre vive le mieux. Mais étant un objectif inatteignable, viser mieux vivre en contemporain me semble un objectif raisonnable. L’histoire personnelle et collective d’une époque impacte la pensée, y compris celle de l’auteur de ces lignes. Il est héritier tant des données anthropologiques et sociales particulières.
Dans le cadre des savoirs, il est possible d’appréhender le monde de façon efficiente par les démarches scientifiques. Ces démarches sont issues de l’observation, de l’induction, de la déduction et de processus de vérification. C’est un processus collectif au moins depuis le 16e siècle et les connaissances ont toujours voyagé. Les sciences peuvent répondre à de vielles questions sur les origines et le fonctionnement du réel tel qu’il s’impose sur notre planète. Les observations, de plus en plus lointaines et de plus en plus petites ont permis de meilleures appréhensions et descriptions de la réalité physique.
La discipline scientifique, comme tout objet humain, connaît des débats. Elle a ses rivalités, ces intérêts de pouvoirs. C’est un objet d’interprétations contradictoire. Toutes ces raisons sont autant de penser que les sciences ne sont pas sensés être prescriptives. Les sciences ont démontré une efficacité physique. Dans certaines circonstances, elles peuvent être une boussole pour décider quelle décision individuelle ou collective prendre. Mais ceci ne peut être totalement vrai, puisque cela dépend de critères liés aux représentations morales de la société où elle se développe. Elle ne connaît pas l’avenir. Elle permet juste de prendre en compte de l’ensemble des données connues. Le problème reste dans les inconnues et dans le comportement de l’espèce homo plus ou moins sapiens
Mais la crédulité n’est pas totalement irrationnelle. Ce sont ses prémisses qui le sont. Il y a souvent une logique interne même dans la crédulité. C’est une autoréférence au credo. Le texte, le discours se justifie en un cercle parfait. Cette technique empêche de voir les contradictions externes au discours porté. En soit les éléments internes ont leur propre rationalité. Les contradictions y sont résolues et la cohérence y est assurée.
En soit, ce n’est pas l’affirmation primaire qui est ici rationnelle, c’est la logique d’adhésion au discours. C’est le plus souvent une forme d’autorité qui affirme le fondement de la logique d’adhésion au discours porté. Une fois accepté les présupposés de la doctrine, celle-ci se referme dans un cercle ou l’affirmation d’autorité, la personne qui subit cet enfermement ne peut pas remettre en cause les affirmations portées.
La différence n’empêche pas une certaine perméabilité des deux. L’ensemble de la connaissance et de la compréhension de la totalité des sciences n’est pas accessible à l’individu. Dans un sens, celui qui ignore une science est crédule du travail scientifique. Et celui-ci est biaisé par la technostructure qui l’implique. Si la recherche nécessite la coopération, elle n est pas exemptes de l’idéologie de l’époque et de l’agencement dans lequel elle se développe. Elle est issue d’un modèle théorique qui est induit par les principes politiques dans lequel il se développe. Et elle peut détourner le regard d’une question pour en faire voir une autre. Dans ce sens, elle n’est pas seulement rationnelle et ai victime d’une forme de crédulité.
Les liens entre crédibilité et crédulités ont des fondements idéologiques. Dans les deux cas, il est question de fonder un récit cohérent du monde. Dans les deux cas, ils répondent à une structure sociétale particulière. Si la différence est fondamentale entre les deux, elles n’en sont pas moins liées par le désir d’un récit commun. Et ce récit ne peut pas échapper au contexte dans lequel il se développe.
De plus, les deux ont des buts destinés à satisfaire des besoins spécifiques. La crédulité satisfait notre finitude, la crédibilité donne un sens à notre curiosité. Mais en soit, ni l’une, ni l’autre ne réponde vraiment à la question du « pourquoi moi ? ». de sa présence au monde. Si elle donne toujours des explications générales, le particulier y perd toute signification concrète. L’abstraction du langage favorise l’incompréhension du néophyte et pose une autorité dont celui qui ignore ce vocabulaire une problématique de compréhension.
Ce problème de vocabulaire est central. La compréhension des concepts permet de hiérarchisé la réalité de la vérité communiquée. Ceci est tant au sein du langage scientifique que du langage dogmatique. En effet, le langage spécialisé empêche d’accéder à une clarté de l’affirmation. Dans les deux cas, cet état de fait est lié à la complexité. L’un, celui liée à la crédibilité, est lié à la complexité des faits à décrire. Le second, celui de la crédulité favorise une division entre le réel et le discours.
Pour cela, les sciences ont développé, en plus des méthodes, des langages destinés à décrire le réel. C’est dans ce sens que la scientificité est un credo. La démarche raconte l’histoire, les tâtonnements, les réussites et les échecs pour s’améliorer dans la connaissance. C’est un ressenti issu de multiples facteurs physique par le biais des sens, puis des objets techniques, qui permet une conscience plus juste du monde. C’est un apprentissage continu des humains qui a permis dans la compréhension de l’univers à divers degrés plus ou moins élaborés, résistant parfois sur des limites. L’intérêt des sciences serait de limiter la crédulité au profit de la crédibilité.
Le langage de la crédulité se base sur un ésotérisme presque total. Seuls les initiés peuvent le comprendre. Il est l’argument d’autorité suprême. Le discours ne tient que parce qu’il est considéré comme la vérité. Il résulte d’un endoctrinement patient, généralement penser en esalier. Les premières affirmations peuvent paraître crédibles, voir le sont partiellement.
Pourtant, dans les deux cas, on peut considérer ces langages comme ésotériques. En clair, cette langue particulière tend à imposé un certain nombre de concepts qui ne sont pas accessibles. Pour y accéder, il faut entrer dans un langage spécialisé. Cette spécialisation entraîne une exclusion d’une majorité relative des personnes qui l’entendent. Mais on peu reconnaître au moins à une partie des scientifiques à désirer une vulgarisation du discours. Quand aux affirmations de la crédulités, les profondeurs en sont le plus souvent cachés sauf pour quelques initiés.
Les différences semblent claires. Mais les liens aussi. Dans les deux cas, le but reste de décrire le monde. Les deux prétendent à une vérité. Les deux ont un langage spécialisé. Les deux se fondent sur une parole d’autorité. Les deux sont issue du monde social. Les deux sont issu des désirs et des rêves de l’humanité. Les deux prétendent à une libération par le discours. Les deux se fécondent parfois dans la confrontation des récits.
Pourtant, la crédibilité tend a une description réelle alors que la crédulité tend à un déni du réel tel qu’il est. Cela n’empêche pas les représentation biaisée de la part de la première, et de parfois donner un questionnement sur le monde tel que les humains le mène pour la seconde. Si la crédibilité vaut mieux pour comprendre le monde, elle n’en contient pas moins ses propres représentations faussées ou dirigées politiquement. Et la reste la question. Même le plus brillant des savants est influencé par les représentations de sa société, comme le plus grand des crédules.
Puisqu’il vaut mieux tendre vers un monde que l’on comprend, mieux vaux malgré tout se fier à la recherche scientifique. Sa valeur relative reste meilleure. Elle se base sur le consensus et non uniquement l’argument d’autorité, même s’il reste souvent des trace de celle-ci. Elle se remet en caus, contrairement à la crédulité dirigée. Elle n’a pas théoriquement pour but de prendre de décision, même si parfois elle le prétend. Elle se base sur le débat voir la controverse. En soit, elle accepte la contradiction fondée sur un argumentaire fondée sur d’autres recherches.
