Le petit rationaliste

14 mai 2022

Censure catholique sur France Inter ?

Un article du « Canard enchaîné » du 11 mai 2022 note la disparition du podcast du 18 février 2022 de l’émission « Affaires sensibles » de Fabrice Drouelle. Le sujet de l’émission semble en être l’origine. Et quel sujet ? La pédophilie et l’attitude du cardinal Barbarin face à ce scandale étaient abordées. Ainsi, une religion se mêle du contenu d’une émission pour la bâillonner. C’est aussi une censure.

Cette censure ne peut s’expliquer que de deux manières et elles sont aussi inquiétantes l’une que l’autre. La première est une volonté délibérée de la direction. La seconde, n’excluant pas la première, est la peur d’un déferlement de messages haineux de la communauté des intégristes catholiques. Pourtant, les faits sont connus et commencent à être reconnus par au moins une partie de l’institution ecclésiale.

Il est préoccupant de savoir qu’une radio de service public cède à un groupe religieux. Outre que c’est une lâcheté, la nécessité de faire connaître des faits graves basés sur des informations recoupées est fondamentale pour prévenir et informer. La censure d’une information concernant des faits aussi grave correspond à la continuation de la politique de l’église catholique. La dissimulation, le déni et le refus de toutes communications sur ces crimes ont été une politique continuelle depuis les premières dénonciations de ces faits criminels.

Il est nécessaire d’interpeler France Inter pour protester face à cette décision. La présentation et l’analyse et la connaissance de ces faits sont indispensables. La suppression de ce podcast est tout simplement scandaleuse. Je m’oppose cette censure qui couvre des crimes au nom de la pression politique et juridique qu’elle peut exercer. Je demande donc le rétablissement du podcast sur le site de France inter. L’information sur les affaires de pédophilie de l’église catholique et de l’attitude particulière de Mr Barbarin doit être connue. C est contraire la liberté d’expression et au respect de la loi de séparation des églises et de l’État. Cela revient à étouffer l’affaire. Cette censure doit cesser.

Le 14/05/2022

Fabien Micolod


24 mars 2022

Présentation de la chaîne youtube « Un irreductible athée »

Dans le renouvellement de l’athéisme contemporain, les chaînes francophones youtube parlant du sujet se sont multipliées. La chaîne « Un irréductible athée »1, dont la première vidéo a été postée le 5 mai 2020, est l’une des plus intéressantes et les plus créatives. Créée par Alexandre De Chavigny, elle a acquis auprès des athées militants une reconnaissance méritée. La chaîne s’est fait connaître pour peu à peu et à dépasser les 5000 abonnés.

J’ai posé quelques questions à l’auteur sur les raisons qui l’ont mené à se lancer dans un athéisme militant. Le déclic a eu lieu lors du discours du président de la République Emmanuel Macron affirmant au collège des bernardins2 sa volonté de renouer le lien rompu entre la France et l'église catholique. Cette rupture avec l’esprit laïque de la loi républicaine l’a poussé à se lancer dans un athéisme militant. L’occasion lui en a été donnée de passer de l’idée à la réalisation par le confinement dû à la pandémie du coronavirus.

Militant de la laïcité, il a été relayé par ce milieu qu’il a commencé à être diffusé et connu dans ce cercle. Il se situe dans la lignée de la critique de la religion de Christopher Hitchens3, Richard Dawkins4 et Sam Harris5. Bertrand Russell6 l’influence dans son travail. Les techniques qu’il utilise dans ses analyses issues de l’esprit critique lui a permis d’être repéré par la chaîne youtube de scepticisme et « la tronche en biais »7, dont le succès public et critique est reconnu.

Le créateur de la chaine développe différents types de contenus :

– « Sans foi, ni loi » est destiné à répondre aux principales critiques adressées par les religions aux athées. Attaché à montrer ceux-ci ont aussi souvent une façon positive de se définir, le but est de donner des réponses aux athées aux critiques et attaques les plus communément adressées à leur encontre.

– « Nom de dieu », quand les thuriféraires des religions interviennent dans le discours, c’est souvent pour le pire. Des réactions aux interventions des représentants religions, l’analyse des raisons et des effets de ces interventions dont le discours politique abonde parfois. Alexandre de Chavigny fournit une information laïque et athée sur les évènements les plus saillants qui ont retenu son attention. Il exerce son œil expérimentée à la revendication fondamentale pour défendre le respect de la raison athée.

– « Athées, risques et péril » présente des situations actuelles ou passées ou les athées sont brimés, chassés, condamnés à des peines plus ou moins lourdes en raison de leur opposition aux coutumes et les pouvoirs religieux. Des personnages historiques, les affaires les plus connues comme celle du chevalier de la Barre, des pays où l’athéisme est un crime, si les religieux accusent les athées d’absence de moral, les religieux n’hésitent pas à utiliser des méthodes sales pour réprimer les athées.

– « Les odieux dans le texte » lit les textes religieux. Les crimes, les contradictions et les erreurs sont soignées. Parce que si le texte vient d’un dieu présenté omniscient, il ne peut y avoir de contradictions, d’erreurs ou de contradictions avec les connaissances scientifiques. Le comportement de cet être divin devrait être au dessus de toutes passions humaines. Et les textes révèlent l’ignorance des dieux, leur jalousie et leur violence bien trop humaine.

