Le petit rationaliste

24 mars 2020

En attendant Mila

Je ne connais pas Mila, je ne l’ai jamais rencontré, et il est peu probable que je la croise. Pourtant, toute l’affaire dont elle a été le centre, son traitement politique et médiatique laisse rêveur sur l’état de la République laïque. J’ai toujours pensé que la laïcité avait des défauts, des limites et des dérogations et cela dès 1905. Mais cette loi, comme toutes celles des troisième et quatrième République, elle était issue d’un compromis parlementaire et probablement sociétal. Et ce consensus affirme la liberté tant de pratiquer et d’affirmer la pratique religieuse que la liberté de critiquer et moquer la religion.

Mais voilà, depuis le début de cette affaire, les éléments s’accumulent pour bouleverser cette laïcité. Tout d’abord, les faits, une jeune lycéenne affirme son mépris des religions et de l’islam en particulier sur le réseau instagram. Jusque là, il n’y a rien d’illégal. Mais rapidement, cette jeune femme reçoit menaces diverses et variées, avec violences à la clef. Même sur un réseau social, elle est en droit d’attendre que les personnes qui le fréquentent et fréquente son compte respectent les lois françaises. Et c’est à partir de ce moment-là que tout est parti dans du grand n’importe quoi. Les politiques, dont certains en poste, se sont permis de juger. Outre qu’ils ont jugeé la liberté d’expression de cette jeune personne, ils ont pris partis contre elle, qui je le répète était dans la légalité, et pour ceux qui incitaient à la haine et était donc des délinquants. Mieux, un procureur l’a interrogée elle, pour haine raciale. La religion n’est pas une race. Le blasphème est une tradition au moins depuis Henri 4 et son fameux jarnidieu. En clair la victime était coupable, et les coupable innocents.

Le pire est que cette lycéenne a dû changer d’établissement et de fuir. Les responsables des menaces, à ma connaissance, n’ont pas été identifiés. Cette attitude dit beaucoup de l’état de décrépitude de la cinquième République. Choisir d’attaquer la victime plutôt que les délinquants,, c’est une déliquescente de l’État de droit. Je n’ai pas changé d’avis sur les causes de cette état de fait. Mais chaque soutien à cette jeune femme est nécessaire, et si ce texte ne pourra lui rendre sa vie d’avant, il dénoncera au moins le niveau de protection que peuvent attendre les athées face à des menaces provenant des religions et de leurs tartuffes . Ce qui en tant qu’athée me laisse rêveur quant à mon intégrité physique quant à continuer mon militantisme athée. Mais il est des combats nécessaires, et celui-ci le reste pour moi .

23/03/2020

Fabien Micolod

 

23/03/2020

Fabien Micolod

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31 mai 2019

Magmatique : un avertissement aux lecteurs.

Ce que j'écris m'est toujours difficile. Les mots sont des créatures fuyantes, incertaines et parfois contradictoires pour moi. Je souhaite la clarté, mais aussi la complexité. Je souhaite l'accessibilité, mais aussi la précision. Je souhaite le fondement réel, mais sa traduction par le système même de communication humaine aboutit à ce que la description du monde passe par des mots. Et ceux-ci m'échappent. Ma méthode de travail provient de multiples lectures, mes réflexions tentent toujours d'être fondées sur des penseurs reconnus. Et j'essaie, à ma modeste mesure, de penser avec et parfois contre ceux qui m'influencent. Mes écrits sur la pensée athée tente de s'inscrire dans une pensée raisonnable et raisonnée, et j'espère parfois au moins frôlé cet objectif. A part s'ils sont personnels ou qu'ils visent à dénoncer un état de fait sociétale, ceux-ci seront à un moment annotés par les lectures nécessaires. Et encore essaierai-je de citer au moins d'à partir de qui je pense. Mais ici, ce texte n' aura pas de citation, puisqu'il tente d'expliquer les faiblesses qui parsèment mes textes à mes lecteurs ainsi que pour moi-même.

Les textes athées se construisent en général avec un titre en premier. Soit un premier jet rapide, soit une première définition des différentes parties sont écrites. De, fait, je peux parfois regarder des ouvrages issu de ma bibliothèque, mais je me fie d'abord à la mémoire que j'en ai de leur lecture. Cela me permet d'avoir une reconstruction personnelle de l'idée transmise, mais aussi de tenir compte de positions plus ou moins différentes et d'en faire une pensée qui correspondent à mon point de vue. Les textes connaissent des développements rarement linéairement. Le fait est que certains éléments me frappent parfois sur un segment se trouvant parfois ailleurs dans le progression argumentative. Ainsi, il se trouve dans une argumentation un fragment de texte qui devrait être ailleurs. De fait, généralement, cette partie est déplacée. Mais cela aboutit à des modifications nécessaires dans le formulation. Et mon attention ne se porte pas assez sur les formes grammaticales qui sont parfois fortement modifiées. De plus, mes doigts ont souvent du mal à suivre ma pensée, et certaines phrases sont mal finies. Je vais donc faire plus d'effort dans mes relectures, mais tout oubli ou inattention peut m'être signalé, ce dont je vous remercierai toujours.

Il m'arrive, pour des raisons personnelle et par besoin de signer un fin relative, de publier un texte qui subira encore des modifications. Les annotations nécessaires sont le dernier acte. Et parfois, je ne sais en toute sincérité d’où proviennent certaines intuitions.Tout d'abord, j'essaie de faire évoluer ma pensée en fonction de nouvelles lectures, écoutes ou discussions. Je me permettrai de parfois amender ou ajouter de la matière sans, je l'espère, changer le fondement de la logique interne du texte. Il me faut aussi recopier les livres que j'utilise, et cela prend du temps. D'une, il me faut identifier les textes qui m'ont été utiles. Deux, ces textes vont généralement contenir d'autres renseignements nécessaire à d'autres éléments de ma pensée,et je vais les consigner dans mes notes pour plus tard. De plus, le fait de partager le texte, même inabouti, me permet de compléter les manquement et de trouver ou retrouver des outils bibliographiques ou web-graphiques nécessaires.

Comme vous pouvez le constater, ma manière d'envisager et d'écrire mes textes est magmatique .C'est un cumul qui contient ordre, désordre et organisation, et les amateurs d'épistémologie repéreront d’où me vient cette formulation. C'est un processus long, concomitamment logique et illogique, émotionnel et rationalisé par à coup. Ces différentes couches sont ensuite polies, tout en désirant les aspérités nécessaires à mon esprit et à mon propos. Les contradictions sont inévitables dans ce dispositif, et pour moi génésique d'un débat que je veux constructif. Je finirai par un clin d’œil

Quand, à ces féroces soldats, il ne font rien qu'à mugir dans nos campagnes.

Fabien Micolod

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29 mai 2019

Pourquoi faut-il ramener les enfants de djihadiste en France

Le choix politique a été fait de ne pas ramener les enfants des français ayant combattus avec la secte de Daesh en Syrie. C'est une erreur pour différentes raisons. Le mouvement violent ,de par son idéologie liée à l'Islam, a vu un certain nombre de femmes rejoindre ce groupuscule. Celles-ci ont parfois eu des enfants. Ceux-ci sont présentés comme responsables des crimes de leurs parents. Cette forme de pensée est issue de la même représentation religieuse qui dit que le péché est héréditaire depuis la figure mythologique d'Eve. Les enfants ne sont pas responsables des crimes de leurs parents. Souligner cette évidence ne me vaudra pas que des amis. Cet argument reste pourtant central. C'est loin d'être le seul. Outre ceux qui sont très jeunes, même ceux qui ont reçu une éducation plus avancée par ces fanatiques doivent rentrer. De fait, la lecture de « psychothérapie de Dieu » de Boris Cyrulnik reste ici une source de réflexion indispensable pour répondre au pourquoi il faut rapatrier ces enfants et comment les soigner. Si ces enfants ne peuvent être directement réintégrés dans les structures normales de l'école, il est possible de soigner les traumatismes dont ils sont victimes. Il est possible aussi de défaire ces représentations mentales malsaines dont ils ont été abreuvés.

L'enjeu est multiple. Si l’endoctrinement peut être combattu, alors il est indispensable de le faire. C'est un enjeux démocratique et laïc majeur. C'est la raison qui triomphe sur l'irrationalité, et pour un athée militant comme moi, ainsi que pour tous ceux qui luttent contre les représentations religieuses et politiques dangereuses, c'est essentiel. Deuxièmement, si la démocratie doit être une force, elle doit être, selon moi, capable de réhabiliter ses enfants. Si le modèle français est considérer comme plus puissant que la doctrine de bas étage de ses manipulateurs à la petite semaine, elle doit être capable de désendoctriner ces enfants, dont le cerveau reste malléable, donc l’apprentissage émotionnel peut en être influencer favorablement. Il faut les éduquer de nouveau (le terme rééduquer a pour moi une consonance historique désagréable). Enfin, la simple logique laisse penser que laisser ces enfants dans de tels conditions est dangereux. Si elle continue, dans quel état psychologique et avec quel sentiment viendront ces personnes quand elles reviendront en France. Si ce n'est par humanité, le simple pragmatisme devrait mener au retour de ces enfants, qui sinon auront d'excellente raison de vouloir obtenir justice. Pour eux, dans le système de représentation dans lequel ils évoluent actuellement, la justice est intimement liée à la vengeance.