J’espère ici bien avoir montré les différences entre crédibilité et crédulité. et interpénétration des deux. Les reponses simples qui laisserait à penser que seule les sciences peuvent répondre au questions humaines oublient souvent que même les méthodes les plus ratinnelles sont appliquée our des buts qui ne le sont pas tuojours. Satisfaire la curiosité sans borne des êtres humains a permis d’améliorer les conditions de vie, mais aussi les moyens de mort. La notion de bon et de maucavais, les politiques à adopter ou la direction que doit prendre une vie sont autant de sujets qui ne peuvent être uniquement rationnels. Il faut donc aussi laisser la place aux opinions et aux représentations biaisées, aux crédulités du quotidien qui fondent la personnalité.
04/12/2023
Fabien Micolod
Les dieux au scalpel du rationalisme : un athéisme militant.
Introduction
Je suis. N'y a-t-il pas chose plus improbable dans l'univers que le simple fait d'exister ainsi que de pouvoir se poser la question. L’observation, le ressenti du monde dans lequel nous évoluons est un évènement improbable. Il nécessite la présence de son corps dans le monde. Le seul fait de chercher à éclairer le monde plutôt que de se complaire dans des représentations figées permet de constater l’évolution permanente de tous les éléments physiques.
La Terre est issue d'un univers catastrophique. Les circonstances d'apparition de la terre, sans même remonter à celle de l'univers, sont d'une violence sans mesure. Le soleil est lui-même issu d'une partie d'un autre soleil. La terre, ainsi que les autres planètes de notre système solaire, sont des morceaux de matière arrachée - dans des circonstances méconnues - du soleil. Les débuts du vivant restent sujet à spéculation. L'humain est issu d'une histoire de la physique de l'univers et de la planète. Et la physique moderne apprend que l'univers et la matière sont d'une complexité, si j'ose le mot, infinie.
C’est une planète rare. Elle est la seule connue capable d'accueillir la vie organique. Je pense probable que le phénomène du vivant existe ailleurs, mais il reste compliqué à démontrer. La théorie darwinienne donne les grands mouvements de l'évolution depuis l'apparition de la vie. L'une des espèces a connu une évolution qui lui a permis de cerner certaines des règles qui régissent son écosystème. L'animal humain, genre pan, espèce homo dite sapiens est un animal grégaire et social. Il a envahi quasiment toutes les niches écologiques de la planète. Il a exploré et exploité son environnement. Au sein des sociétés, il a mis un récit en place pour justifier la soumission de son milieu. Sachant cela, la gestion de la planète est devenue un enjeu de la survie de la majorité des espèces évoluées. L'humain est une espèce non seulement endémique, mais aussi destructrice de son écosystème.
L'humanité a cette particularité d'avoir développé un savoir vérifié, à la fois empirique, déductif et raisonné du monde tel qu'il est. Le processus de recherche scientifique cherche à poser des hypothèses et à y répondre à partir expériences et de vérifications. C’est en cela que la problématique scientifique est fascinante. Capable de se remettre en cause, elle permet un éclairage sur le monde tel qu’il est. Elle est un questionnement renouvelé par les réponses qu’elle apporte. Les techniques de réflexion et d’observations, les constats et les observations permettent d’évaluer et de faire évoluer les savoirs. Il a la possibilité, grâce à sa conscience réflexive, d’améliorer son existence et de discerner les mécanismes de l’univers dans lequel il évolue.
L'être humain est une créature limitée. S'il a acquis en tant qu’espèce ces connaissances concrètes sur le fonctionnement du monde, il est aussi limité par son histoire biologique, sociologique, historique et personnel. Il est victime de multiples biais. L'individu ne peut pas échapper à ce réel qui l'entoure. Cela a pour conséquence de le mettre face à la matérialité violente du monde. Cela le perturbe dans son approche du monde. Face à sa finitude tant individuelle que collective il réagit souvent irrationnellement.
C’est un être biologique. Sa capacité à rationaliser les éléments du réel ne dépend pas seulement d'éléments issu de la raison. Le ressenti sensitif, émotionnel entre en compte. Il lui arrive dénier l'expérience vécue pour se réfugier le monde de l’imagination. Son expérience individuelle et collective issue de l’évolution longue de son espèce tend à favoriser des récits nécessaires à son éducation. Sa structure corporelle et sensitive lui permet d’appréhender son réel, mais au prix d’un travail sans cesse renouvelé.
L'être humain, je me répète, a cette capacité de questionnement du réel. La tradition rationnelle a cette qualité de savoir se remettre en question. Surtout, la méthode scientifique apporte des réponses concrètes à de multiples difficultés. La médecine soigne, avec des apports de la biologie et de la chimie. L'architecture peut permettre d'améliorer les conditions de vie. Les questionnements sur les origines de l'univers sont suffisamment fantastiques pour être épurés de tous éléments fantaisistes. Il faut expérimenter plutôt qu'affirmer une pseudo-vérité destinée à se rassurer. Si la réponse reste peut-être inaccessible, l'émerveillement au monde est plus intense
Les sociétés humaines ont leur part d'aveuglement, qui n'incite guère l'individu à faire face au monde. Les mythes, s'ils ont toujours des éléments intéressants pour former et comprendre la psyché humaine, sont infondés scientifiquement. Il reste donc nécessaire de se débarrasser de ces chimères.
Les religions et les conservatismes intellectuels, sociaux et politiques empêchent de penser correctement ce monde. Par leurs immobilismes, ces mouvements tiennent à maintenir des formes sociales et intellectuelles qui avantagent ceux qui les propagent. La forme du pouvoir nie l’immanence du monde et présente leurs pouvoir comme provenant d’une transcendance.
Le religieux, en tant que forme politique, entrave toute réflexion sur les questions scientifiques, en affirmant la prédominance de leur discours sur le réel. L'idéologie y remplace le réel et ce déni du réel empêche une réflexion posée sur l'amélioration individuelle et collective de cette réalité, ainsi que sa compréhension. Les religions ont ce défaut d'affirmer, et c'est encore plus vrai dans le cas des religions écrites, que toute vérité sort des tenants de cette forme politique de sociabilisation.
Fondamentalement, dans toute religion, l'enseignement ésotérique, destiné aux prêtres et aux disciples de premier ordre, est destiné à assurer le pouvoir et le confort des prêtres. L'enseignement exotérique, destiné à la masse des croyants, est destiné à fixer l'asservissement et l'obéissance à ces sectateurs. Les religions sont des systèmes politiques fondamentalement inégalitaires. C'est une bonne raison pour se débarrasser des dieux et de leurs soutiens.
I De la définition des dieux
Les dieux sont des créations humaines. Affirmer le contraire reste l’apanage de la croyance religieuse. Ils sont des émanations des sociétés humaines. Ils sont différents les uns des autres. Leurs formes et leurs pouvoirs sont définit par un corpus plus ou moins stable. Ils sont diverse. Ils ont une histoire inventée dans le corpus religieux qui les définit. Les dieux vivent uniquement à travers le flot des humains qui les portent. Et ils peuvent mourir, disparaître dans le flot de l'humanité. Certains sont plus vivaces, se renouvellent dans des apparences multiples, et dont chacune est différente. Il est donc nécessaire de définir ce qu'est un dieu.
Il faut pour analyser le phénomène divin des précautions multiples. La croyance est une forme de pensée obtuse. Les religions ne tolèrent pas la contradiction. Elles sont un mouvement politique, une forme sociale conservatrice. Elles portent un message qu’elles présentent comme intangible, une vérité éternelle. Elles sont surtout la propagation d’un récit qui justifie le pouvoir des prêtres.
Tous les dieux ont un nom. Si un dieu a un nom différent d'un autre, il s'agit de deux dieux différents. Si les sectateurs d'un dieu affirme que le X est le même que le dieu Y ,c'est pour pouvoir convertir la communauté de ce qui ne croient pas au(x) leur(s). C'est une forme de prosélytisme, qui peut aboutir à la transformation d'une croyance en une autre. Cette forme de syncrétisme existe dans toute les religions et dans toutes les sociétés humaines. Un dieu peut se trouver transformé, changeant sans parfois changer de nom.