– « Faut y croire pour le voir » se situe dans la même optique que la précédente liste. Les sophismes, les présentations des discours religieux sont démontés, les contradictions des textes et des affirmations des religieux sont soulignées, analysées et démontées.

– « Casuals » et « man at work » sont des présentations sur le travail en cours ou des présentations de futurs sujet à développer. Ce qui permet aussi de voir la somme de travail nécessaire pour chaque vidéo et le sérieux nécessaire à chaque vidéo.

Sur la forme, le contenu est mis en scène avec entrain et humour. Si l’ironie domine, le sujet reste traité avec rigueur. Les différents sujets analysés sont choisis pour leur pertinence et entreprend de souligner la dissonance cognitive ou l’emprise que les affirmations issus des affirmations qui en découlent. Le résultat est une analyse à la fois sérieuse et amusante des aberrations contenues dans les textes.

En conclusion, cette chaîne athée est à suivre et à soutenir dans sa production. La clarté de la ligne éditoriale et le travail en amont est énorme. Elle est accessible pour un très large public et peut être autant conseiller aux athées débutants qu’aux plus connaisseurs qui repéreront quelques classiques des athées militants. Une référence pour le sujet dans le monde francophone que je conseille sans modération.

24/03/2022

Fabien Micolod

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21 février 2022

Vers une interdiction de la circoncision, un enjeu athée.

Les mutilations sexuelles des filles et des femmes ont été interdites en France. Assimilées à raison à la torture, elles ont d’abord été constatées comme provenant de certaines communautés émigrées. Un rapport parlementaire de novembre 2013 documente et évalue les origines et la prévalence de ces actes et des problèmes de douleurs et de santé engendrés. Ces pratiques ont été dénoncées entre autre parce qu’elles avaient des origines religieuses.1

Il est étrange que lors de ces discussions les députés n’at pas parlé de la circoncision. S’il existe des groupes de pression qui lutte pour l’interdiction de la circoncision hors des actes médicaux, leur combat est très peu médiatisé.2 La question mérite pourtant d’être posé. La circoncision peut être, dans de très rares cas avoir des raisons médicales. Mais dans ces cas-là, elle est effectuée dans le cadre hospitalier et sous anesthésie. Les deux occurrences religieuses pratiquant ces opérations en France, judaïsme et islam, ne se font que très rarement dans ces conditions.

Les conditions de la circoncision sont peu respectueuses ni de l’hygiène, ni de la souffrance de l’enfant. La taille du prépuce de l’enfant, la méconnaissance anatomique de l’appareil génital et l’outillage souvent inadaptés utilisés par les prêtres effectuant ces opérations entraînent des risques de mutilations plus ou moins graves. Les conséquences peuvent être graves.

Outre la perte des nerfs et du ressenti qui en découle dans tous les cas, la mutilation peut être importante. Canal urinaire abîmé et problème de miction, gland mutilé sont autant de problèmes qui sont constatées sur les enfants. Des douleurs peuvent persister durant l’acte sexuel. La coutume au vu de ses conséquences peut être assimilée à la torture, son aspect présenté comme sanitaire pour les religions et le fait expérimental l’amalgame à une pratique médicale. Au nom de religions, des opérations sont faites par des non-médecins. Il est donc cohérent d’assimiler cet usage religieux à un exercice illégal de la médecine.

Ces éléments sont autant de raisons pragmatiques de s’opposer à la circoncision. Reste à savoir pourquoi la loi n’est pas appliquée. La laïcité est censée séparer l’État de la religion et pourtant n’applique pas la protection de l’enfant et son intérêt supérieur au nom d’opérations faites au nom de croyances religieuses. Les pratiquants ne sont pas au-dessus des lois et sont soumis aux règles communes de la République.

Le fait que seul la mutilation des enfants masculins ne soit pas posée fait interrogation. La représentation sociale et politique qui permet le déni de ces délits restent à étudier. S’il existe un pendant électoraliste et sociétale, la représentation de l’enfant et le laisser-faire dans ces procédures restent largement à comprendre.

Le combat contre la circoncision, comme contre toutes mutilations sexuelles, restent un combat athée. Ces mutilations sont tolérées au nom de pratiques religieuses antiques et terrifiantes. La médiatisation des oppositions restent à faire pour prendre conscience collectivement des problèmes qu’entraînent ces mutilations. Chacun peut prendre sa part et faire connaître son opposition à ces techniques passéistes.

Le 21/02/2022

Fabien Micolod

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28 janvier 2022

Sectes, fondement, fonctionnement et réponses juridiques.

Le phénomène sectaire prend de multiples formes. Il reste difficile à cerner et à délimiter. Il existe dans toutes les strates de la société. Il peut se limiter à un petit nombre de personnes ou au contraire être internationale. Toutes les époques ont vu des cultes plus ou moins étranges le jour. Les formes et le fonds peuvent être très différents. Il est donc difficile de repérer les éléments de similarité.