Pour toute personne ayant développé un système moral fort, auquel selon moi tout athée devrait tendre, pour tous ceux qui veulent lutter contre les systèmes de représentation religieux et contre les systèmes politiques sinistres, ces enfants sont autant de défis à relever. L'abandon de cette réflexion est le renoncement à à la possibilité de toute évolution vers plus de raison. C'est nié la capacité de l'éducation face à l'ignorance. Ce serait, pour moi, la victoire de l'absurde de l’irrationnel sur la rationalité, que j'ai défini ailleurs comme une approche raisonnable et raisonnée des problématiques réelles. Ce n'est pas une option envisageable. Il faut penser en amont des solutions, et certains acteurs sont repérables, dont Cyrulnik que j'ai déjà cité, mais aussi Gérald Bronner, ainsi que d'autres que je ne pense ou ne connaît pas.

Fabien Micolod

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28 mai 2019

Les dieux au scalpel du rationalisme.

Introduction

« Le mémoire qui fait l'objet du présent volume est nécessairement imparfait. Il me sera impossible de renvoyer à toutes les autorités auxquelles j'emprunte certains faits, mais j'espère que le lecteur voudra bien se fier à mon exactitude. Quelques erreurs ont pu, sans doute, se glisser dans mon travail, bien que j'ai toujours grand soin de m'appuyer sur des travaux de premier ordre. En outre, je devrai me borner à indiquer les conclusions générales auxquelles je suis arrivé, tout en citant quelques exemples, qui, je pense, suffiront dans la plupart des cas. »1

Je suis. N'y a-t-il pas chose plus improbable dans l'univers que le simple fait d'exister, et mieux, de pouvoir se poser la question. Le seule fait de chercher à éclairer le monde plutôt que de se complaire dans des représentations figées ignore l'évolution permanente. Les religions et les conservatismes intellectuels, sociaux et politiques tendent à empêcher de penser correctement ce monde au nom d'une mission immanente dans un monde impitoyablement

La terre est une planète rare. Elle a vu se développer le phénomène du vivant. La théorie Darwinienne donne les grands mouvements de l'évolution de l'apparition de la vie . L'une des espèces a connu une évolution qui lui a permis de cerner certaines des règles qui régissent son écosystème. L'humanité a cette particularité d'avoir développé un savoir vérifié, à la fois empirique et raisonné du monde tel qu'il est. Cette planète est, jusqu'à preuve du contraire que je suppose probable, la seule capable d'accueillir la vie organique. L'humain, genre pan, espèce homo dite sapiens a envahi quasiment toute les niches écologiques de la planète. C'est un animal grégaire et social. Sachant cela, la gestion de la planète est devenu un enjeu de la survie de la majorité des espèces évoluées, car l'humain est une espèce non seulement endémique, mais aussi destructrice de son écosystème. Mais l'idéologie a toujours dénié le réel pour des buts ignorants le réel.

La planète est issue d'un univers catastrophique. Les circonstances d'apparition de la terre, sans même remonter à celle de l'univers, sont d'une violence sans mesure. Le soleil est lui-même issu d'une partie d'un autre soleil. Pour preuve, la chaleur de notre soleil est insuffisante pour créer la totalité des atomes présents sur la planète. La terre, ainsi que les autres planètes de notre système solaire, sont des morceaux de matière arrachée - dans des circonstances méconnues - du soleil. Les débuts du vivant restent sujet à spéculation. L'humain est issu d'une histoire de la physique de l'univers et de la planète. Et la physique moderne apprend que l'univers et la matière sont d'une complexité, si j'ose le mot, infinie.

L'humain est une créature limitée. S'il a acquis des connaissances concrètes sur le fonctionnement du monde, il est aussi limité par son histoire biologique, sociologique, historique et personnelle. D'autres éléments peuvent intervenir. L'individu ne peut pas échapper à ce réel qui l'entoure. Cela a pour conséquence de le mettre face à la matérialité violente du monde, même sans que l'humain intervienne. Il a la possibilité, grâce à sa conscience réflexive, d’améliorer son existence. Le religieux, en tant que forme politique, entrave toute réflexion sur ce type de question, en affirmant la prédominance d'un discours sur le réel. L'idéologie y remplace le réel, et ce déni du réel empêche une réflexion posée sur l'amélioration individuelle et collective de cette réalité.

Car l'humain, tout capable de conscience réflexive, reste un être biologique. Sa capacité à rationaliser les éléments du réel dépend d'éléments qui ne sont pas uniquement issu de la raison. Le ressenti sensitif, émotionnel entre en compte. Et de là à dénier l'expérience vécue pour se réfugier dans des mondes déraisonnables, c'est une chose qui peut arriver à tous, mais qu'il est préférable d'éviter. Les sociétés humaines ont leur part d'aveuglement, qui n'incite guère l'individu à faire face au monde. Les mythes, s'ils ont toujours des éléments intéressants pour former et comprendre la psyché humaine, sont infondés scientifiquement. Il est donc reste nécessaire de se débarrasser de ces chimères.

L'humain, je me répète, a une capacité de questionnement du réel. La tradition rationnelle a cette qualité de savoir se remettre en question. Surtout, la méthode scientifique apporte des réponses concrètes aux difficultés. La médecine soigne, avec des apports de la biologie et de la chimie. L'architecture peut permettre d'améliorer les condition de vie. Les questionnement sur les origines de l'univers sont suffisamment fantastiques pour être épurés de tous éléments fantaisistes. Il faut expérimenter plutôt qu'affirmer une pseudo vérité destiné à se rassurer. Si la réponse reste peut-être inaccessible, l'émerveillement au monde est plus intense.

Les religions ont ce défaut d'affirmer, et c'est encore plus vrai dans le cas des religions écrites, que toute vérité sort des tenants de cette forme politique de sociabilisation. Fondamentalement, dans toute religion, l'enseignement ésotérique, destiné aux prêtres et aux disciples de premier ordre, est destiné à assuré le pouvoir et le confort des prêtre. L'enseignement exotérique, destiné à la masse des croyants, est destiné à fixer l'asservissement et l'obéissance à ces sectateurs. La religion est un système politique fondamentalement inégalitaire. C'est une bonne raison pour se débarrasser des dieux et de leurs soutiens.

«  Georges Orwell, l'incroyant ascétique, dont les romans nous présentent l'image inoubliable de ce qu'est profondément la vie dans un état totalitaire, n'avait aucun doute à ce sujet. « D'un point de vue totalitaire écrivait-t-il dans «  the prevention of litterrature », l'histoire se créée plutôt qu'elle ne s'apprend. Un état totalitaire est en fait une théocratie, et sa caste dirigeante pour conserver sa position , doit être considérée comme infaillible. » (Notez qu'il écrit cela à un moment où, près avoir combattu le fascisme pendant plus d'une dizaine d'années, il s'attaquait avec une violence double aux sympathisants du communisme.) »2

 

De la définition des dieux

Les dieux sont des créations humaines. Toute affirmation du contraire est manipulation. Ils sont des émanations des sociétés humaines. Ils sont différents les uns des autres. Il faut pour les analyser des précautions multiples, car la croyance est une forme de pensée obtuse. La religion ne tolère pas la contradiction. Les dieux vivent uniquement à travers le flot des humains qui les portent. Et ils peuvent mourir, disparaître dans le flot de l'humanité. Certains sont plus vivaces, se renouvellent dans des apparences multiples, et dont chacune est différente. Il est donc nécessaire de définir ce qu'est un dieu.

«  Les pensées et les émotions humaines proviennent d’interconnexions extrêmement complexes entre les entités physiques présentent dans le cerveau. D'après cette définition du matérialisme philosophique, l'athée est quelqu'un qui croit qu'il n'y a pas un au-delà du monde physique naturel, pas d'intelligence surnaturelle qui rôde derrière l'univers observable, pas d'âme qui survit au corps et pas de miracles- sauf dans le sens des phénomènes naturels que nous ne comprenons pas encore. »3

Tous les dieux ont un nom. Si un dieu a un nom différent d'un autre, il s'agit de deux dieux différents. Si les tenant d'un dieu affirme que le X est le même que le dieu Y , c'est pour pouvoir convertir la communauté de ce qui ne croient pas au(x) leur(s). C'est une forme de prosélytisme, qui peut aboutir à la transformation d'une croyance en une autre. Cette forme d'intégration existe dans toute les religions, et dans toute le sociétés humaines. D'ailleurs parfois, j'y reviendrai, un dieu peut se trouvé transformé, changeant sans parfois changer de nom.