Ils ont et sont une histoire, un conte proféré vrai par les officiants. Ils ont une généalogie. Ils ont un habitat. Ils ont une action dans le monde, plus ou moins caractérisée. Ils engendre des comportements dans le monde. Ils sont des représentations sociales et culturelles. Par le credo religieux et par la représentation théologiques des prêtres, ils interagissent avec la société et la société interagissent avec eux et leur caractérisation.
Les dieux peuvent être de natures différentes. Je distingue les dieux transcendants, les dieux immanents et les dieux qui ont des éléments de ces deux natures. Les dieux immanents sont des dieux tels que les a définis Spinoza. Littéralement, le ou les dieux sont la nature. Ils ne peuvent être dissociés de la nature, donc du monde tel qu'il est. C'est la nature des dieux chamaniques. Ils sont liés à des éléments de l'environnement immédiats de la société ou de la totalité de l'univers dans sa réalité. L'esprit de la rivière, du feu, ou de n'importe quelle part sanctifié par le chaman devient le destinataire des sacrifices de la société.
Les dieux chamaniques ont ce lien avec un objet, un lieu ou un évènement réel. On peut probablement lié les déesse de la fertilité plus anciennes à ce type de divinité. Il s’agit bien d’un évènement réel qui est concerné. Je fait l’hypothèse qu’en plus de représenté l’avenir de l’espèce, la statue était censée protéger la parturiente. Une femme enceinte était la déesse puisqu’elle assurait le futur de la tribu.
La deuxième nature des dieux est celle des dieux transcendants. Ce sont des divinités qui vivent hors du monde physique. C'est le cas des dieux monothéistes révélés. Ils sont inaccessibles aux hommes, au-dessus des hommes. Les prophètes et leurs prêtres prétendent accéder à leurs mondes, à être hors du monde classique pour pouvoir dire selon leurs intérêts quelle est la direction des hommes Ce type de dieu se manifeste uniquement suivant le bon vouloir des prêtres qui y ont un intérêt.
De leur arrière monde, ils dominent le cosmos. Ils sont au-dessus, en dehors, assis dans u trône ou ils dirigent toutes les choses de la physique. Ils se présentent comme pouvant intervenir dans le monde, mais ne sont pas sensé s’y incarner directement. S’ils peuvent avoir une action dans le monde, c’est le plus souvent par un intermédiaire.
La dernière nature de dieux est entre les deux précédentes. Le dieu semi transcendant ou semi immanent a des qualités de chacun. Il est transcendant dans le sens où il vit dans un monde au-delà du nôtre. L'Olympe des dieux grecs et romains ou le Walhalla des dieux scandinaves en sont des exemples probants. Ils vivent dans un hors monde.
Ils s'incarnent, par exemple dans ces religions dans des phénomènes concrets. La foudre de Zeus ou de Wotan est très immanente. Elle incarne le dieu pour le mortel. Elle est autant le dieu que sa présence dans son arrière monde. De plus, la plupart de ces dieux ont des contacts directs avec les humains, particulièrement dans des relations charnelles ou en soutenant activement leurs champion.
S’il est vrai qu’il n’existe pas de dieux purement des deux premières descriptions, on peut malgré tout prendre ces définitions pour caractérisé la croyance. Et ceux de la troisième définition tendent souvent vers l’une des deux premières. Définir un dieu, c’est définir le mythe qui le créée et la société des prêtres et des croyants dans laquelle ils évoluent.
Il faut ensuite définir leur formalisation. Il existe des dieux oraux et des dieux écrits. Les dieux oraux sont innombrables. Ils sont plus sensibles aux changements que les dieux écrits pour des raisons concrètes. Ils peuvent subir des pertes dans le clergé. La forme orale, quel que soit la forme de transmission, est plus malléable et plus sensible au défaut de la mémoire. De plus, les mythes ont souvent des origines réelles qui peuvent donc se reproduire, et une défaite peut en rappeler une autre au puissant, ce qui peut amener des variations de perception selon l'orateur et le spectateur.
Les dieux écrits sont moins malléables. La forme écrite les engonce dans une tradition plus rigide. Ce qui n'exclue pas des modifications parfois majeures, rendant irréconciliable deux partis des prêtres, et créant par là deux dieux différents. Les scribes ont été limités dans leur production. Et sans compter les disparitions, ceux-ci pouvaient produire des erreurs dans les textes. De plus, malgré la tendance totalitaire de la religion, elle a toujours dû négocier avec les pouvoirs politiques existants, ce même dans des états théocratiques.
Les dieux se déterminent enfin par leurs pouvoirs. Reprenant l'exemple de Zeus ou Wotan, ils ont le pouvoir de foudre. Les dieux monothéistes prétendent pour la plupart à l'omnipotence. Cette omnipotence et cette unicité affirmée est souvent limitée par d'autres créatures aux pouvoirs que l'on peut considérer que comme divin. Dans le cas des religions monothéistes écrites transcendantes, les dieux ont un adversaire, le diable, qui une sorte de dieu négatif. Le pouvoir s'incarne dans une flopée de serviteurs qui démultiplient le nombre de créatures para-divines, anges démons et autres La mythologie des monothéismes est inspirée de religions qui l'ont précédée. Certains des serviteurs des dieux uniques ont les pouvoirs de dieux polythéistes. Les anges sont les messagers de ces dieux comme Hermès dans l'Olympe de la mythologie grecque antique.
Enfin, toutes ces mythologies pourraient être bien inoffensives si elles ne s'incarnaient dans un clergé. Les noms des prêtres sont multiples, mais leurs pouvoirs sont réels. De fait, les prêtres se déclarent seuls à avoir l'oreille ,la parole, l'interprétation et la compréhension du ou des dieux, de l'esprit, de la lettre ou de la créature ayant les pouvoirs divins. C'est ce qui fonde leur pouvoir. Et comme les dieux sont muets, ils peuvent affirmer tout et son contraire. Pour renforcer leur pouvoir, le clergé a inventé la théologie.
La théologie est la définition juridique des désirs d'un dieu. Si deux théologies se contredisent ne fussent que sur un point, c'est que se sont deux dieux différents, même s'ils ont le même nom, la même nature et la même forme. La théologie codifie les dieux. Elle leur donne une forme politique et sociologique. Elle est définie par les chefs des prêtres. Ceux-ci, dès qu'ils ont le pouvoir, assurent leur propre domination. Lorsqu'ils existent dans un état qui n'est pas purement théocratique, ils soutiennent en général les puissants, pour que leur point de vue s'impose.
La forme juridique théocratique la plus aboutie permet la création de tribunaux et de polices religieuses. Ceux-ci utilisent tous les moyens de coercition possible. Le pire est justifié au nom du ou des dieux. L’orthodoxie se définie selon la forme du pouvoir en place, et selon les desiderata du chef. Ils peuvent justifier ainsi tous les débordements, selon leurs intérêts. Le chef et ses seconds peuvent déroger à la règle commune, au nom de leur exceptionnalité. Le croyant de base, lui, subira la violence de la communauté. L'un a tous les droits, l'autre tous les devoirs.
Ce pouvoir judiciaire est extrêmement coercitif. Elle concerne les mœurs et les comportements. Elle se base sur le tribunal composé de religieux qui vit du récit religieux. Il a tout intérêt à voir perdurer un système qui assure leur bien-être. Le pouvoir qui est tiré de cette forme sociétale maintient des structures politiques qui avantages les prêtres au détriment du croyant. L’opposition y est présentée comme le mal et l’immoralité.