Les mouvements sectaires ont une histoire. Ils sont formés par une personne ou un petit groupe qui créent une mythologie. Cette mythologie peut se baser sur des représentations sociales ou simplement sur une histoire inventée pour répondre aux désirs de la personne ou du groupe. Leurs structures sont profondément hiérarchiques.

Deux cas peuvent se rencontrer. Le gourou peut être relativement sincère envers le dogme qu’il propage. Il peut avoir un double discours, croyance pour les disciples, calcul des effets et de l’emprise pour le gourou et souvent le premier cercle. La sincérité relative du meneur a probablement un effet, mais il faudrait une vraie étude de cas. Les témoignages sont difficiles à recueillir, sujet à des problématiques nombreuses dont celles de la minimisation des faits. Malgré tout, il existe des déclarations connues d’anciens croyants.1

Avoir une vision générale des processus sectaires reste une gageure. L’intégration des divers fondements idéologique se fait par palier, généralement. Le premier cercle est celui qui connaît le fondement réel de ce désir d’identification psychologique et sociologique. Plus on s’éloigne du premier cercle, plus le fonds de la doctrine est diluée. L’embrigadement se fait par un lent processus d’intégration de la doctrine. Chaque palier amène à un niveau supérieur de conviction et de connaissance du fonctionnement de la structure.

Tout d’abord, il s’agit de mettre le doute déraisonnable en une représentation rationnelle scientifique du monde dans l’esprit du candidat à l’entrée du groupe sectaire. De fait, le processus peut être plus ou moins long, mais l’entrée dans ce qu’aujourd’hui serait appelé une vérité alternative. Bien sûr, ce n’a rien à voir avec une vérité, mais à un processus d’enrôlement par un encadrement de la pensée.

La montée en puissance de l’embrigadement va avec des restrictions ou de révélations de plus en plus nombreuses, l’un n’excluant pas l’autre. La base de l’imprégnation sectaire se voit ajouter de nouvelles couches pour empêcher une réflexion critique. Chaque croyant est évalué et peut subir des ostracismes ou des punitions pour les écarts aux enseignements du gourou.

L’enrôlement se traduit soit par l’insertion des proches dans le processus sectaire, soit par la coupure avec cet entourage qui peut souligner les dissonances entre un objectif qui se présente souvent comme allant vers un plus grand épanouissement ou bien-être personnel et une réalité qui voit la dégradation de l’état de santé psychologique ou mental de la victime du système. Car de fait, le mouvement sectaire a divers moyens pour exploiter son adhérent.

Le vecteur financier se retrouve toujours d’une façon ou d’une autre. La suggestion financière peut prendre la forme de don ponctuel, légataire ou d’une dîme régulière. Le versant psychologique est particulièrement développé. Outre la partie récompense/punition classique à tout groupes religieux ou para religieux, le totalitarisme du premier cercle est porté à son paroxysme. On peut considérer que, dans plus d’un sens, le nazisme et le stalinisme était des systèmes sectaires, avec le culte d’une idéologie et de son chef suprême.

C’est ici que se fonde l’emprise mentale. Le système juridique ou para juridique du groupe, écrit ou par une tradition créée, se base sur une pensée circulaire. Il faut justifier la croyance par la croyance. La dérive d’un gourou cynique se base tout entière sur l’emprise calculée. L’alternance entre une terreur entretenue et de récompenses pour bonnes pratique, définies comme la soumission aux règles définies par le haut de la hiérarchie, enferme peu à peu l’adepte dans sa croyance.

C’est un processus d’endoctrinement qu’il est extrêmement difficile de cerner dans sa totalité. Il passe autant par ces éléments d’influence issus des contraintes de la croyance que de l’exercice rhétorique de la conviction. D’une manière ou d’une autre, les sectes cherchent à en savoir plus sur votre caractère. Les questions orientées sur votre personnalité et sur votre passif envers la question des croyances, une évaluation de vos réactions envers diverses mises en situations sont autant d’indice pour faciliter la manipulation de vos représentations mentales.

Tous ces éléments mènent à une suggestion de la personnalité aux groupe et particulièrement au premier cercle des hiérarques. Ce sont eux qui profitent des gratifications de toutes formes, reconnaissance, matériel et pécuniaires exploitent la volonté des sectateurs. C’est bien toute la problématique des problématiques liées aux sectes. C’est la notion d’emprise mentale, qui reste très difficile à documenter et à circonscrire.

La réponse juridique ne peut que s’appliquer que si des délits ou crimes sont caractérisés et qu’une plainte ou un constat soit fait. Face à un système ou le secret et l’appartenance sont centraux. De plus, la loi de séparation des églises et de l’État de 19052 garantit la liberté de conscience. La convention européenne des droits de l’homme3 limite les interventions dans le domaines religieux.