« La religion envisagée au point de vue social,est un phénomène plus complexe que la science. Chacune des grandes religions historiques présentent trois aspects:1 une Église, 2 un credo, un code de morale individuelle. »4

Les dieux peuvent être de natures différentes. Je distingue les dieux transcendants,les dieux immanents, et les dieux qui ont des éléments de ces deux natures. Les dieux immanents sont des dieux tels que les a définis Spinoza. Littéralement, le ou les dieux sont la nature. Ils ne peuvent être dissociés de la nature, donc du monde tel qu'il est. C'est la nature des dieux chamaniques. Ils sont liés a des éléments de l'environnement immédiats de la société ou de la totalité de l'univers dans sa réalité. L'esprit de la rivière, du feu, ou de n'importe quelle part sanctifié par le chaman devient le destinataire des sacrifices de la société.

La deuxième nature des dieux est le dieu transcendant. C'est un dieux qui vit dans un monde mythologique. C'est le cas des dieux monothéistes révélés. Ils sont inaccessibles aux hommes, au dessus des hommes. Les prophètes et leurs prêtres prétendent accéder à leurs mondes, à être hors du monde classique pour pouvoir dire selon leurs intérêts quel est la direction des hommes Ce type de dieu se manifeste uniquement selon le bon vouloir des prêtres qui y ont intérêt.

La dernière nature de dieux est entre les deux précédentes. Le dieu semi transcendant ou semi immanent a des qualités de chacun. Il est transcendant dans le sens ou il vit dans un monde au-delà du notre. L'Olympe des dieux grecs ou le Walhalla des dieux scandinaves en sont des exemples probants. Ils s'incarnent, par exemple dans ces religion dans des phénomènes concrets. La foudre de Zeus ou de Wotan est très immanente. Elle incarne le dieu pour le mortel. Elle est autant le dieu que sa présence dans son arrière monde.

Après leur nature, il faut définir leurs formes. Il existe des dieux oraux et des dieux écrits. Les dieux oraux sont innombrables. Ils sont plus sensibles aux changements que les dieux écrits pour des raisons concrètes. Ils peuvent subir des pertes dans le clergé. La forme orale quelque soit la forme de transmission est plus malléable, et plus sensible au défaut de la mémoire. De plus, les mythes ont souvent des origines réelles qui peuvent donc se reproduire, et une défaite peut en rappeler une autre au puissant, ce qui peut amener des variations de perception selon l'orateur et le spectateur. Les dieux écrits sont moins malléables. La forme écrite les engonce dans une tradition plus rigide. Ce qui n'exclue pas des modifications parfois majeures, rendant irreconciliable deux partis des prêtre, et créant par la deux dieux différents.. Les scribes ont été limités dans leurs production. Et sans compter les disparitions des textes, ceux-ci pouvaient produire des erreurs dans le texte. De plus, malgré la tendance totalitaire de la religion, elle a toujours dû négocier avec les pouvoirs politiques existant, ce même dans des états théocratiques.

Les dieux se définissent aussi par leurs pouvoirs. Reprenant l'exemple de Zeus ou Wotan, ils ont le pouvoir de foudre. Les dieux monothéistes prétendent pour la plupart à l'omnipotence. Cette omnipotence et cette unicité affirmé est souvent limitée par d'autres créatures aux pouvoirs que l'on peut considérer que comme divin. Dans le cas des religions monothéistes écrites transcendantes, les dieux ont un adversaire, le diable, qui une sorte de dieu négatif. Le pouvoir s'incarne dans une flopée de serviteurs qui démultiplie le nombre de créatures para-divine. La mythologie des monothéismes est inspiré de religions qui l'ont précédée. Certains des serviteurs des dieux uniques ont les pouvoirs de dieux polythéistes. Les anges sont les messagers de ces dieux comme Hermès dans l'Olympe de la mythologie grecque antique.

Toutes ces mythologies pourraient être bien inoffensives si elles ne s'incarnaient dans un clergé. Les noms des prêtres sont multiples, mais leurs pouvoirs sont réels. De fait, les prêtres se déclarent seuls à avoir l'oreille ,la parole, l'interprétation et la compréhension du dieu, de l'esprit, de la lettre ou de la créature ayant les pouvoirs divins. C'est ce qui fonde leur pouvoir. Et comme les dieux sont muets, ils peuvent affirmer tout et son contraire. Pour renforcer leur pouvoir, le clergé a inventé la théologie.

La théologie est la définition juridique des désirs d'un dieu. Si deux théologies se contredisent ne fussent que sur un point, c'est que se sont deux dieux différents, même s'ils ont le même nom, la même nature et la même forme. La théologie codifie les dieux. Elle leur donne une forme politique et sociologique. Elle est définie par les chefs des prêtres. Ceux-ci, dès qu'ils ont le pouvoir, assurent leur propre domination. Lorsqu'ils existent dans un état qui n'est pas purement théocratique, ils soutiennent en général les puissants, pour que leur point de vue s'impose.

La forme juridique théocratique la plus aboutie permet la création de tribunaux et de polices religieuses. Ceux-ci utilisent tous les moyens de coercition possible. Le pire est justifié au nom du ou des dieux. L’orthodoxie se définie selon la forme du pouvoir en place, et selon les desiderata du chef. Ils peuvent justifier ainsi tous les débordements, selon leurs intérêts. Le chef et ses seconds peuvent déroger à la règle commune ,au nom de leur exceptionalité. Le croyant de base, lui, subira la violence de la communauté. L'un a tous les droits, l'autre tous les devoirs.

Les dieux ne pourraient pas exister sans la masse des croyants. Les prêtres se réservent des places sans dangers ni efforts, ils délèguent les actes durs aux croyants en leurs donnant des illusions. La théologie permet d'imposer le style de vie que les prêtre disent bon, tout en assurant son propre confort. Le croyant est opposé à l'infidèle, tenant de toutes les difficultés de la société. Ainsi se justifie la violence, l'exclusion et toutes les formes de mépris possible. Il change la nature des mots selon son interlocuteur.

« La domination absolue qu’exerçait la norme linguistique de cette petite minorité, voire de ce l'ensemble de l'aire linguistique allemande avec une efficacité d'autant décisive que LTI ne faisait aucune différence entre langue orale et écrite. Bien plus : tout en elle été discours, tout devait être harangue, sommation, galvanisation. Entre les discours et les articles du ministre de la propagande n'existait aucune différence, et c'était pour cette raison que ses articles se laisser si bien « déclamer ». Déclamer [deklamieren] signifie littéralement « pérorer à voix haute », encore plus « brailler ». Le style obligatoire était donc celui de l'agitateur charlatanesque. »5

Cette analyse des dieux amène la question d'un athéisme sensé, sensible, raisonnable, raisonné et rationnel. Les conséquences de la construction humaine des dieux sont multiples. Elles sont diverses. Les prêtres ont tout intérêt à voiler la vérité, à cacher leur responsabilité dans les problèmes de la société, pour les attribuer à une partie de la population qui n'appartient pas à la communauté. C'est un bouc émissaire bien utile. Et cela maintient le peuple dans sa sujétion et son ignorance. De plus, c'est une manière d'éviter que l'individu se construise et surtout cherche des moyens de changer sa situation.

 

Pour un athéisme tranquille : pourquoi être athée.

Être un athée raisonnable, c'est chercher à vivre. Être un athée raisonné est reconnaître ses limites. Être athée rationnel est apprendre à poser des questions pour tenter de comprendre son monde. Pour cela, il est nécessaire de se créer sa propre éthique, sa propre morale. C'est s'éduquer soi-même pour mieux comprendre et appréhender le monde tel qu'il est. C'est apprendre l'altérité ainsi qu'à s'accepter. Certaines formes de l'athéisme ont parfois mené aux pires excès. Le fascisme sadien ou l'athéisme calculé de Staline peuvent mener au pire. Il faut donc tenir compte de ces horreurs pour tenter une forme plus vivable. Si le mot justice peut être interprété de façon purement juridique, il peut être aussi traduire l'espérance travaillée d'une meilleure équité entre les êtres humains. La question est de savoir comment équilibrer la manière de gérer le monde pour que chacun s'y intègre et puisse s'y épanouir.

L’athée a conscience que la religion n'est qu'un résultat. La peur, sans même parler de celle de la mort, est le substrat sur lequel se nourrissent les prêtres. Il se contreficherait bien des croyants, si ceux-ci lui rendaient la pareille. Mais, je l'ai déjà dit, la religion exclut, souvent de façon violente ceux qui n'y adhèrent pas. C'est un endoctrinement qui a des conséquences politiques, économiques sociales, éducationnelles, pour dire simplement humaines. Les religions excluent, une haute moralité de l'athéisme a pour but d'inclure et d'éduquer.