Les dieux ne pourraient pas exister sans la masse des croyants. Les prêtres se réservent des places sans dangers ni efforts, ils délèguent les actes durs aux croyants en leur donnant des illusions. La théologie permet d'imposer le style de vie que les prêtres disent bon, tout en assurant son propre confort de la hiérarchie 5. Le croyant est opposé à l'infidèle, tenant de toutes les difficultés de la société. Ainsi se justifie la violence, l'exclusion et toutes les formes de mépris possible. Il change la nature des mots conformément à son interlocuteur.
Le langage y a une place prépondérante. Il est a la fois prescriptif et ésotérique. La norme réglementaire y est centrale. Les termes utilisés y ont souvent un double sens ou un sens particulier. Ils ont le sens commun pour la masse et un sens particulier, parfois contradictoire, pour les officiants. Ce double sens est un moyen de dominer et d’exclure la masse en lui faisant croire que le sens ne peut être atteint que par des élus. Cette connaissance d’un dialecte particulier laisse accroire à une supériorité qui justifie l’exploitation de la majorité par cette minorité.
Les dieux n’existent pas hors des religions et des croyants qui la portent. Ils n’ont que l’existence dans le cerveau de ceux qui y croient. Et face à cette réalité qui oblitère l’esprit critique, le débat et la contradiction, restent ceux qui vivent sans. C’est vivre sans le poids du religieux qui permet l’autonomie et le libre examen de toute affirmation.
Le discours des religion parle soit d’un passé, soit d’un avenir glorieux pour mieux contrôlé les désirs de leurs ouailles. C’est aussi un moyen d’empêcher la prise de conscience d’un présent souvent médiocre, voir totalement désespérant. C’est en cela que la religion obnubile tout espoir de changer sa réalité ; elle maintient un ordre bénéfique aux puissants sans offrir une vraie amélioration aux humbles et aux faibles.
Cette analyse des dieux amène la question d'un athéisme sensé, sensible, raisonnable, raisonné et rationnel. Les conséquences de la construction humaine des dieux sont multiples. Elles sont diverses. Les prêtres ont tout intérêt à voiler la vérité, à cacher leur responsabilité dans les problèmes de la société, pour les attribuer à une partie de la population qui n'appartient pas à la communauté.
Vivre sans dieu aucun, c’est non pas ignorer les prêtres et leurs contes, mais se préserver des risques de se soumettre aveuglément à des comportements dangereux C’est considérer les dieux pour ce qu’ils sont. Ce sont des histoire pour une époque ou l’humanité ne possédait pas les connaissances nécessaires à la compréhension du monde. Ce sont des formes politiques pour un monde en manque d’éducation et de connaissances basées sur l’observation, ce que les anglo-saxons appellent l’évidence.
II Face aux religions : pour un athéisme affirmé.
L’athéisme n’est pas bon en soi. Certaines formes de l'athéisme ont parfois mené aux pires excès. Le fascisme de Sade ou l'athéisme calculé de Staline peuvent mener au pire. Il faut donc tenir compte de ces horreurs pour tenter une forme plus vivable. Si le mot justice peut être interprétée de façon purement juridique, il peut aussi traduire l'espérance travaillée d'une meilleure équité entre les êtres humains. La question est de savoir comment équilibrer la manière de gérer le monde pour que chacun s'y intègre et puisse s'y épanouir.
Être un athée raisonnable, c'est chercher à vivre. Être un athée raisonné, c’est reconnaître ses limites. Être athée rationnel est apprendre à poser des questions pour tenter de comprendre son monde. Pour cela, il est nécessaire de se créer sa propre éthique, sa propre morale. C'est s'éduquer soi-même pour mieux comprendre et appréhender le monde tel qu'il est. C'est apprendre l'altérité ainsi qu'à s'accepter.
L’athée a conscience que la religion n'est qu'un résultat. La peur, sans même parler de celle de la mort, est le substrat sur lequel se nourrissent les prêtres. Il se contreficherait bien des croyants, si ceux-ci lui rendaient la pareille. Mais, je l'ai déjà dit, la religion exclut, souvent de façon violente ceux qui n'y adhèrent pas. C'est un endoctrinement qui a des conséquences politiques, économiques sociales, éducationnelles, pour dire simplement humaines. Face à cette attitude délétère, l’athéisme conscient se doit d’avoir une haute moralité de l'athéisme. il a pour but d'inclure et d'éduquer.
Les religions servent d’exutoire et de ferment aux communautarismes. Le sentiment d’appartenance y est exacerbé. Le non-croyant ou le mal-croyant en est l’ennemi. Le dogme prévoit souvent un châtiment à son encontre. La spécificité des connaissances dogmatiques empêche la personne extérieure d’y accéder. La stratégie d’ostracisme cherche à isoler le croyant de tout doute en vers le dogme autant qu’envers les prêtres.
La croyance est limitative. Elle emprisonne l'esprit dans les bornes de ses convictions. Entre le réel et la mythologie qu'elle porte, le choix se porte toujours sur la faveur des prêtres. La persuasion de ceux-ci amènent le simple sectateur à remettre le réel en doute, plutôt que la parole du zélateur. Les contrecoups de ce comportement sont multiples et extrêmement concrets. Un exemple précis est l'attitude des religieux envers les femmes. Elles sont considérées comme des éternelles mineures. Les seules responsabilités qui lui sont reconnues sont toujours négatives. J'ai déjà parlé ailleurs de ceux qui ne font pas parti de la communauté.
La croyance est totalisante. Elle se mêle de tous les aspects de la vie quotidienne. Ce n’est pas dans le but de la simplifier, mais bien de contrôler. Tous les aspects de la vies, même les plus simples, peuvent être codifiés. Ce n’est plus une adaptation aux réalités de s’ils peuvent l’environnement de la société ou de l’individu. Le déni du réel au nom de la révélation du prêtre est un fondement de toute religion. Et cela créée des postures idéologiques dangereuses. Le système religieux est basé sur l'inclusion et l'exclusion. Certaines personnes sont exclues de manière plus ou moins violentes au nom de leur simple naissance.
Ces boucs émissaires, personnes ou comportements autorisés ou interdits, ces limitations emprisonnent le développement cognitif. Ils sont autant de limites à la pensée et biaisent l’appréhension et la compréhension du monde et des autres. Elles se basent sur des récits mythologiques, des contes et fables présentées comme seule façon d’envisager son désir de vie. Elles uniformisent les choix, ralentissent les possibilités d’évolution personnelle et collective.
Toute religion a un fondateur. Ses premiers suiveurs sont ses disciples. Ils peuvent modifier la parole du fondateur, mais seulement dans des limites qui dépendent de leur foi en ce créateur de mythes. Ils forment le premier cercle de la foi. Ils ont tous les droits. Plus l'individu s'éloigne du chef, plus les devoirs dominent.
Cette hiérarchie des droits et devoir forment une vision impropre des besoins du groupe. La prison psychologique devient sclérosante. Elle empêche de voir l'ascendant de l'idée sur les vraies problématiques de l'individu, ainsi que de la société qu'il compose. Le changement nécessaire est refusé. L'évolution est quasi impossible. Et si elle possible, elle entraîne des mouvements sociaux qui peuvent être dangereux.
Face à cette hiérarchie auto-désignée, que le pouvoir religieux tint à maintenir parce que son bien-être en dépend, l’athéisme doit s’affirmer. Ce n’est pas sans risque dans plus d’un pays même dans une époque où les sciences ont des explications basées sur l’observation. Il est une forme de résistance aux oppressions des hiérarchie, même si tous les athées n’ont pas eu cette vision de l’athéisme.
La chair de l'individu, du peuple, de l'animal humain y est déniée que pour imposer l'illusion, l'ignorance, l'impossibilité d'agir. L'agir au quotidien, le respect altruiste des différentes parties en présence peut créer cette présence d'une écoute. Sans cette écoute, le conflit est imminent. Sans ce partage, cette camaraderie, communication et coopération, le savoir ne peut se diffuser et l'ignorance reste le ferment de toute violence.