Le domaine législatif tente depuis plusieurs décennies de délimiter les risques liés aux sectes. Elle a aboutit à un droit visant les résultats négatifs d’un culte, par les termes de dérives sectaires. C’est non la croyance qui est combattu, mais ces effets délétères. C’est la mises en danger des personnes, que ce soit physiquement ou mentalement ou des délits commis au nom de la croyance. On peut noter que l’église de scientologie a réussi en 19964 et en 20015 à influencer l’assemblée nationale. En clair, ce n’est pas tant le système sectaire qui est combattu, mais les conséquences délictuelle ou criminelles. L’organisme charge de surveiller ces dérives est la MIVILUDES (MIssion Interministérielle de VIgilance et et de Lutte contre les DÉrives Sectaires)6, même si celle-ci a été a vu ses financements et sa structuration dégradés lors du dernier quinquennat.7

La dérive sectaire n’existe pas que dans les mouvements sectaire, mais aussi dans les religions instituées. Les mouvements radicaux existent dans tous les clergés. Le risque existe dans tout les types de structures, tant dans les structures les plus discrètes que les plus connues. Elles sont liées aux dogmes et aux hiérarchies. Le dogme peut être permissif ou contradictoire envers le droit positif du pays. La hiérarchie peut se considérer, comme représentant d’une vérité métaphysique, comme non liée au reste de la société et donc au dessus des règles communes.

Les dérives sectaires sont liées à ces manquements aux règles communes. L’emprise mentale est presque impossible à démontrée hors des délits auquel elle conduit. La mise sous tutelle intellectuelle et financière peut aller jusqu’à la ruine et à la mort. Le refus d’hospitalisation, d’actes médicaux ou la réalisation d’actes pseudo médicaux sont autant de risques pour la personne physique. Le comportement peut être altéré. L’entourage proche peut subir des conséquences graves et les femmes et les enfants peuvent être victimes d’abus graves.

Face à une multitudes de risques difficile à documenter, tant par la réticence des victimes à témoigner que par la difficulté à cerner le moment où commence les problématique d’emprise mentale, la seule méthode face à ces dérives mettant en danger la santé tant mentale que physique de la victime et de son entourage, reste une veille sur les phénomènes sectaires et les moyens de son influence sur les gouvernements8.

Quand un proche ou une connaissance semble tombé dans un système sectaire, l’action doit se situé si possible avant que les vrais problèmes surgissent. C’est rarement le cas. Face à une croyance irrationnelle, il ne faut pas rester seul. Les conseils de professionnels sont indispensable. Si la personne est proche, la seul méthode reste le questionnement sur sa nouvelle croyance et tenter d’en repairer les contradictions pour instiller le doute sur le contenu de la doctrine. Il ne s’agit pas de lui imposer des éléments de langage mais de lui faire douter de ceux du credo du mouvement sectaire.

Face à cette difficulté, la présence et l’écoute sont primordiales. Et c’est aussi dans ces conditions où la dissonance cognitive entre une réalité souvent humiliante et le ressenti de la victime qui se pense comme dans l’accomplissement personnel, le soutien de structures spécialisées sont nécessaires pour ne pas s’isoler à son tour et ne pas tomber dans le système, ce qui est un risque réel.9

Enfin, il ne faut pas oublier que tous, même des gens éduqués et intelligents peuvent être victime. Face à un incident, des réponses là où souvent il n’y en a pas peut apporter un réconfort. Il peut exister un besoin qui est satisfaisant pour l’esprit. La croyance peut répondre à une question qui se pose et qui recevable dans le cadre d’une représentation préalable. L’éducation facilite parfois des ouvertures sur l’irrationnel. L’adhésion a une croyance a souvent des raisons rationnelle relativement à un vécu ou un questionnement.

Reste que la option juridique est difficile. Seul les délits découlant d’une pratique sont condamne. L’emprise mentale est difficile a démontrer. L’’action de la force publique n’intervient que souvent trop tard. Les procédures prennent le temps qu’elles prennent et sauf danger précis et documenté, la catastrophe est souvent difficile a évité. Seul si la fortune ou la santé est menacée permet une action et si la dérive est constaté, il faut encore qu’une plainte soit déposé, ce qui est difficile face à des croyances dont l’irrationalité semble évidente à postériori.

Si vous connaissais une victime, ne restez pas seul et n’hésitez pas à contacter des spécialistes.10

28/01/2022

Fabien Micolod

1Pour quelques témoignages de déconversions sur diverses dérives : https://metadechoc.fr/approche/temoignage/

6Définition d’une dérive sectaire pour la MIVILUDES : Il s'agit d'un dévoiement de la liberté de pensée, d’opinion ou de religion qui porte atteinte à l'ordre public, aux lois ou aux règlements, aux droits fondamentaux, à la sécurité ou à l’intégrité des personnes. Elle se caractérise par la mise en œuvre, par un groupe organisé ou par un individu isolé, quelle que soit sa nature ou son activité, de pressions ou de techniques ayant pour but de créer, de maintenir ou d’exploiter chez une personne un état de sujétion psychologique ou physique, la privant d’une partie de son libre arbitre, avec des conséquences dommageables pour cette personne, son entourage ou pour la société.

10http://risquesectaire.info Association d'Information sur le Risque Sectaire

https://www.avref.fr Aide aux victimes des dérives de mouvements religieux en Europe et à leurs familles

https://actu-sectarisme.blogspot.com/ Cercle laïque pour la prévention contre le sectarisme

http://caffes.fr/ Centre d’accompagnement familial et de formation face à l’emprise sectaire

cnvotj.org/ Coordination Nationale des Victimes de l'Organisation des Témoins de Jéhovah

https://www.fecris.org/fr/ Fédération Européenne des Centres de Recherche et d’Information sur le Sectarisme

https://www.gemppi.org/ Groupe d’Etude des Mouvements de Pensée en Vue de la Protection de l’Individu

https://www.derives-sectes.gouv.fr/ Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaire

https://www.unadfi.org Union nationale des Associations de défense des Familles et de l’Individu victimes de secte

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17 décembre 2021

Sade et « la philosophie dans le boudoir » : un texte anti républicain ?

