Vers une interdiction de la circoncision, un enjeu athée.
Les mutilations sexuelles des filles et des femmes ont été interdites en France. Assimilées à raison à la torture, elles ont d’abord été constatées comme provenant de certaines communautés émigrées. Un rapport parlementaire de novembre 2013 documente et évalue les origines et la prévalence de ces actes et des problèmes de douleurs et de santé engendrés. Ces pratiques ont été dénoncées entre autre parce qu’elles avaient des origines religieuses.1
Il est étrange que lors de ces discussions les députés n’at pas parlé de la circoncision. S’il existe des groupes de pression qui lutte pour l’interdiction de la circoncision hors des actes médicaux, leur combat est très peu médiatisé.2 La question mérite pourtant d’être posé. La circoncision peut être, dans de très rares cas avoir des raisons médicales. Mais dans ces cas-là, elle est effectuée dans le cadre hospitalier et sous anesthésie. Les deux occurrences religieuses pratiquant ces opérations en France, judaïsme et islam, ne se font que très rarement dans ces conditions.
Les conditions de la circoncision sont peu respectueuses ni de l’hygiène, ni de la souffrance de l’enfant. La taille du prépuce de l’enfant, la méconnaissance anatomique de l’appareil génital et l’outillage souvent inadaptés utilisés par les prêtres effectuant ces opérations entraînent des risques de mutilations plus ou moins graves. Les conséquences peuvent être graves.
Outre la perte des nerfs et du ressenti qui en découle dans tous les cas, la mutilation peut être importante. Canal urinaire abîmé et problème de miction, gland mutilé sont autant de problèmes qui sont constatées sur les enfants. Des douleurs peuvent persister durant l’acte sexuel. La coutume au vu de ses conséquences peut être assimilée à la torture, son aspect présenté comme sanitaire pour les religions et le fait expérimental l’amalgame à une pratique médicale. Au nom de religions, des opérations sont faites par des non-médecins. Il est donc cohérent d’assimiler cet usage religieux à un exercice illégal de la médecine.
Ces éléments sont autant de raisons pragmatiques de s’opposer à la circoncision. Reste à savoir pourquoi la loi n’est pas appliquée. La laïcité est censée séparer l’État de la religion et pourtant n’applique pas la protection de l’enfant et son intérêt supérieur au nom d’opérations faites au nom de croyances religieuses. Les pratiquants ne sont pas au-dessus des lois et sont soumis aux règles communes de la République.
Le fait que seul la mutilation des enfants masculins ne soit pas posée fait interrogation. La représentation sociale et politique qui permet le déni de ces délits restent à étudier. S’il existe un pendant électoraliste et sociétale, la représentation de l’enfant et le laisser-faire dans ces procédures restent largement à comprendre.
Le combat contre la circoncision, comme contre toutes mutilations sexuelles, restent un combat athée. Ces mutilations sont tolérées au nom de pratiques religieuses antiques et terrifiantes. La médiatisation des oppositions restent à faire pour prendre conscience collectivement des problèmes qu’entraînent ces mutilations. Chacun peut prendre sa part et faire connaître son opposition à ces techniques passéistes.
Le 21/02/2022
Fabien Micolod