L'athéisme se veut totalement immanent. Il est le doute dans le corps de l'individu et de la société. Il cherche les questionnements, auxquels parfois il tente de répondre. Le réel est son point d'appui. Mais le réel est seulement changement, évolution et renouvellement. C'est un ancrage éternellement instable. Il faut donc être capable d'interpréter le ressenti. Il n'existe aucune grille de transcription parfaite. Mais il est toujours possible de mener un travail pour expliquer, tenter de comprendre le monde et de vivre en meilleure entente avec ses congénères.
L'athéisme doit éviter, dans la mesure du possible, de préjuger du réel. Malgré cela, l'athée est issu de la société humaine qui l'a vu formé. Il subit la pression des religions. La médiation humaine se forme au sein d'une société, d'une époque, d'une éducation, et de tous les autres éléments qui forment une possibilité, celle de mettre en perspective le dogme social, économique, politique. C'est un élément essentiel à toute pensée de l'incroyance, d'un sain scepticisme. Il est probablement nécessaire d'avoir des croyants pour avoir des mécréants.
Un athéisme bien compris pourrait créer une forme de sociabilité forte. C'est une réflexion sur les formes politiques. Il doit viser l'intégration pour former une société saine. La doctrine morale est une question nécessaire. Une éthique à la fois contraignante, dans une optique libertaire est un objectif complexe. C’est cette contradiction apparente qui doit former un scepticisme raisonnable, raisonné et rationnel. C'est donc pour cette raison, plus fondamentale qu'il faut un athéisme militant.
III Pour un athéisme militant : comment être athée
Être un athée moral, c’est penser qu’aucun des dieux que l’humanité a créé n’existent. C’est relever que les religions ont souvent justifié le pire pour imposer leurs croyances. C’est vouloir une amélioration de l’éducation et de la condition des humains en préservant un monde vivable pour ses habitants. C’est permettre de se réaliser dans ce qu’il y a de meilleur dans l’humanité comme individu et la société par le biais du partage et de la coopération.
C'est lutter contre les dérives religieuses. Les violences sont infligées au nom d’un texte tout puissant et la paix des mots devient la guerre dans les actes. Les religieux imposent des règles de brutalités institutionnalisées, que ce soit par la tradition ou par la loi. Cela génère des frustrations qui enchaînent les participants dans une spirale de dépendance de plus en plus grande. La fuite nécessaire de l'esprit face à un univers sur lequel la maîtrise de l'humain peut être considérée comme nulle et non avenue, il est compréhensible que parfois des réponses rassurantes pour le confort mental du spectateur du monde soit parfois nécessaire. Mais il faut faire face au réel. Profitons de ce souffle sur la chandelle qu'est une vie humaine en étant le plus conscient possible.
Comme questionnement au monde tel qu'il est, il y a la méthode scientifique. Elle se base sur l'expérience, l'accumulation des connaissances, la comparaison des expériences, l'observation des résultats de l'interaction qui ont existé dans le partage des savoirs humains. De l'autre côté, il y a les croyances. Les deux sont culturelles, les deux n'ont pas la même valeur. La croyance est issue de l'endoctrinement éducationnel. L'éducation est pourtant aussi nécessaire pour transmettre le savoir scientifique. Mais la différence reste la possibilité de remettre en question les savoirs scientifiques, ce qui est impossible dans un contexte religieux.
Le langage transporte ses propres représentations.Dans le cas tant scientifique que religieux, le vocabulaire peut paraître difficilement accessible.Les systèmes religieux tendent à accroître l’exclusivité sur ce langage. Les termes y sont abscons pour rester impénétrables. Les sciences tentent, avec plus ou moins de bonheur, l’aventure de la vulgarisation. Si la complexité est constitutive de ce vocabulaire, il est sensé représenter la réalité.
C’est une problématique sans cesse renouvelée. La parole peut être transformée, déniée ou inversée. Une interprétation inexacte ou partielle peut aboutir à une signification inverse de celle voulue. La subtilité d’un discours peut être annihilée par une simplification ou par troncature d’éléments indispensables. Et même le plus clair des messages peut être incompris.
La connaissance se doit aussi se trouver des dispositions collectives. Le scepticisme est une forme ancienne de pensée. Mais c'est dans sa forme moderne du rationalisme qu'elle a atteint sa maturité. Le rationalisme a cet avantage qu'il ne refuse aucune question. Il se voue à la recherche, et particulièrement scientifique. La science est la seule manière d'envisager les règles de la physique au sens large de façon saine. Elle doit toujours envisager la possibilité de voir ces acquis mis en cause par les nouvelles formes d'observation.
Les sciences sont une forme de problématique sans cesse renouvelée. Elle se pose et s'impose d'abord comme un retour sur elle-même. Parce que les sciences se doivent de se fonder comme scientifique. C'est ce qui s'appelle l’épistémologie. Cette pensée est profondément récursive, et permet de penser les sciences au-delà des sciences. Leur retour sur elles-même permet un approfondissement des fondements et des limites de la pratique de la pensée scientifique. La réflexion objective sur le phénomène humain de la science doit sans cesse évoluer. Elle doit tenir compte des connaissances acquises et user du doute raisonnable. Et pour cela, il faut sans cesse tenter de comprendre, appréhender et essayer de faire face au réel pour en donner une description qui soit basée sur les événements.
L'athéisme raisonnable se pose la question éducationnelle. La psychologie, l'éthologie, les phénomènes sociologiques et la prise en compte tous les éléments qui constituent le milieu écologique individuel et collectif sont constitutifs de toutes réponses pour envisager une pédagogie. Le savoir être, le savoir culturel, le savoir faire technique sont autant de formes dont il faut tenir compte pour avoir un large éventail pour former l'esprit humain à faire face au réel.. Mais la vraie problématique est d'acquérir suffisamment de ses réflexes pour pouvoir apprendre soi-même. La masse critique de savoirs et d'automatismes intellectuels et culturels reste un facteur important.
Le questionnement du monde se fait en mise en perspective, voir en cause, des connaissances scientifiques. La connaissance se construit. Elle est de fait un retour éternel sur elle-même, ce qui définit toute réflexion. Il est lié à son implication dans le monde, à son ressenti physique et mental.
C’est par une éducation sans à priori religieux qui permet la nécessaire remise cause des savoirs. C’est par une pédagogie à la critique et au scepticisme contrôle tant individuellement que collectivement qi évite la pensée unique. Prendre des décisions à partir des sciences peut être dangereux ; prendre des décisions sans les connaissances scientifique l’ait forcément. L’esprit sceptique et athée ne suffit pas à faire le bon. Mais les religions ont trop justifié le mal pour laisser perdurer cet état de fait sans combattre.
Les systèmes religieux sont basés sur notre crédulité, nos biais. C’est peut-être aussi un moyen antique de faire adhérer à une politique. La religion est un moyen d’échapper au monde réel. C’est en cela qu’elle est problématique : le réel des évènements rattrapent le mythe et ignorer les problèmes ne les résolvent pas.
En conclusion
Il est impossible de conclure. Le rêve est nécessaire à l'humain, et la croyance ne sera jamais probablement totalement détruite. Toute éducation est issue d'une représentation du monde. Et si celle-ci peut être issue d'éléments concrets, cela n'empêche pas ces représentations. Elles peuvent être faussées. C'est donc un combat sans fin. Pourtant, il est nécessaire d'accéder à une maturité de la réflexion, de ce retour éternel sur le réel. Mais surtout, il faut faire combattre la religion, qui de par sa nature est sectaire.
Lorsque une personne ou un groupe s’attribue le pouvoir de décider ce qui est vrai de ce qui est faux, alors il faut se lever et résister. D'où la nécessité d'un doute qui reste constructif. L'individu peut alors progresser, ce qui n'est pas le cas quand certains le limitent son horizon. Les religions sont trop limitantes dans leurs visions totalisantes dans un récit sclérose.