Pour une fois, et ce ne sera pas une habitude, je n’ai pas relu ce livre avant d’écrire. « La philosophie dans le boudoir » du marquis du Sade contient un texte « Français, encore un effort si vous voulez être républicains ». En complet désaccord avec la plupart des commentateurs, dont celle de Wikipédia1, je vais proposé une analyse de la pensée de cet auteur développée profondément différente dont je pense qu’elle est nécessaire.

Michel Onfray2 a mis des mots sur le malaise que j’ai ressenti quand j’ai lu Sade. Quand il décrit Sade en aristocrate jaloux de ses privilèges, comme une description des crimes commis en pensée et au moins en partie dans la réalité de son comportement, j’ai pensé qu’il avait raison. Et quand il affirme que la présence de ce texte républicain est plus dû à une nécessité, celle d’éviter une décapitation par guillotine, c’est une affirmation dont, pour moi, il faut tenir compte. Mais cette affirmation de la nécessité d’échapper à un sort funeste n’explique pas la présence de ce texte particulier dans ce livre particulier.

La philosophie dans le boudoir, c’est le passage entre un discours et une pratique. Et c’est outre une pseudo naturalisation des comportements que le marquis présentent. Et le reste de l’ouvrage dit la pratique par rapport à son discours républicain. Il justifie, tout au long du livre, un comportement par rapport à une affirmation textuelle. Et la discussion du salon, qui donne les raisons d’un comportement déviant qu’il justifie. Chez Sade, la description des crimes est une habitude. Mais que cherche-t-il donc à humilier et à tuer ici ?

C’est aussi, en plus de sauver sa peau, de montrer l’attitude qu’il veut que le lecteur envers le texte qu’il écrit pour la circonstance. En effet, la discussion pseudo philosophique est celle d’aristocrates discutant avec des prêtres ou d’autres puissants. Les gouvernants du lieu de l’action abusent d’une presque enfant. La description des sévices qu’elle subit reste une série d’horreur qui m’a amené à ne pas relire ce texte. Car au nom d’une domination sur les humbles, tout au long de ce livre, il détruit la partie républicaine qu’il a écrite.

Cacher les crimes, tenir un double discours, manipuler les auditeurs et les mener à ne pas respecter une affirmation faite dans une annonce, tel est le but. Et c’est toute la contradiction entre l’affirmation d’un républicanisme dans une minuscule partie et le reste du texte qui affirme l’inégalité existentielle entre les puissants et les humbles. Si la partie du texte pro révolution affirme l’égalité, le reste du texte, dont l’introduction vante dès le début le sort qui lui est réservé, développe une philosophie profondément réactionnaire contre ce mouvement populaire.

Sade affirme qu’au nom de l’inexistence de dieu, dans ce texte et dans toute son œuvre, tout peut se justifier, mentir, cacher et commettre toute sorte d’actes violents, quitte à user de la pression politique, financière ou religieuse pour dissimuler l’inacceptable, le crime et particulièrement le crime sexuel. Car dans l’œuvre, les vrais héros sont non la victime des multiples sévices commis au nom de « l’éducation sexuelle » de l’adolescente, mais ceux qui viole non seulement la jeune femme, mais la tue à de multiples reprises, les résurrections et soin miraculeux servant à laisser croire, dans le sens religieux, que c’est bon pour elle. Et à chaque torture, chaque humiliation décrite pour cette jeune femme, c’est un démenti du texte républicain.

Ce texte est un texte réactionnaire. Sous le prétexte d’affirmer un idéal égalitariste, il justifie son désir de mort de la révolution et de son idéal républicain. S’il fallait tirer une devise du livre, ce serait « Domination, inégalité, assujettissement». Le terme sadique ne s’est pas lier pour rien à une pratique basée sur la douleur et la soumission. Cette pratique pour Sade doit être aussi celle de la société et il veut être du coté des dominants, quitte à affirmer l’opposé.

Sade est l’athée à jeter. Son objectif est celui de l’asservissement des autres à son désir, sans compte de l’assentiment de celui qui le subit. Pour lui, puisque dieu n’existe pas, tout lui est permis. Il fonde une pensée profondément autoritaire, inégalitaire et morbide. Et « la philosophie dans le boudoir », au nom d’une nature qui justifierai la domination de quelques-uns au nom d’une auto-désignation, reste profondément anti-démocratique.

Si les athées ne sont pas forcement immoraux, Sade démontre qu’un athéisme sans conséquence peut tout autant que les religions justifier le crime. Comme athée militant, je combats cette philosophie. S’il peut être possible de construire une morale vitaliste, amoureuse de la vie et des plaisirs, elle doit se faire contre Sade autant que contre les religions.