« Le sentiment religieux est loin d'inspirer toujours des sentiments agonistiques. Cependant, l'histoire des hommes a été par un grand nombre de massacre d'origine religieuse. Et ce n'est pas un hasard. En effet, la croyance en un dieu,en particulier s'il est considérer comme unique est idéal pour imposer l'extrémisme. Elle est irréfutable et justifie absolument tout, dans la mesure où, si dieu existe, c'est lui qui fonde les règles du réels, la notion de morale, etc.. Se référer à un concept absolu favorise l'incommensurabilité entre les valeurs qu'il est censé inspirer et celle qui prévalent dans l'esprit de citoyen ordinaire. Les dilemmes moraux sont donc de peu de poids lorsqu'on prétend son action sur la volonté d'une entité donnant son sens même du vrai, au bien et au beau. Toute personne persuadée de détenir de vérité aura, en raison de l'idée fallacieuse selon laquelle la vérité est toujours unique la tentation de vouloir la voir devenir monopolistique sur le marché cognitif. »6

La croyance est limitative. Elle emprisonne l'esprit dans les bornes de ses convictions. Entre le réel et la mythologie qu'elle porte, le choix se porte toujours sur la faveur des prêtres. La persuasion de ceux-ci amènent le simple sectateur a remettre le réel en doute, plutôt que la parole du zélateur. Les contrecoups de ce comportement sont multiples et extrêmement concrets. Un exemple précis est l'attitude des religieux envers les femmes. Elles sont considérées comme des éternelles mineures. Les seules responsabilités qui lui sont reconnues sont toujours négatives. J'ai déjà parlé ailleurs de ceux qui ne font pas parti de la communauté.

Le problème de la croyance est qu'elle est totalisante. Elle se mêle de tous les aspects de la vie quotidienne, et pas dans le but de la simplifier. Le déni du réel au nom de la révélation du prêtre est un fondement de toute religion. Et cela créé des postures idéologiques dangereuses. L'exclusion de certain types de personnes au nom de leur naissance est un classique Le système religieux est basé sur l'inclusion et l'exclusion.

« Ce n'est pas que les idées soient fausses. Simplement, elles sont simples. Or, je ne connais pas de problèmes complexes qui, lorsque la question est posée clairement, ne deviennent encore plus complexes. »7

Les disciples sont les premiers. Ils ont tous les droits. Pire, plus l'individu s'éloigne du chef, plus les devoirs dominent. La prison psychologique devient sclérosante. Elle empêche de voir l'ascendant de l'idée sur les vraies problématiques de l'individu, ainsi que de la société qu'il compose. Le changement nécessaire est refusé. L'évolution est quasi impossible. Et si elle possible, elle entraîne des mouvements sociaux qui peuvent être dangereux.

Un athéisme bien compris pourrait créer une forme de sociabilité forte. C'est une réflexion sur les formes politiques. Il doit viser l'intégration pour former une société saine. La doctrine morale est une question nécessaire.Une éthique à la fois contraignante, dans une optique libertaire est un objectif complexe. Cette contradiction apparente que doit former un scepticisme raisonnable, raisonné et rationnel. Cet objectif est l'objet du prochain chapitre.

L'athéisme se veut totalement immanent. Il est la chaire de l'individu qui doute. Il cherche les questionnements, auxquels parfois il tente de répondre. Le réel est son point d'appui. Mais le réel est seulement changement, évolution et renouvellement. C'est un ancrage éternellement instable. Il faut donc être capable d'interpréter le ressenti. Il n'existe aucune grille de transcription parfaite. Mais il est toujours possible de mener un travail pour expliquer, tenter de comprendre le monde et de vivre en meilleure entente avec ses congénères.

L'athéisme doit éviter, dans la mesure du possible, de préjuger du réel. Malgré cela, l'athée est issu de la société humaine qui l'a vu formé. Il subit la pression des religions. La médiation humaine se forme au sein d'une société, d'un époque, d'une éducation, et de tous les autres éléments qui forment une possibilité, celle de mettre en perspective le dogme social, économique, politique. C'est un élément essentiel à toute pensée de l'incroyance, d'un sain scepticisme. Il est nécessaire d'avoir des croyants pour avoir des mécréants.

La chaire de l'individu, du peuple, de l'animal humain ne peut être déniée que pour imposer l'illusion, l'ignorance, l'impossibilité d'agir. L'agir au quotidien, le respect altruiste des différentes parties en présence peut créer cette présence d'une écoute. Sans cette écoute, le conflit est imminent. Sans ce partage, cette communion, communication et coopération, le savoir ne peut se diffuser et l'ignorance reste le ferment de toute violence. C'est donc pour cette raison, plus fondamentale qu'il faut un athéisme militant.

 

Pour un athéisme militant : comment être athée

C'est tout d'abord pour lutter contre cette dérive qu'entraînent les religieux de se permettre ceux qu'ils interdisent aux autres. Les violences sont infligées au nom du vivre ensemble, et la paix des mots devient la guerre dans les actes. Les religieux imposent des règles de violences institutionnalisées, que ce soit par la tradition ou par la loi. Cela génère des frustrations qui enchaînent les participants dans une spirale de dépendance de plus en plus grande. La fuite nécessaire de l'esprit face à un univers sur lequel la maîtrise de l'humain peut être considérée comme nulle et non avenue,, il est compréhensible que parfois des réponses rassurantes pour le confort mental du spectateur du monde soit parfois nécessaire. Mais il faut faire face au réel, et tenter de comprendre ce souffle qu'est la chandelle d'une vie humaine.

«  Les croyants , passe encore ; celui qui s'en prétend le berger, voilà trop. Tant que la religion reste une affaire entre soi et soi,après tout, il s'agit des névroses, psychoses et autres affaires privées. On a les perversions qu'on peut tant qu'elle ne mettent pas en danger ou en péril la vie des autres.

Mon athéisme s'active quand la croyance privée devient une affaire publique et qu'au nom d'une pathologie mentale personnelle, on organise aussi le monde en conséquence. »8

Comme questionnement au monde tel qu'il est, il y a les sciences. Elles sont basées sur l'expérience, l'accumulation des connaissances, la comparaison des expériences, l'observation des résultats de l'interaction qui ont existé dans le partage humain. De l'autre coté, il y a les croyances. Les deux sont culturelles, les deux n'ont pas la même valeur. La croyance est issue de l'éducation, le savoir de sa remise en question. L'éducation est pourtant aussi nécessaire pour transmettre le savoir scientifique. Mais le langage transporte ses propres représentations. Et une même langue évolue selon son histoire passée et présente, voir lorsque le politique est pensé comme instrument de manipulation. La culture subit ses transformations de façon continue, faisant de la science un outil d'évaluation fort du réel, sans pour autant être soumis à ses propres limitations.

«  Comprendre, toutefois, ne signifie pas nier ce qui est révoltant et ne consiste pas à déduire à partir de précédent à ce qui est sans précédent : ce n'est pas expliquer des phénomènes par des analogies et des généralités celle que le choc de la réalité s'en trouve supprimé.. Cela veut plutôt dire un examen et porter en toute conscience le fardeau que les événements nous ont imposés, sans nier leur existence ni accepter passivement leur poids comme si tout ce qui est arrivé devait fatalement arriver. Comprendre, en un mot, consiste à regarder la réalité en face avec attention, sans idée préconçue, et à lui résister quelque soit ou est pu être cette réalité.'9

Le savoir est cumulatif. Il évolue avec la technique. Il change selon l'époque, se créé avec les hommes et leurs représentations. Et il doit aussi savoir s'abstraire de ses représentations. Il est sujet au remise en cause consciente. C'est le fameux doute raisonnable et raisonné qui fonde les sciences. Il ne s'agit pas de remettre en doute la théorie de la gravitation de Newton, il s'agit de la réinterroger et de montrer ses limites avec Einstein. Il ne s'agit pas de remettre en doute l'évolution darwinienne, il suffit de la faire évoluer par les découvertes qui ont été faites depuis. Il se doit aussi se trouver des dispositions collectives. Le scepticisme est un forme ancienne de pensée. Mais c'est dans sa forme moderne du rationalisme qu'il a atteint sa maturité. Le rationalisme a cet avantage qu'il ne refuse aucune question. Il se voue à la recherche, et particulièrement scientifique. La science est la seule manière d'envisager les règles de façon saine. Elle doit toujours voir ces acquis mis en cause par les nouvelles formes d'observation.

Les sciences sont une forme de problématique sans cesse renouvelée. Elle se pose et s'impose d'abord comme un retour sur elle-même. Car la science se doit de se fonder comme scientifique. C'est ce qui s'appelle l’épistémologie. Cette pensée est profondément récursive, et permet de penser la science au-delà de la science. Son retour sur elle-même permet un approfondissement des fondements et des limites de la pratique et de la pensée scientifique.. La réflexion scientifique sur le phénomène humain de la science doit sans cesse évoluer. Elle doit tenir compte des connaissances acquises et user du doute raisonnable. Et pour cela, il faut sans cesse tenter de comprendre, appréhender et .essayer de faire face au réel pour en donner une description qui soit basée sur les événements.

L'athéisme raisonnable se pose la question éducationnelle. La psychologie, l'éthologie, les phénomènes sociologiques et la prise en compte tous les éléments qui constituent le milieu écologique individuel et collectif sont constitutifs de toutes réponses pour envisager une pédagogie. Le savoir être, le savoir culturel, le savoir faire technique sont autant de formes dont il faut tenir compte pour avoir un large éventail pour former l'esprit humain à faire face au réel.. Mais la vrai problématique est d'acquérir suffisamment de ses réflexes pour pouvoir apprendre par soi-même. La masse critique de savoirs et d'automatismes intellectuels culturels reste un facteur important.