Le monde peut être racontée tel qu'il est même s'il faut un langage qui redéfinisse le réel pour le comprendre. Si la religion s'est basée sur une représentation faussé par les peurs et les ignorances. La curiosité, le questionnement, l'entretien des savoirs sont le seul moyen d’affronter les prêtres entretenant les illusions nécessaires à leur pouvoir.
L’aventure athée est jeune encore. Par sa structure issue du doute, elle est probablement à jamais un continent éclaté ; non seulement elle se veut un discours libre, mais elle refuse le discours sacré. Cela n’empêche pas de chercher a avoir un discours entendu et inspiré par ceux qui nous inspirent dans une démarche qui cherche une transmission reposée.
Si les athées ne cherchent pas à avoir des disciples, ils peuvent se considérer comme héritier d’une histoire commune avec les sciences, les philosophie et des personnalités de premiers plans -- et je l’ai dit -- quelques ordures de premiers plans. L’athéisme n’est pas suffisant en soi, il n’est qu’un chemin tortueux pour arriver à se libérer d’un système de pensée paralysant.
Le système moral athée doit rester en constante évolution. La prise de conscience du système religieux et de son immobilisme sociétale et cognitif doit permettre de penser, -- et quelques athées s’y sont aventurés-- un monde avec une éthique évolutive selon les prises de conscience de problématiques émergentes.
Quand à moi, j'en reste à une maxime de Pierre Desproges assez définitive, Veuillez croire, moi pas.
Références bibliographiques
5 Il est bon de rappeler qu'éthymologiquement, le mot hiérarchie signifie "pouvoir du sacré".
9 Michel Onfray/ Traité d'athéologie:Physique de la métaphysique. Paris, Grasset : 2005. p 29
11 Gaston Bachelard/ La psychanalyse du feu. Paris : Gallimard, 1949. Folio essais. P 27
Les tueuses de dieux (1)
Les tueuses de dieux.
$ 1 Fin de mission
-- Aux origines des tueuses de dieux.
Je suis une tueuse de dieux, au sens littéral du terme. J’ai un cadavre devant moi, et ce n’est pas très propre. Un assemblage de cyborgs, de créatures génétiquement modifiées et d’ordinateurs s’étale en face de moi. Et dans un sens limité cet assemblage illégal était un dieu. Il contrôlait littéralement un minuscule morceau de galaxie, suffisamment pour que les créatures sentientes unifiées, mes patrons, décident de réagir.
Je me demandais ce que les légistes trouveraient après notre passage. Notez que je dis légistes, mais ce n’étaient pas que des médecins, même si par principe ils y en avaient toujours. Ici, il y avait besoin plutôt de quelques généticiens et de bons mécaniciens. Les débris de cette créature nous apprendraient quelques éléments sur sa conception. Ce qui sera utile pour détruire le prochain.
Les scientifiques avaient classés les dieux selon leurs puissances relatives dans l’ordre croissant allant de 1 à 10. A notre connaissance, c’était la dernière créature de niveau 8 qui restait en activité. Aucune de ce niveau ne restait longtemps discrète. Trois dieux de niveau 10 restaient en activités. Et si nous connaissions les lois de la physique permettant cette aberration, elle restait un sujet d’étude nécessaire à la chasses aux dieux, ainsi qu’au projet d’exploration d’autres galaxies.
Depuis la découverte d’autres espèces sentientes, nommées extras1, le savoir avait changé de nature. L’évolution avait pris bien des formes pour accéder aux savoirs et au discernement des lois de l’univers. Ces rencontres entre ces espèces si différentes permis de nouvelles compréhensions du monde. Les créateurs de dieux avaient utilisé une loi de la physique qui fut co-découverte par des physiciens de toutes les espèces.
Avec la création d’un dieu par ses serviteurs, un mythe avait pris forme. Les croyant l’avait construit. Ils pouvaient dire que leur dieu était réel. Chaque religion usa de la rétro-ingénierie pour donner corps à leurs propres déités. Chaque culte avait son ou ses dieux a disposition. Le recrutement de croyants se démultiplia. Deux problèmes surgirent.
Le premier était dû à la nature réelle de ces dieux. Les pouvoirs qu’ils développaient se contredisaient. Les règles de la réalité semblaient vaciller, même si c’était explicable par les sciences et le rationalisme. Mais la vie était fortement perturbées. Les créatures sentientes étaient pour ces dieux des variables d’ajustement et de renforcement de leurs pouvoirs.
Le second problème, né de cette opposition de diverses créatures divines, furent les guerres de religion. Des entités étranges firent leur apparition, usant des lois de la physique pour devenir de nouveau types d’armes. Les fanatiques d’un dieu massacraient ceux des autres. Des génocides eurent lieu. Une fois encore, des croyants et ceux qui ne croyaient pas furent sacrifiés par milliards au nom de l’ambition des prêtres et des pseudo-dieux qu’ils servaient. Face à ces créations, la galaxie était menacée d’extinction totale.
La résistance vint d’un groupe athée. Il s’était constitué autour du plus grand agrégat d’universités « Scepticismes et Connaissances » dont la devise était « L’erreur permet l’apprentissage. Savoirs et doutes sont liés. ». Le concept humain ne recouvre pas toutes les traductions extras et vice-versa.
S’il reste des questions sur la physique, ce qui semblait être littéralement de la magie pouvait être contrôlé. Heureusement, la multiplicité des cerveaux de différentes espèces ait su travaillés, coopérant pour faire face à la menace de ces dieux devenus réels. La connaissance de cette loi permit de venir assez facilement des plus faibles.
Les débuts furent compliqués. Ces créatures sentientes scientifiques de formation n’avaient pas l’habitude de l’action. Mais quelques uns se coltinèrent en plus de leurs spécialités des cours de stratégies, de tactiques et de techniques de combats. Des militaires, des civils, biologistes, informaticiens, spaciologues2 et autres spécialités vinrent les rejoindre. Rapidement, une évidence s’imposa. Les femmes, les porteuses d’enfant de toutes les espèces étaient plus efficaces que les hommes. C’est peut-être lié au mépris que toutes les religions portent aux femmes.
Plusieurs décisions furent prises. Contrôle strict des religions et groupes sectaires, interdiction des techniques d’immortalité et limitation de la vie à 800 ans, éducation aux sciences, à l’épistémologie et à l’esprit critique obligatoire furent les plus importantes. Et surtout, les brigades de tueuses de dieux virent le jour. Les premières brigades de tueuses de dieux veillait à l’application des lois avec une application sans faille. Mais certains endroits étaient déjà sous l’influence de ces dieux créés.
Femmes d’action, de conviction et de décision, elles affluèrent nombreuses. Des dizaines de milliers de femmes de toutes les espèces sentientes, tenant à des droits toujours durement acquis, rejoignirent les rang des tueuses de dieux. Des homosexuels des deux sexes, des intersexués les rejoignirent. Face au retour d’un ordre dépassé, d’une menace sur leurs libertés, elles luttèrent en première ligne. Les résultats ne se firent d’ailleurs pas attendre.
Elles partirent aux combats. Plutôt qu’attaquer de grandes déités créées, elles s’attaquèrent d’abord à des petites créatures divines, celles des cultes les plus faibles. Les premiers affrontements se firent par le biais du sabotage. Des éléments structurels indispensables à leurs divinités physiques furent détruit avant d’attaquer les dieux ainsi affaiblis. Si les fanatiques reconstruisaient ce qui avaient été détruit, beaucoup des féminines étant sous la domination de ces créatures quasi divines détérioraient ce travail, empêchant la reconstruction des dieux.