17/12/2021

Fabien Micolod

2 Michel Onfray/ Les ultras des lumières, contre histoire de la philosophie T4. Grasset, 2007. Chapitre le libertinage féodales. ISBN 978-2-253-08445-7 (édition poche)

Pour précision, j’ai relu le chapitre après avoir écrit ce texte et comme pour le reste ai travaillé de mémoire.

Citations

P 284 Les prélèvements du philosophe. Sade philosophe ? On l’a dit. Mais souvent en se contentant de voir en lui un lecteur intéresse des matérialistes et des auteur l’état de nature ou le relativisme des athées français. Sade comporte avec le monde , les autres, les gens : en animal de proie qui décharne selon ses besoins, pour son bon plaisir, selon son bon vouloir. Le féodal prélève sa dîme sur les auteurs matérialistes de l’époque – à quoi il ajoute des considérations sur le relativisme des lois qui témoignent d’une lecture attentive de Rousseau et de l’auteur de l’Esprit des lois.

PP 298/299 Le château de Silling n’est pas le produit n’est pas un produit aléatoire et nécessaire de la nature mauvaise et méchante, cruelle et criminelles, mais la création volontariste et culturelle d’un cerveau hanté par la pulsion de mort. Tout fascisme procède d’une crainte de l’impuissance – donc une impuissance réelle… – conjurée par la puissance surjouée. Si d’aventure il existait un sous-homme, nul doute qu’il définirait le fasciste.


08 décembre 2021

Contre les opérations sur les intersexués, une mutilation sexuelle parmi d’autres.

L’évolution et la biologie sont deux choses compliquées. Les mécanismes d’expression des génomes restent encore à l’état de recherche et si des avancées ont été faites, aucune explication encore de compréhension à ce sujet. Et quand il s’agit de la biologie humaine, les discours qui sont invoqués proviennent plus souvent de mécanismes culturels que d’observations scientifiques. Pourtant, l’apparition, la disparition des espèces et tout le mécanisme d’évolution ne peuvent se comprendre que par la dérive génétique et la transmission d’erreur et hypothétiquement par des rétroactions épigénétiques.

Les intersexués ou hermaphrodites existent dans l’espèce humaine. Le sujet reste peu étudié scientifiquement et les études en français sont quasi inexistante. Les statistiques sur le nombre de naissances sont rares. Le chiffre concernant qui semble faire consensus est de 1,7 % des naissances. A ma connaissances, les tables anatomiques n’existent pas et en tout cas les manuels scolaires n’en font mention que pour les niveaux d’études les plus élevés. Il existe des phénotypes divers dans les chromosomes sexuels plus variés que simplement XX et XY. Si je n’en oublie aucun, il existe XXX, XXXX, XXY er XXXY. La question reste des effets concrets sur la manifestation de l’expression des gènes sur les organes génitaux restent peu étudiés à ma connaissance.

Je pose l’hypothèse qui reste encore en réflexion que les récits mythologiques de création sont pour les systèmes religieux, voir politiques, une définition de ce qui est humain. Le phénomène d’intersexuation est connu depuis l’antiquité, avec la présence du personnage Hermaphrodite dans la mythologie. Dans les récits bibliques, seuls l’homme et la femme sont intégrés et la réalité des naissances aux appareils génitaux atypiques y est donc déniée. Cela rend difficile la collecte des faits et de leur interprétation, car pour les religieux partageant cette histoire le sujet a aussi des conséquences théologiques centrales Car si l’histoire et la description du monde sont inexactes, leurs dieux ne sont pas aussi omniscients que les tenant de ces divers cultes le prétendent.

Face à ces difficultés à trouver des documents pour argumenter, un certain nombre de certitudes existent. Les naissances à appareils génitaux concernent un pourcentage non négligeable. Comme les chiffres pourraient être sujet à discussion, je préfère rester flou, même si je donne une source qui est effectivement intéressée au premier chef et donc critiquable.

La mutilation peut se définir comme l’acte de modifier par divers moyens mécaniques la conformation native d’un être vivant. Dans le cas des intersexués naturels, le système social moderne a choisi de confier l’assimilation à un sexe présenté comme norme absolue. Alors que l’intégrité physique des enfants comme centrale, les opérations présentées comme de normalisation sont plus idéologiques que médicales. La culture y a une plus grande part que celle de la médecine. Hors de certains problèmes urinaires qui peuvent être liés à ce qui est considéré comme des difformités, ces interventions médicales sont donc issue d’une idéologie que d’une nécessité.

Reste que quelque soit les raisons, les chiffres et les termes utilisés, ces cas existent. Le refus d’en parler tient du déni. Et rappeler que ces opérations sont faites sans les avis des principaux intéressés, les enfant et souvent aussi des parents. Théoriquement, la loi est censé les protéger. Mais la contradiction entre l’obligation d’attribuer un sexe et la réalité des constatations entraînent une dissonance cognitive majeure avant même toutes considérations socio-culturelles.

Ainsi, des centaines de bébés subissent des opérations lourdes sur une partie du corps particulièrement sensible. Les choix se font sans vraies vérifications des caryotypes génétiques. Et même s’ils étaient vérifiés, serait-ce une raison pour imposer de telles opérations à des bébés ? Ma réponse reste que toute opération sur un nouveau né, si elle n’est pas imposée par un stricte risque médical est inique et immorale.