Le questionnement du monde se fait en mise en perspective, voir en cause, des connaissances scientifiques. La connaissance se construit. Elle est de fait un retour éternel sur elle-même, ce qui définit toute réflexion. Il est lié à son implication dans le monde, à son ressenti physique et mental.

«  Peut-être peut on saisir ici un exemple de la méthode que nous proposons de suivre pour une psychanalyse de la connaissance objective. Il s'agit en effet des valeurs inconscientes à la base même de la connaissance empirique et scientifique. Il nous fait donc montrer la lumière réciproque qui va sans cesse des connaissances objectivés et sociales aux connaissances subjectives et personnelles, et vice versa. Il faut montrer dans l'expérience enfantines. C'est ainsi que nous serons fondés d'un inconscient de l'esprit scientifique, du caractère hétérogène de certaines évidences, et que nous verrons converger, sur l'étude d'un phénomène particulier, des convictions formées sur les domaines les plus varié »10

Ainsi, la nécessité de l'athéisme se définit comme la recherche d'un approfondissement de la connaissance. Toute idéologie cherchant à limiter cette recherche est au mieux une erreur, généralement une aberration et toujours un endoctrinement. Le combat pour le savoir est nécessaire, ainsi que celui de sa propagation. Il faut sans cesse trouver de nouvelles manières de communiquer le savoir scientifique. Si la vulgarisation est une problématique complexe, c'est un travail qui doit sans cesse être renouveler. Quand un groupe se fixe pour but d'apprendre, il garde sa capacité à l'émerveillement.

 

En conclusion

Il est impossible de conclure. Le rêve est nécessaire à l'humain, et la croyance ne sera jamais totalement détruite. Toute éducation est issue d'une représentation du monde. Et si celle-ci peut être issue d'éléments concrets, cela n'empêche pas des représentations. Elles peuvent être faussées. C'est donc un combat sans fin. Pourtant, il est nécessaire d'accéder à une maturité de la réflexion, de ce retour éternel sur le réel. Mais surtout, il faut faire combattre la religion, qui de par sa nature est sectaire. Quand une personne ou un groupe s’attribue le pouvoir de décider ce qui est vrai de ce qui est faux, alors il faut se lever et résister. D'où la nécessité d'un doute qui reste constructif. L'individu peut alors progresser, ce qui n'est pas le cas quand certains lui limitent son horizon. Le monde peut être racontée tel qu'il est même s'il faut un langage qui redéfinisse le réel pour le comprendre. Si la religion s'est basée sur une représentation faussé par les peurs et les ignorances. La curiosité, le questionnement, l'entretien des savoirs sont le seul moyen de affronter les prêtres entretenant les illusions nécessaires à leur pouvoir.

Quand à moi, j'en reste à une maxime de Pierre Desproges assez définitive, Veuillez croire,moi pas.

 

Fabien Micolod

1 Charles Darwin : Texte établi, Daniel Becquemont, trad Edmond Barbier/ L'origine des espèces ; au moyen de la sélection naturelle ou la préservation des races favorisées dans la lutte pour la vie .- Paris, GF Flammarion, ed mise à jour 2008. p 48

2 Christopher Hitchens, trad. Ana Nessur/ Dieu n'est pas grand ; comment ma religion empoisonne tout.-Paris, Belfond:2009 [Anglais 2007]. p 317

3 Richard Dawkins/ Pour en finir avec dieu. Trad de l'anglais par Marie-France Desjeux .- Laffont Perrin, Paris, 2008 [Anglais, 2006]. p 25

4 Bertrand Russell, trad. Philippe-Roger Mantoux/ Science et religion.- Paris, Gallimard ; 1971.- Coll. Essais. p9

5 Victor Klemperer/ LTI , la langue du IIIe Reich : Carnet d'un philologue. Paris, Albin Michel, 1997. Première publication allemande 1947, DDR. Pp 48-49

6 Gérald Bronner/ la pensée extrême : comment les hommes ordinaires deviennent des fanatiques.- Paris : PUF, 2016. pp170-171

7 Boris Cyrulnik/ Sous le signe du lien : une histoire naturelle de l'attachement.- Paris. ; Fayard, pluriel.- (1ere éd. Hachette littérature, 1989. p 191

8 Michel Onfray/ Traité d'athéologie:Physique de la métaphysique. Paris, Grasset : 2005. p 29

9 Hannah Arendt/ Les origines du totalitarisme : Eichmann à Jérusalème,- Paris, Gallimard, 2002.- Quarto. p 181

10 Gaston Bachelard/ La psychanalyse du feu. Paris : Gallimard, 1949. Folio essais. P 27

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La religion, instrument de manipulation mentale

J'ai remis la main en rangeant mon appartement sur un « dossiers et documents » du journal « le monde » de décembre 1997, appelé « sectes, le défi de l'irrationnel ». C'est dire que le questionnement ne date pour moi pas d'hier. Comment peut-on se mettre à croire à des choses totalement absurdes ? Déjà à l'époque, de mon point de vue, une religion n'était qu'une secte qui avait réussi à être reconnue par le pouvoir en place. Mon histoire avec l'athéisme n'est pas linéaire, mais elle est ancienne. Ce n'est que ces dernières années que j'ai décidé de m'impliquer dans le militantisme athée, avec bien des hésitations, avant de chercher à faire connaître, même modestement, mon approche de l'athéisme. « L'objet observé, l'objet scientifique n'est jamais neutre fantasmatiquement. Dès qu'elles sont perçues, les choses prennent sens, dans la fulgurance de notre compréhension. »1 Même avec de multiples lectures et recherches, je reviens toujours aux bases. La religion est pour moi un outil politique destiné aux décideurs pour éloigner par des termes métaphysiques les problèmes entraîné par la réalité physique de leurs décisions politiques. C'est une novlangue toujours renouvelée, un langage orwellien qui détourne un mot vers son contraire. Outre les injonctions paradoxales et la dissonance cognitive qui en découle, c'est une mise au pas de la pensée. Le processus est peu étudié sur la religion, mal étudié et peu combattu, ou du moins inefficacement. La religion est née il y a longtemps, avant même l'écriture. Il est donc probablement impossible de définir exactement les causes de son apparition. Mais des hypothèses peuvent être proposées. La plus courante était la tentative de contrôler des éléments naturels et partiellement de l'avenir. Si très longtemps l'astronomie a été liée et pensée par le biais de l'astrologie, si elle a été liée à la religion, c'est bel et bien pour tenter de maîtriser le temps et d'imposer son empreinte sur l'avenir. Par exemple, le titre exacte par exemple du chef de l’Église catholique est pontifex maximus, titre issu de l'empire romain. Le rôle de ce pontife était, et reste, l'organisation des fêtes religieuses et du calendrier, l'un étant lié à l'autre.

Les limitations de la religion ont mis longtemps à être identifiées. Il a fallu l'émergence d'une pensée hors du clergé. C'est l'imprimerie et la diffusion des savoirs par des écrits strictement identiques qui permis cette lente différenciation entre le théologique et le politique, et plus encore avec le savoir et les sciences. Si au début du processus, le religieux est intimement lié au savoir, l'éloignement va se faire par les politiques menées par les gouvernements religieux. Le dessein de domination théocratique existe dans toute les religions, la religion chrétienne catholique est celle qui, par son héritage juridique romain, son centralisme et son expérience du pouvoir à long terme, a affiné le processus de de protection de ses prêtres et de contrôle des croyances par le biais théologique. Après un net recul, la théocratie s'est diffusée de nouveau, et son pouvoir de destruction a été augmenté par la diffusion généralisée d'internet.

Pour bien combattre ce danger, pour propager le savoir face à l'obscurantisme du dogme religieux, il est nécessaire de connaître son adversaire. Le fondement du religieux permet son expansion plus ou moins large. Une fois établi, son fonctionnement est basé sur une structure politique, qui est propagatrice de règles juridiques protégeant le groupe. Ces éléments, ainsi que son discours mythologique, sont autant de forces et de faiblesses auxquels il faut opposer la structure des savoirs scientifiques. S'il est plus facile de croire que d'apprendre un savoir fondé, si l'emprisonnement dû aux croyances est plus simple que la réflexion critique, il n''en est pas moins nécessaire de mener la réflexion qui permet de libérer l'esprit de ceux qui au nom de leurs croyances détruisent ou se détruisent.