Parfois, les dieux, dans leurs guerres de religion, s’entre-dévoraient. Une sorte de syncrétisme naissait, ou le gagnant héritait d’une partie des pouvoirs qui étaient avant dévolu au plus faible, mais il en perdait aussi. Les petits dieux furent soit détruits rapidement, soit avalés par leurs adversaires, soit tués par les brigades. Les résultats furent un recul spatial des planètes contrôlées par les dieux. Ces premières disparition furent autant de problèmes que d’espoirs. Plus ils se renforçaient, moins nous n’étions loin de vrais dieux. De mon point de vue, il ne restait qu’une chose, à faire, les tuer et enfin pouvoir effectivement dire que les dieux étaient morts.
Les prêtres recrutaient, endoctrinaient pour leurs divinités, conquéraient des territoires. Ils asservissaient les opposants. Ils servaient contre des rémunérations diverses leurs créatures divines. Et ils envoyaient combattre les croyants en première ligne des guerres religieuses. Et parfois, des alliances improbables entre dieux se formaient contre leurs tueuses.
Mais malgré ces alliances, malgré le nombre des croyants, les dieux étaient repoussés. Les territoires conquis retombaient dans le giron de l alliance des tueuses. Mieux, les planètes reconquises voyaient reculer le pouvoir des dieux. Les citoyens voyaient revenir l’éducation pour tous et surtout toutes. Les épidémies qui s’étaient développées sur ces planètes reculèrent. Les outils scientifiques furent remis au services des créatures sentientes.
Le retour à la normale ne se faisait pas sans mal. La peur qui permettait la domination religieuse perdurait souvent. Il fallait instaurer une confiance qui avait parfois disparue depuis longtemps. Mais peu à peu, l’inquiétude reculait. Les dieux et leurs serviteurs artificiels disparus, les religieux perdaient leur pouvoir et leurs avantages. La pauvreté reculait drastiquement et la générosité du gouvernement faisait qu’elle ne soit plus mortelle.
Il restait à s’occuper des fanatiques. L’objectif est de transformer ces criminels en citoyens modèles. Ce n’était pas comme sur la Terre des camps de rééducations, mais une méthode longue et fastidieuse pour réintroduire un doute par rapport aux croyances. La méthode était globale pour partie, individuelle pour l’autre, adaptée à chaque espèce. C’est rébarbatif, lent et énergivore. Mais nous ne pouvons pas utiliser les méthodes de nos adversaires, sinon nous deviendrons comme eux.
Je suis Anthitea Barton et je suis une tueuse de dieux. C’est l’ultime défi et j’aime le relever. Les dieux doivent être détruits pour ne jamais contrôlé le vivant. Sinon je ne serai plus qu’une réprouvée et une pourchassée. Surtout, tout ce que j’aime, la curiosité, l’esprit d’ironie et de moquerie et la libre parole disparaîtront.
Mon groupe a déjà vécu des horreurs, nous avons tué 18 dieux. Nous avons été choisis pour une mission qui fera reculer les superstitions et les absurdités mythologiques. Nous sommes entraînées et avons suffisamment appris pour pouvoir détruire un nouveau. Enfin, je le pense sincèrement. Aujourd’hui est un jour de victoire. Après le rapport de mission, nous fêterons ensemble et individuellement l’aboutissement de notre mission.
1Les humains étaient des extras pour les autres espèces.
2Spatiologues : spécialistes des voyages galactiques, entre astrophysiciens, physiciens et mécaniciens bricoleurs de génie de vaisseau spatiaux, maîtrisant les raccourcis spatio-temporels.
Vers une dérive sectaire sur Chevrière ?
Les dérives sectaires sont difficiles à appréhender.1 Ce qui les définit reste juridiquement toujours compliqué a démontrer. Mais certains éléments permettent peuvent permettre de les identifier. Ce sont soit les éléments irrationnels, soit les prétentions extraordinaires. Le mieux pour prévenir ce types de difficultés est la prévention et l’information.
Le doute ne suffit pas. La plupart des dérives sont documentées, mais les condamnations et les interdictions sont rares. Les principales dérives actuelles en expansion sont liés au mouvement dit « new age ». Le new age n’a pas une doctrine cohérente.2 Elle agglomère de multiples doctrines et pensées. Cette doctrine est suffisamment large pour agréger d’autres pratiques dont le yoga, le tai chi ou reiki et d’autre pratiques dites orientales. Le terme quantique y est souvent utilisé.
Si ces éléments ne suffisent pas en soi être problématiques, la liberté de conscience restant la règle commune, des problèmes peuvent apparaître. Ils ne sont que rarement caractérisables avant d’avoir des conséquences fâcheuses. La loi about Picard, définissant les dérives sectaires, se base sur les effets néfastes d’une pratique . La pratique d’une médecine sans reconnaissance en est une.
Le groupe « Em Amour », basé sur la commune de Chevrière (38160) et dont j ignore le statut légal, offre des prestations basées sur le yoga. Si le discours reste un mélange classique de new age et de yoga, une des pratique prônée m’a laissé à penser que des risques existaient. En effet, la présentation d’un des cours par le terme d’« auto guérison ». Ce terme est problématique. Il suggère qu’une personne malade n’a pas obligatoirement besoin d’un avis médical. Ce type de prétention peut amener à un retard ou une absence de prise en charge de problématique médicale.
J’espère sincèrement que le discours sur cette hypothétique « auto guérison » est accompagné d’un rappel à la nécessité d’une consultation médicale en cas de problème. Mais la prévention m’oblige à rappeler qu’entre une prise en charge par un médecin et celle d’une « auto guérison », c’est la première qui doit être envisagée comme la seule valide.
La prévention et l’information sur les dérives sectaires sont des éléments indispensables. Je garde l’hypothèse de la bonne foi de la personne qui propose ce type de prestation. Je ne peut qu’espérer que la personne fera la différence entre une pratique de loisir et des problématiques médicales qui peuvent se révéler graves. Je souhaite simplement que les personnes participants à ces activités soient éclairées sur les risques existant par rapport à ce type de pratiques.3
Le 27/10/2022
Fabien Micolod
2https://metadechoc.fr/podcast/chroniques-de-la-spiritualite-contemporaine/une-histoire-de-lesoterisme-new-age/
3Ressources pour les victimes de dérives sectaires
ou prendre contact avec moi pour les alentours de Saint Marcellin (38160) fabien_micolod@yahoo.fr
François Verove et le groupe facebook « les athées de France » : Quand Sade revient.
Il est difficile d’admettre d’avoir été victime d’éléments assimilables à une dérive sectaire. C’est encore plus difficile quand vous étudiez le fonctionnement des religions et des sectes. C’est arrivé sur le réseau social facebook. Les athées ont été influencés par le criminel François Verove1 2. L’affaire a fait du bruit dans les cercles athées, certains, dont moi, ont eu au moins des contacts virtuels avec lui. Il animait les débats sur sur le groupe facebook « Les athées de France » Ce groupe a compté jusqu’à 11 000 adhérents. J’y avais fait mes premier pas d’athée militant.
Le groupe a été supprimé, je regrette la disparition des archives pour pouvoir documenter, même si je comprends la réaction des administrateurs. Comme à chaque fois dans ce type d’affaire, c’est un délinquant relationnel qui utilise les opinions et les représentations pour manipuler les émotions. Les athées ont été aveugles de son utilisation d’un réseau social pour se camoufler. Dans le cas de ce multirécidiviste, ils ont été incapables de repérer sa duplicité. Elle allait loin.
Je n’aurai jamais dû entendre parler de cette affaire, n’étant pas passionné par les faits divers. J’avais rencontré virtuellement ce personnage malfaisant3. Face à un engagement politique personnel qui m’attache, les signaux d’alarme qui je me protégeais ne m’ont aucunement signalé un problème. J’avais en ce sens été victime d’une partie d’évènements qui pouvaient s’apparenter à une dérive sectaire. Je pensais avoir des connaissances pour l’éviter. A l’évidence, je me trompais.