Ces opérations devraient être interdites. De fait, un certain nombre de textes et décisions juridiques vont dans ce sens, basés sur l’interdiction des mutilations. Reste à comprendre quels sont les mécanismes intellectuels et sociaux qui aboutissent à la non application de la loi. Comme rationaliste et athée, le manque de fondement autre que religieux discrédite cette pratique mutilante qui peut s’assimiler au mutilations rituelles des religions, circoncision et excision, qui feront l’objet d’un texte à part.

Avant de finir, je tiens à préciser que ce sujet étant l’objet de discours idéologiques, je regrette que les éléments scientifiques et médicaux soient si peu accessibles. J’ai essayé de prendre le maximum de précautions rhétoriques dans ce texte, dont, si je sais que la prise de position sera à minima discutée, je pense qu’il est nécessaire de parler avec le plus d’argumentation avant de tomber dans la caricature.

En espérant qu’au moins cela amènera les lecteurs à une réflexion. Et pour paraphraser Boris Cyrulnik, je pense que vous aviez les idées claires avant de lire ce texte. J’espère que maintenant elles sont confuses, parce qu’il faut douter, croyez moi.

08/12/2021

Fabien Micolod.

Source : Comme je l’ai dit dans le texte, j’aurai préféré une source non militante. Étant à peu près la seule source francophone sérieuse, je fais avec ce qui existe.

https://cia-oiifrance.org/bibliotheque-de-ressources/

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22 novembre 2021

En attendant Mila (la vidéo).

Deux textes écrits en soutien.

En attendant Mila 1

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Une force, une ténacité et une maturité qui force l’admiration.

Les faits :

Discussion sur les réseaux sociaux.

Affirme son droit à aimer les femmes.

Réponse : arguments religieux, insultes, menace.

La réponse politique : médiocrité à presque tous les étages.

Se fait humilier par Hanouna.

Droite et gauche, plus à enfoncer Mila qu’aider.

Instrumentalisation et détournement de ses propos sur des réseaux sociaux sans qu’elle n’y soit pour rien par diverses forces politiques.

Dans les partis dit traditionnel, Mme Ségolène Royal (qui n’a changé de position), Mme Nicole Belloubet (qui a changé de position sous pression de la hiérarchie).

Paraphrase : « Elle l’a bien cherché en attaquant les religions. ».

Loi de la liberté de la presse 1881 ; permet le blasphème, interdit la menace.

Du coté des agresseurs contre la victime

La reponse de l’État : des défaillances.

Chassée de son collège alors que victime.

Abandonnée par l’armée /

Paraphrase : « Les militaires n’ont pas à risquer leurs vies pour protéger des civils. »

N’est-ce pas le rôle premier de l’institution ?

La justice, seule garante de l’ordre public :

Le soutien de ses parents et le rôle de son avocat Richard Malka.

Des condamnations en première instance.

La dernière question : une Mila pouvant aller librement.

Un combat athée et républicain.

J’en confluerais bien que les dieux (noms d’une minuscule partie des milliers de dieux qui existent ou ont existé) sont de la merde, mais….

 

Pour les propos exacts de Mme Beloubet et Royal https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Mila :paragraphe Aspects politiques

Pour les propos exacts du responsable militaire https://www.lci.fr/justice-faits-divers/la-jeune-mila-exclue-de-son-ecole-militaire-l-institution-dement-2172561.html

le 15/11/2021

Fabien Micolod

09 novembre 2021

Canevas de la vidéo : L’église face aux crimes pédophiles.

 

Voir les vidéos « Un Irréductible Athée. »

 

-Le primat déconne.

 

-Confessions, BSAS.

 

Un crime mondial : Maltraitances des enfants, viols en série.

 

La sexualité selon la religion : La haine de soi.

 

Un système pour camoufler : la responsabilité de la papautés et des papes successifs.

 

Mr Barbarin, évêque de Lyon et primat des Gaules pour l’église catholique : 

 

« Heureusement, la majorité des crimes sont prescrits. »

 

Hypothèse : ceux qu’il connaît.

 

La majorité, pas la totalité. La justice a-t-elle posé la question ?

 

Article Canard enchaîné 13/10/2021 « Rapport Sauvé : « Les astuces des évêques pour garder les Saintes espèces. » encart « Ultimes cachotteries ».

 

Une association traditionaliste et un diocèse refuse l’accès à leur archives.

 

Le Canard et moi posons la question : Y aurait-il quelque chose à cacher ?

 

Pénitence des évêques français. Pas de dénonciation des prêtres et prélats qui ont commis et couverts les crimes.

 

Le 09/11/2021

Fabien Micolod

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22 octobre 2021

Rêverie athée

Les dieux n’existent pas.

Parfois j’aimerais avoir cette consolation,

Mais j’en connais le prix.

Celui d’être prisonnier

De ces hommes qui portent ces dieux.

Si la rêverie,

Instant fugitif de beauté,

La mélancolie,

souvenirs et blessures,

Le désir,

Caresses et instants partagés,

N’empêche

le fracas du monde,

Se réfugier

Derrière

Ces mythes qui justifient nos actes.