I Surgissement des communautés religieuses/ Forces et faiblesses dues à ces origines

Les communautés religieuses, à leur état primaires de sectes, sont issues d'une dégradation de l'environnement social. De fait, les sectes utilisent les faiblesses de la société et de l'individu pour l'amener à se soumettre au système de croyance. Le phénomène religieux reste profondément social et sociétal. Il permet effectivement de faire communauté. « Chaque groupe religieux se caractérise par une manière de voir le monde, de la penser et de s'y comporter. Mais quand la société se dilue, les processus archaïques de socialisation ressurgissent la loi du plus fort gouverne à nouveau. Alors les croyants se replier dans le groupe où se sentent protégés. C'est ainsi que se met en place une morale perverse. Les religieux sont solidaires de ceux qui partagent les mêmes croyances, mais ignorent le monde mental des autres et en viennent parfois à se réjouir des malheurs qui frappent ceux qui ne croient pas comme eux, ce qui peut être considéré comme une perversion collective. »2 En effet, une société humaine, dans ses parties, pourrait se définir comme un ensemble de représentations communes, qui tend toujours vers la croyance. Si cela peut faire sens, le problème reste que la religion pose la question du communautarisme. Les communautés humaines sont à la fois unes, par une génétique commune, et diverses, par leur environnement, leur langue, leur relation au monde, et encore bien d'autres éléments. La nécessaire différenciation des individus et des communautés n'engendre pas de divergences de fond dans la communauté humaine. Elle est un approche différenciée par de ressentis réellement différents. C'est cela, le fondement d'une religion relie effectivement la communauté, mais de par ses différences empiriques avec les autres communautés, elle engendre un forme d'isolement. « Les dirigeants religieux ont bien conscience de la vulnérabilité du cerveau de l'enfant et de l'importance de l'endoctrinement précoce. Pour être rebattu, le slogan prétentieux des jésuites « confiez moi votre enfant pendant ses sept premières années, et je vous donnerez l'homme » n'en est pas moins vrai (ou sinistre). Plus prêt de nous aujourd'hui, fondateur de l’infâme mouvement « focus on family » (objectif famille] connaît bien ce principe : « Pour qui contrôle ce qu'on enseigne à l'enfant et ce qu'ils vivent, entendent, pensent et croient déterminent l'orientation de la nation. »3

Un système de couvée malsaine est maintenu autour du croyant victime, qui est incapable de développer une autonomie de pensée, et par conséquence d'action. C'est un mécanisme politique basé sur la crédulité. Et cela nécessite de duper activement le client. Alors que le but d'une éducation rationnelle, c'est de tendre vers un équilibre face à un réel physique violent, le religieux met en avant son système de croyance comme unique vérité et solution aux problèmes. « Sans nous apercevoir toujours bien, nous sommes enserrés de liens sociaux qui limitent et orientent notre accès à l'information en ce qu'ils nous exercent préférentiellement à ce type d'argumentations, d'idées, de croyances plutôt que d'autres. »4

Cette exposition préférentielle ne fait pas de nous des automates cognitifs comme nous le verrons, mais elle est une donnée importante lorsqu'on considère les croyances extrêmes qui, par nature, sont désapprouvées par nature. « Le sentiment religieux est loin d'inspirer toujours des sentiments agonistiques. Cependant, l'histoire des hommes a été par un grand nombre de massacre d'origine religieuse. Et ce n'est pas un hasard. En effet, la croyance en un dieu,en particulier s'il est considérer comme unique est idéal pour imposer l'extrémisme. Elle est irréfutable et justifie absolument tout, dans la mesure où, si dieu existe, c'est lui qui fonde les règles du réels, la notion de morale, etc.. Se référer à un concept absolu favorise l'incommensurabilité entre les valeurs qu'il est censé inspirer et celle qui prévalent dans l'esprit de citoyen ordinaire. Les dilemmes moraux sont donc de peu de poids lorsqu'on prétend son action sur la volonté d'une entité donnant son sens même du vrai, au bien et au beau. Toute personne persuadée de détenir de vérité aura, en raison de l'idée fallacieuse selon laquelle la vérité est toujours unique la tentation de vouloir la voir devenir monopolistique sur le marché cognitif. »5 Cette désapprobation rend sa survie plus difficile dans l'espace social et nécessite donc des conditions d'épanouissement particuliers où l'adhésion du groupe à plaisir. Se regrouper n'est pas malsain, mais le langage humain permet de cerner le réel tel qu'il est. La difficulté est de maîtriser la pulsion qui pousserait quelqu'un voulant déconvertir cette personne à utiliser la violence. Ce serait généralement perpétué la leur, et engendrerait une réaction inverse à celle rechercher. C'est un acte psychiatrique qui tend à vouloir faire agir le monde en fonction des conséquences prévisibles. L'émergence de la possibilité de rompre le cercle vicieux du débat stérile, c'est pouvoir éduquer.

C'est la grande faiblesse du système sectaire .De fait, la secte émerge d'un isolat social. Sa structure, généralement légère à ses début, n'empêche pas une hiérarchie forte basée sur le chef. Ce gourou prend toute la place, aux origines. Il est central, originel de toute pensée. Si pour une raison ou une autre il perd son pouvoir, un individu ou groupe prends sa place, prolongeant son pouvoir. « Une idéologie est très littéralement de que son nom indique : elle est la logique d'une idée. Son objet est l'histoire, à quoi « l'idée » est appliquée, le résultat de cette application n'est pas un ensemble d’énoncés sur quelque chose qui est, mais le déploiement d'un processus perpétuellement changeant. L'idéologie traite l’enchaînement des événements comme s'ils obéissaient à la même « loi » que l'exposition logique de son « idée ». Les idéologies prétendent connaître les mystères du processus historique tout entier, les secrets du passé, les dédales du présent, les incertitudes de l'avenir- c'est à cause de la logique inhérente à leurs idées respectives. »6 Son isolement permet de contrôler le flux d'information. Pour cela, son organisation passe par une emprise sociale basée sur des fondements juridiques.

2. Organisation sociale et juridique des systèmes religieux.

La secte, à son origine, se structure sur une organisation fortement hiérarchisé. La théologie est l'outil qui est utilisé par les prêtres pour se favoriser ses clients, ainsi que ses patrons dans un système clientéliste qui exploite le croyant de base. Il faut que le prêtre joue sa pièce écrite, mais son interprétation est liée à son intérêt particulier. Bien sûr, plus le prêtre est haut dans la hiérarchie, plus sa parole est respectés, mais de plus, il a le droit du sacré, de briser la loi qu'il édicte. L'enjeu est multiple. Il prend un contrôle par une injonction paradoxale, ce qui met le cerveau dans une situation d'incertitude. C'est cette faille que va exploité le prêtre pour subjuguer ses fidèles. Le tout est son contraire, votre mal-être permet son bien-être qui est votre seul bien-être. Ce cercle vicieux enserre efficacement l'esprit et facilite la crédulité. « Le monothéisme déteste l'intelligence, cette vertu sublime que définit l'art de lier ce qui' à priori, et pour la plupart, passe pour délié. Elle rend possible les causalités inattendues, mais vraies : elle produit des explications rationnelles, convaincantes, appuyées sur des raisonnements : elle récuse toute fiction fabriquée.. Avec elle, on évite les mythes et les histoires pour enfants : pas de paradis après la mort, d'âme sauvée ou damnée,pas de dieu qui sait tout : bien conduite, et selon l'ordre des raisons, l'intelligence, à priori athée, empêche toute pensées magique. »7 Cette affirmation reste vraie pour moi pour toutes les religions. Ces moments sont ensuite suivies d'extase plus ou moins socialement contrôlée. C'est une forme constitutionnelle ou les pouvoirs juridiques, exécutifs et législatifs sont gérés par les échelons administratifs ecclésiaux. Il se met en place une technostructure pour infecter par leur idéologie l'esprit du croyant. Le degré de sophistication de cette méthode de lavage de cerveau empêche de constater les dysfonctionnements au profits d'une oligarchie qui maintient le plus grand nombre sous sa suggestion. Le mécanisme permet un aveuglement sélectif dans le choix des informations.

Le système de règle hiérarchique se traduit en règles juridiques. Ces règles sont fondamentalement inégales. Elles favorisent une technostructure ecclésiale, et plus particulièrement son sommet. De fait, le gourou est protégé par les aveuglements spécifiques que permet la différence de traitement dans le discours entre les niveaux de la hiérarchie. Cette emprise du droit permet aussi de discriminer activement l'extérieur du groupement. La violence, verbale quand la secte n'est pas reconnue, physique quand elle est devenue religion dominante, se trouve justifié par le fait de la différence de représentation théologique. «  L'apparition de la notion de cause dans la théologie est liée à la notion de péchés. Le péché était un attribut de la volonté, et la volonté était la cause de l'action. Mais la volonté elle-même ne pouvait pas résulter toujours de causes antérieures, sinon nous ne serions responsables de nos actes ; en vue de sauvegarder la notion de péché, il fallait donc en même temps la notion de volonté fut sans cause (au moins dans certains cas), et qu'elle fut elle-même une cause. Il s'en suivrait un certain nombre de propositions relatives à l'analyse des phénomène mentaux et aux relations entre l'esprit et le corps, et certaines de ces propositions devraient,à la longue, devenir très difficiles à soutenir. »8

Ainsi, toute secte ou religion tend vers la théocratie, un pouvoir exclusif du clergé sur l'ensemble de la société. Les trois pouvoirs sont soumis au représentations de la pensée du gourou en chef, popes, imams, rabbins, brahmanes et autres représentations très humaines des religions. Le fondement de cette emprise se base aussi sur la représentation théâtrale des services religieux. Comme tous les autres pouvoirs, celui de la religion se base sur un habillement et une disposition spatiale pensée pour impressionner. Cela permet d'incarné l'exceptionnalité du chef pour ceux qui le suivent. « Vers l'âge de 5 ans, quand l'empathie s'est développée, l'enfant devient capable de se décentrer de ses propres croyances pour envisager que d'autres aient d'autres croyances. A 8 ans, le processus est aboutit : il devient capable d'imaginer ce que l'autre imagine. A 12 ans, il explique cette différence des personnalités. Un grand nombre d'adultes continue à croire qu 'il n'y a qu'une seule vérité : la leur. Pour eux, toute autre croyance est une mécréance. »9

Le plus complexe, c'est essayé de proposer une méthode efficace pour briser cet ascendant psychologique et social. La réponse ne peut pas être simple, ni simpliste. Le défi n'est pas de dominer les croyants par une structure hiérarchique, C'est de leur offrir la possibilité de retourner à une autonomie de décision et de pensée. Seule une éducation donnant la possibilité d'une auto éducation.