Reconnaître l’emprise de cet homme s’ajoute à ses crimes. Il agissait au sein d’un collectif pour contrefaire ses agissements passés. J’ignore s’il était vraiment athée ou non, c’est un sujet sur lequel il est parfaitement sain de s’abstenir. Mais pour moi, c’est une dérive sadienne. Le marquis, Michel Onfray l’a parfaitement démontré, n’était pas divin. Sade était un violeur et probablement un meurtrier.4
Le criminel contemporain a utilisé les mêmes techniques que celles des gourous. Il sélectionnait les posts, en tant que principal administrateur du groupe pour justifier l’athéisme sadique. Certains peut-être documentait les actes qu’il avait commis, soit dont il avait été victime. Intelligemment, il mettait aussi des opinions pouvant le mettre être contradictoire au sadisme. Cette apparente ouverture permettait d’avoir un cercle proche, de préférence améliorant sa prestance sociale. La technique des cercles concentriques, destinée à protéger son secret, était construite pour montrer une façade de respectabilité.
Le choix de certains posts, comme ceux liés aux crimes de pédophilie commis au sein de l’église catholique, de violences commises sur adolescents ou encore les sectes étaient des éléments de cette façade. Il aurait fallu pouvoir sourcer les divers éléments d’information sur les violences qu’il a commis tant que celle qu’il aurait peut-être subi. Le personnage menait une double vie contradictoire.
La première, professionnelle, le peloton de gendarmerie puis la police, censément acteur du respect de la loi et de la justice, la seconde celle aux crimes violents et sans pitié, semblent incompatibles. Le personnage a probablement réfléchi aux représentations sociales qui le protégeraient. L’adhésion et la montée en grade dans les institutions, sa connaissance des méthodes d’investigations policières lui permettaient d’anticiper les recherches et la manière d’enquêter ont retardé son identification. C’est la stratégie d’une araignée patientant dans sa toile : Immobiliser les recherches en éviter les preuves les plus flagrantes, se tenir informé des avancées de l’enquête pour éviter de répondre de ses actes. Les actes sordides sont cachés par un masque social qui paraît honorable.
Il a fuit par le suicide. La dissonance cognitive entre le visage social qu’il donnait et la réalité des crimes qu’il a commis lui a été insupportable. Ceux qui l’avaient connu, dans ses diverses fonctions n’avaient rien vu ou voulu voir. Une partie était des professionnels dont une des missions était d’identifier le crime et les criminels.
Je n’avais pas imaginé que la situation de Sade put se reproduire en 2021. Le simple fait d’avoir connu virtuellement ce personnage m’a profondément mis en question. J’ai fait une phase de déni de moins de 24 heures. Quand j’ai entendu le nom de cet infâme, j’ai voulu croire que c’était un autre. Dans cela, je réagissais comme un croyant ayant perdu une partie de sa voie. La lucidité m’a permis d’admettre la concordance des lieux et des éléments que j’en déduisais ne pouvait être nié. J’ai proposé à l’administration du groupe facebook de faire un texte pour constater l’ampleur des dégâts. Puis quelques jours plus tard, j’ai tenté une première analyse.
L’athéisme sadien a toujours été une pensée que je combats au sein de l’athéisme. C’est celui qui permet de dire que « Si dieu n’existe pas, tout est permis ». Il existe heureusement des athées qui ont porté haut et fort l’athéisme. Certains vécurent une vie digne avec une haute opinion de l’humain qu’ils devraient être. D’autres ont célébré et vécu le crime. L’athéisme n’excuse pas ses crimes.
Comme toute idée, même basée sur les faits, l’athéisme et le scepticisme peuvent être manipulés par des individus voulant tromper. Comme tout discours, même la plus sincère des phrases peut être utilisé pour manipuler un groupe à ses propres fins. J’ai fait l’hypothèse d’un sociopathe tout en étant pas psychiatre. La plupart des athées veulent une ataraxie de l’esprit qui exige une éthique5. Mais même les athées ont leurs criminels et autres délinquants relationnels.
Ces faits acceptés, il ne me restait qu’un conclusion logique. J’avais marginalement subi une dérive sectaire que je n’ai pas démasquée. Mais je n’étais pas le seul. Son masque social était calculé. Gendarme du peloton de gendarmerie nationale, policier, syndicaliste alliance, adjoint au maire et militant athée n’étaient que des mascarades destinées à cacher sa dangerosité au monde. On peut se demander pourquoi la piste du peloton de gendarmerie et d’un policier dans n’ont ni repérée ni suivie dans ces enquêtes. Il a fallut le courage d’une juge, Nathalie Turkey, pour demander l’analyse de centaines d’anciens gendarmes pour que toute l’affaire soit résolue6.
Après une première prise de conscience, je fis une analyse plus pointue. L’individu avait utilisé des techniques d’emprise mentale sur un groupe d’athées. Je pense que la plupart des athées ont un minimum de connaissance sur les mécanismes de la croyance. La leçon est que chacun peut se faire manipuler alors qu’il connaît biais, techniques rhétoriques et autres connaissances. Je pense qu’une partie d’entre nous s’est lassée emporter.. Aveuglés par un prêcheur de vérité qui mettait la lampe dans nos yeux pour que nous, militants athées, nous nous étions comporté envers cet homme comme un gourou. Nous avions été victime au moins d’une partie d’une dérive sectaire. Dure pilule à avaler pour des personnes qui sont héritière d’une histoire intellectuel riche et féconde en grands penseurs.
Ceux qui ont discuté, voir collaboré avec lui peuvent le regretter. Mais ils ne sont pas responsables des actes de cet individu. Même si je comprends la réticence et la crainte de certains à en parler, j’aimerai bien que l’existence de l’administration de François Verove sur le groupe facebook disparu « les athées de France » soit référencé sur wikipédia. Ne pas oublié que même nous, sceptiques et athées, pouvions nous laisser entraîner par nos biais. C’est une manière d’essayer d’en tirer des enseignements.
Il y a une histoire critique à faire sur l’athéisme français. C’est l’héritage sadien. Il empoisonne l’athéisme. Ce n’est pas parce que certains penseurs sont athées qu’il faut oublié les crimes que quelques un ont justifiés, voir commis.
De tout ça, j’en confluerais que les n’existent pas, parce qu’il m’arrive de souligner des évidences. Ce n’est pas parce que ce type était un salaud que l’ensemble des athées l’est. Cette histoire démontre que quelque soit le degré de vigilance, l’erreur sur la personne peut être dévastatrice. Il reste possible de dépasser ça. La critique des religion n’empêche pas la critique de l’athéisme quand il dérive, sans complaisance ni flagellation. Il ne faut pas que nos actions militantes deviennent dogmatiques. La marge est faible entre un athéisme solaire de propositions, de combats justes et une idéologie de violence.
Analyse et témoignage honnête, j’espère.
Le 10/09/2022
Fabien Micolod
2https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/affaires-sensibles/affaires-sensibles-du-lundi-08-novembre-2021-5608383
3http://lerationaliste.canalblog.com/archives/2021/10/02/39160166.html
http://lerationaliste.canalblog.com/archives/2021/10/07/39167925.html
4Michel Onfray/ Contre-histoire de la philosophie (tome 4), Les Ultras des lumières. Albin Michel, 2007. Sade y a droit à un chapitre assez définitif.
5Je définis la différence entre la morale et l’éthique comme la première étant individuelle, la seconde comme collective. Cette définition est arbitraire, le choix de la différence entre les deux mots.
6« Une enquête pleine de trous sur le Grêlé »
Le canard enchaîné, 06/10/2021, page 4
:format(webp):upscale()/https%3A%2F%2Fassets.over-blog.com%2Ft%2Fcedistic%2Fcamera.png)