Folie !

Ordinaire qui je sais

Parfois

M’atteint, absurdité du monde.

L’univers,

Dans son déchaînement d’énergie,

Fournit

Des spectacles majestueux.

Splendeur.

Aucun des dieux humains

Absence

N’a imagine spectacle si

Grandiose

Ni si subtile pour

Expliquer

Ce si fantastique univers.

C’est.

Le monde tel qu’il paraît

Suffit.

Et si les contes ont

Un sens,

Il est utile de se rappeler

Que ce sont

Des histoires pour faire

Oublier

La violence du monde.

Aucun refuge ne peut la cacher.

Résister

À son simple instinct et à l’instant.

Apprendre.

Transmettre et lutter dans un monde

Absurde

Simplement pour exister

Être vivant.

Le 22/10/2021

Fabien Micolod

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07 octobre 2021

Le mouvement athée sur les réseaux sociaux après l’affaire François Verove.

J’ai été victime, avec des centaines d’autres personnes, de la plus étrange des escroqueries intellectuelles. Ainsi, le premier groupe francophone d’athées militants était animé par un mythomane criminel. Ce qui choque les athées, c’est d’abord l’ampleur des crimes, mais aussi, de manière moindre, le fait de n’avoir rien vu. Pour ceux qu’il avait rencontré par l’intermédiaire du  groupe facebook, que ce soit virtuellement ou réellement, il a joué un rôle dans leur militance.  Ils sont atterrés. Ils sont frustrés, moi aussi, de n’avoir rien vu.
    Nous passons notre temps, nous autres athées, à dénoncer les ravages de la confiance données au nom d’idéologies morbides. Nous cherchons à révéler les systèmes qui emprisonnent les croyants en leur cachant la réalité de leur misère. Nous essayons de repérer les mystifications pour  montrer leurs mensonges. Nous connaissons les mécanismes d’embrigadement. Nous essayons de montrer comment l’aveuglement des croyances amènent à la destruction. Et nous avons été victime du même tour de prestidigitation que les crédules d’un culte passéiste et rétrograde.
    De fait, c’est l’horreur qui domine. Les principales victimes n’auront pas droit à la justice. Je l’ai déjà dit, la vérité judiciaire ne guérit pas les victimes. Elle peut ignorer les faits et commettre des erreurs. Ici, elle a fait son travail et des faits de meurtres et de viols ont été recoupés. Remercions la juge d’instruction qui a délivré l’ordonnance de comparaison des ADN avec les suspects1. La lettre finale de ce criminel ne contient pas le récapitulatif de ses victimes. Il reste un travail pour savoir si toutes les victimes ont été identifiées.
    Des professionnels, ses collègues gendarmes, qui sont confrontés aux crimes toutes leurs carrières, n’ont pas réalisé l’ampleur de ses secrets. Des sceptiques n’ont pas identifié les failles du personnage. Des élus, des  militants associatifs et sa famille avaient été bercés par le mensonge. Des athées ont été victimes d’éléments identifiables à une dérive sectaire. Ce qui devrait apprendre un peu d’humilité à la plupart de ceux qui ont réellement pris conscience de ces faits.
    Il n’y a pas à se flageller inutilement, mais je souhaite que malgré tout nous n’effacions pas cette expérience. Même si je doute  qu’il y ait quelque chose à apprendre de cet évènement, hors que chacun peut se faire manipuler par un mythomane lorsque cette personne s’attaque à une opinion ancrée fermement comme à développer. Les actes de ce personnage ne sont pas les nôtres. Que nous n’ayons pas su identifié collectivement ce personnage nous rappelle seulement que nous sommes faillibles et que nous ne détenons pas la vérité.
    Dépasser cet évènement prendra probablement du temps. Il  faudra ressortir nous-mêmes le sujet, histoire de ne pas pratiquer le déni qui existe dans les fonctionnements religieux. Il faudra poser un acte de résilience pour absorber cette révélation. Nous continuerons à dénoncer ces types d’actes d’où qu’ils viennent. Ces comportements n’étaient pas de notre fait et comme de nombreuses personnes, nous sommes sidérés, entre autre d’avoir été victime d’un manipulateur. Il ne nous faudra pas l’oublier.
    La reconstruction du mouvement athée et la communication nécessite une confiance qu’il sera difficile de rétablir. La pensée athée reste porteuse de l’esprit des lumières, d’éducation, de raison et de tentative de décrire le monde tel qu’il est. La communauté des athées porte haut le savoir et sa diffusion. L’athéisme garde toute sa pertinence intellectuelle et philosophique, même si, nous l’avons constaté lors de cette affaire, il n’est pas exempté de failles. C’est un évènement qui  concerne la communauté, elle tente d’y faire face. Mais les athées militeront toujours pour le recul de la superstition.
    Je remercie les amis et contacts qui m’ont encouragé à faire la part des choses. Pour paraphraser les stoïciens : « ce qui dépend de nous, ce qui ne dépend pas de nous ».
05/10/2021
Fabien Micolod
1 Voir l’article ‘Une enquête pleine de trous sur ‘le Grêlé »
Le canard enchaîné, 06/10/2021, page 4

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