3. Enjeux d'éducation, ou comment briser le cercle vicieux de l’aliénation mentale.

. Face à ce système de croyance, il faut briser le cercle vicieux de l'enfermement de de l'isolement de la secte. Pour faire reculer les représentations au profit du constat du monde, c'est s'engager vers un savoir inclusif. Les sciences ont cet avantage de la reproductibilité de l'expérimentation, et des méthodes techniques pour influer sur la réalité physique. Et c'est par cela qu'il faut tenter de modifier sa réflexion vers un angle sceptique. « Aucun chercheur ne peut à lui seul travailler et connaître toutes ces disciplines. S'il veut comprendre et aider, il est contraint à la rencontre, ce qui est un grand bonheur. Les praticiens généraliste, médecins, psychologues ou éducateurs ne peuvent échapper à ce partage du savoir. Une telle stratégie de la connaissance provoque parfois des conflits avec ceux qui prétendent à l'hégémonie de leur discipline : « La biologie va tout expliquer affirment certains, tandis que d'autres veulent tous démontré par la sociologie, la psychanalyse ou l'astrologie.

Après quarante années de pratique et de réflexion, je crois au fond de moi qu'aucune théorie ne peut être totalement explicative, sauf celles qui ont une ambition totalitaire. »10 Surtout, c'est par ces moyens complexes qu'il faut tenter de défaire les structures sociales et mentales qui emprisonnent le cerveaux des fidèles sectaires. Cette prison, construite consciemment, s'insinue dans la conscience de la victime.

Cet état rend difficile l'accès à la raison du fidèle. Emprisonné dans son système de représentations, limités dans son accès même à la sensorialité par l'interdit absurde, poussé à ignorer son intérêt, il reste difficile à faire évoluer. Les contradictions, même évidentes, sont pour lui constitutive de son identité de croyant. Le déni du réel est constitutif du regroupement sectaire. De fait, une attaque directe semble peu efficace. Il faut passer par des circonvolutions et des biais. Si l'ignorance est maintenue dans le système sectaire, elle l'est aussi sur les fondement de l'édifice idéologique constitutif de la secte. De fait attaquer directement la croyance est souvent contre productif.

Il reste des moyens indirects. Pour paraphraser Richard Dawkins, il s'agit de croire en (au minimum) un dieu de moins. Le problème d'identifier le dieu reste une question, pour identifier les faiblesses particulières de la croyance. Mais des éléments sont toujours présents. La limitation cognitive est la plus importante. Il faut prendre des biais. Si, de mon avis rarement, le soulèvement des contradictions peut suffire, une attaque de biais semble plus efficace. De fait, ici, je me fie plus à mon intuition et à quelques émission de radios, en particulier avec Gérald Bronner. Ce n'est pas traité des fausses informations sur le contenu directement, mais de montrer dans d'autres cas identiques chez d'autres avant de le ramener sur le parallèle entre les deux sujet.

Le plus dur reste d'éduquer au doute raisonnable et raisonné. « Nous ne pouvons pas, comme les paysans terrifiés de l'antiquité espérer accuser un bouc de tous crimes, pour le chasser ensuite dans le désert. Et il est tout à fait sensé que l'expression courante aujourd'hui de « bouc émissaire » est une connotation négative ? Or, la religion recourt au bouc émissaire à grande échelle. »11 Si l'école devrait toujours viser cet objectif, et il est permis de douter qu'il soit toujours effectif. Et il existe toujours la possibilité de l'échec. Mais cet objectif est celui des sciences, des rationalistes et des sceptiques. Former u scepticisme nécessite une vraie médiatisation importante. La difficulté de cette démarche intellectuelle nécessite un effort. C'est un long processus quoiqu'il arrive, sauf à utiliser les même méthodes dangereuses des sectes. Et de fait cette méthode ne me paraît pas solide à terme. L'éducation reste le seul moyen efficace.

Éduquer et s'éduquer est la seule méthode pour faire évoluer les représentations mentales qui constitue l'individu et la société. Et cela nécessite du temps, un engagement intense, et un volonté à sans cesse recréer le langage, contrairement à toute volonté existant tant dans les régimestotalitaires et dans les religions totalisante. « Avec la plus grande insistance et avec une grande précision dans les moindres détails, Hitler prêche dans son Mein Kamf l'abrutissement des masses et la nécessité de la maintenir dans cet état et les dissuader de toute réflexion. Un des moyens pour y parvient à parvenir est le matraquage idéologique toujours simpliste et identique, ce qui ne doit pas être contredit. »12 C'est une évolution incessante méthodologique dans l'approche des savoirs, des sciences et de la présentation des contenus de l'érudition personnelle et collective. La critique reste essentielle dans cette optique sceptique et matérialiste. Et de fait la seule manière de déconvertir est de ramener le croyant vers le doute.

Pourquoi ne pas conclure ?

Ce titre n'est pas de moi13, mais il correspond au combat sans fin contre les irrationalités de la religion et des croyances. Et que les sciences sont toujours limités par l'humanité de l'humain, de sa temporalité, des limites même de la connaissance individuelle et collective. La recherche des moyens de faire reculer les représentations infondées. Et cela nécessite un engagement des rationalistes et des athées.

Les sectes sont dangereuses, même quand elles sont reconnues en tant que religion. Il y aura toujours des personnes pour abuser de la naïveté, de l'ignorance et de la faiblesse des humains pour l'exploiter pour leurs propres intérêts. A l'instar de Christopher Hitchens dans « the four horsemen », je pense que la religion ne disparaître qu'avec l'annihilation de l'humanité. La lutte sera probablement d'ici là sans fin.

Le cadre laïc français est sensé protéger l'incroyant. Mais un certain nombre de partis politiques ont une relation ambiguë aux religions. Ils s'y opposent ou s'y allient selon des objectifs politiciens à court terme. Les règles sont à la fois fortes en France métropolitaines, à l'exceptions de l'Alsace Moselle. Mais les exceptions existent dans le reste du territoire français, dues au passé, et au présent, colonialiste de la France. Si la religion a droit de cité, c'est dans le respect des autres citoyens, qu'ils croient ou non, de s'exprimer, y compris dans l'espace public. Mais la religion s'est imposée comme un outil d'influence politique.

Le combat athée reste un temps long. L'éducation nécessite un cadre politique, et donc un financement et des actes régulier et médiatiquement visible. Ceci nécessite un vrai engagement, qui doit se faire au delà l'individu, le collectif doit se mettre en place, se lier pour faire face à des pouvoirs théocratiques puissant, à des religions fortement intégrés à une population diverse, issue d'une histoire particulière, avec des pays ou l'éducation n'a pas été, contrairement à un discours idéologique annoncé, transmise. Le combat commence, et il ne peut utilisé la violence, car celle-ci est un cercle vicieux justifié par le religieux.

Fabien Micolod.

1 Boris Cyrulnik/ Sous le signe du lien : une histoire naturelle de l'attachement.- Paris ; Fayard, pluriel.- (1ere éd. Hachette littérature, 1989) p 14

2 Boris Cyrulnik/ Psychothérapie de Dieu.- Paris ; Odile Jacob, 2017 p 140

3 Richard Dawkins/ Pour en finir avec dieu. Trad de l'anglais par Marie-France Desjeux .- Laffont Perrin, Paris, 2008 [Anglais, 2006] p 227

4 Gérald Bronner/ la pensée extrême : comment les hommes ordinaires deviennent des fanatiques.- Paris : PUF, 2016 p 218

5Ibid, p 170-171

6 Hannah Arendt/ Les origines du totalitarisme : Eichmann à Jérusalem,- Paris, Gallimard, 2002.- Quarto P 825

7 Michel Onfray/ Traité d'athéologie : Physique de la métaphysique.- Paris, Grasset : 2005 p 96

8 Bertrand Russell, trad.Philippe-Roger Mantoux/ Science et religion.- Paris, Gallimard ; 1971.- Coll. Essais 125 P 90-

9 Boris Cyrulnik/ Psychothérapie de Dieu op. cit. P 72

10 Boris Cyrulnik/ Les âmes Blessées.- Paris ; Odile Jacob, 2014 (2017).- (documents)

11 Christopher Hitchens, trad. Ana Nessur/ Dieu n'est pas grand ; comment ma religion empoisonne tout.-Paris, Belfond : 2009 (Anglais 2007).- (Pocket 14244) P 289

12 Victor Klemperer/ LTI , la langue du IIIe Reich : Carnet d'un philologue. Paris, Albin Michel, 1997. Première publication allemande 1947, DDR

13 Boris Cyrulnik/ Sous le signe du lien op cit dernier chapitre

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22 avril 2019

Qu'est-ce que le rationalisme ?

Mon but dans ce texte n'est pas d'amener des réponses définitives à vos questions. C'est de tenter de vous amener à vous interroger de façon nouvelle. Si vos voulez des réponses définitives, vous pouvez trouver des gourous qui vous donnera « La » vérité, révélée à lui entre tous, il y en a à tous les coins de rue. Le rationalisme est un scepticisme. Il prône le doute, la suspension du jugement, mais aussi l'acquis du savoirs. Cette conférence tentera de présenter les enjeux du rationalisme, la conscience de son savoir et de son ignorance relative et générale. « Sans nous apercevoir toujours bien, nous sommes enserrés de liens sociaux qui limitent et orientent notre accès à l'information en ce qu'ils nous exercent préférentiellement à ce type d'argumentations, d'idées, de croyances plutôt que d'autres. »1

Je n'ai pas encore réussi à déterminer exactement le moment de l'apparition du terme de rationalisme dans l'histoire des idées. La fin du géocentrisme, l'émergence de nouvelles découvertes scientifiques et de la transformation des techniques de productions des savoirs permettent d'observer plus finement le monde dans un mouvement qui s'est accéléré dès la fin du XIVe siècle. Mais c'est au XVIIIe siècle, dit des lumières, que la science tente de prendre son autonomie. C'est le mouvement encyclopédique dans son désir de rassembler et mettre en perspectives les différentes connaissances prouve que le mouvement s'inscrit dans des évolutions sociétales profondes. Mais il reste limité aux élites à ses débuts de par sa faible accessibilité. Certains penseurs l'annoncent sans en être, le postulat Kant, d'autres, plus tard ,ont franchit le rubicond rationaliste, l'hypothèse Laplace. Pour mémoire, Kant postule l'existence de Dieu, et Laplace considère que c'est une hypothèse qui peut être laissée de coté.

Le rationalisme est athée. les deux termes méritent attention. Le rationalisme se base sur la mesure, le ratio, des éléments matériels, la physique du monde dans lequel nous évoluons. Il s'oppose à un idéalisme métaphysique basée sur la pure représentation sociale ou intellectuelle. C'est en cela qu'il est athée. Il fait donc face à des représentations issues du simple récit. C'est une tentative de questionner le réel. Les réponses au niveau individuel, voir celle de l'intelligence collective, sont en partiales et partielles, elles se fondent sur les limites d'un organisme vivant communiquant. Elle est ardue, complexe, mais aussi connaît ses propres limites individuelles et collectives, comme toute pensée humaine. « C'est ainsi que lorsque une spécialité est coupée des autres, les scientifiques ont tendance à penser que leur découverte est totalement explicative. » 2 C'est un comportement de l'esprit basée sur un doute raisonnable et raisonné. Le rationalisme, comprenant que le dogme religieux limite la recherche scientifique, philosophique, éthique et personnelle au nom des croyances qu’il implique, combat les religions, et donc tend vers l'athéisme. Cette limite à la curiosité et à la spéculation fondée sur les faits rend un débat sain impossible de se développer entre les deux personnes ou instances. Si les sciences contiennent leurs propres risques, elle explique le fonctionnement de l'environnement physique de l'univers ou l'homme évolue. Cela permet à la collectivité une décision éclairé par la compréhension des mécanisme du réel. Le rationalisme se base sur la science, qui développe des techniques pour mieux observer et expliquer le réel.

Les sciences ont permis de rechercher les faits, de tenter d'en donner une explication fondées sur l'observation, par l'expérimentation et l'accumulation des observations par des outils de plus en plus précis permet de mieux appréhender la nature du réel. C'est collecter, collationner et mettre en perspective les faits. C'est un méthode qui a pour but de tenter le réel physique tel qu'il est. Mais toute action humaine est limitée par les représentations qu'elle porte, et par la société ou elle se développe. C'est donc aussi la conscience de la limite de la connaissance. Ce sont des outils par lesquel il est possible de mettre en perspective tant ses représentations que ses actions. C'est un début de questionnement, et non une réponse définitive.

Prendre conscience de cela, c'est prendre conscience que sans une action décisive dans la gestion commune de la planète pour que le patrimoine commun de l'humanité. Je sais bien que la sauvegarde du patrimoine génétique humain est pas un projet à long terme, même si les urgences s'accumulent. Mais l'être humain a acquis une compréhension de l'univers qui lui fait prendre conscience de sa finitude, il peut, par l'accomplissement de sa vie individuelle, apporter une modeste aide à ceux qui l'entourent pour que l'humanité,avec tous ses défauts, se perpétuent. « La partie la plus importante de la notion de « conscience » concerne ce que nous devrons par introspections. Non seulement nous réagissons envers les faits extérieurs, mais nous savons que nous que nous réagissons. La pierre, croyons nous, ne sais pas qu'elle réagit ; mais, si elle le fait, elle est « consciente ». Ici aussi, l'analyse montre qu'il ne s'agit de différence de degré. Le fait de savoir que nous voyons quelque chose, puis si l'on se dit qu'on vient de la voir, à moins qu'il ne s'agisse d'un souvenir. Si l'on voit quelque chose, puis que l'on se dit qu'on vient de la voir, cette réflexion, qui paraît introspective, est en réalité un souvenir immédiat. On dira que la mémoire est une chose «  mentale », mais c'est contestable. La mémoire est un forme d’habitude, et l'habitude est une caractéristique du tissus nerveux, bien qu'elle puisse exister ailleurs, par exemple dans un rouleau de papier qui s'enroule de nouveau une fois déroulé. Je ne prétends pas que qui précède soit une analyse complète de ce que nous appelons de façon vague « la conscience », la question est vaste, et exigerait un volume entier. Je veux seulement indiquer que ce qui paraît à première vue une notion précise est en réalité tout le contraire, et que la psychologie scientifique a besoin d'un vocabulaire différent. »3

Qu'est ce que le rationalisme ?

Dans le sens ou il est une activité qui développe l'esprit, c'est une spiritualité. S'il apporte des réponse par l'outil scientifique, ces réponses ne sont pas des réponses finales, mais des réponses initiales. Elles servent à développer un nouveau questionnement. Ma définition du rationalisme la plus simple est que c'est un doute raisonnable et raisonné. Ce n'est pas la remise en cause de l’acquis, c'est un approfondissement de la connaissance par une problématique sans cesse renouvelée. Les réponses apportent souvent encore plus de questions. « Or la philosophie sur des principes simples et des déductions produites sur le modèle mathématique. En disciple de Maupertuis, Bentham recourt au modèle scientifique pour construire son éthique : en matière de discours de la méthode, il revendique l'expérimentation, l'observation, la déduction de règles et de lois, la construction d'une démonstration, et l'obtention d'un résultat digne de se présenter comme une vérité établie, et non comme une vérité révélé. Autrement dit, des fondations scientifiques pour la morale et non des fondations théologiques. »4

Malgré les fantastiques capacités de cet outil computationnelle cogitant, le cerveau, aucun individu ne peut intégrer la totalité du réel. Et même une organisation humaine réfléchie reste, à mon avis, insuffisante pour y arriver. Le rationalisme est un outil pour réfléchir, un objectif vers lequel tendre, et un précepte pour commencer à prendre en main son évolution. Il permet d'évaluer une affirmation par le recoupement d'information et est un instrument de décision par la compréhension des conséquences.

Les limites du rationalisme sont humaines. Tous scientifique, tous être humain naît à une période et dans une société donnée, dans son milieu familial, social et économique, qui lui donnent probablement plus de règles implicites qu'explicites. La langue semble définir des schémas d'interprétation par sa structuration. La structure sociale ou il évolue permet autant de développer un esprit critique qu'il le limite dans sa critique.

Le poids des mots est essentiel dans le rationalisme. Les systèmes physiques se traduisent dans la compréhension humaine par des motifs informationnels. Dans le langage humain,cela ce traduit par les tenues posturale et la capacité orale. L'écrit, sous toutes ces formes, à apporter un prolongement à sa mémoire, et la possibilité d'échanger sur de plus grandes distance. Le retour d'expérience que les informations disponibles apportent peuvent être prise en compte.. L'objectif est bien sûr d'éviter de les recommencer. L'humain, cet animal grégaire et social, à un fonctionnement biologique et social qui est influencer par son environnement et du fonctionnement de sa corporalité. Les mots ne sont que des sons, les postures que des attitudes sociales. Leurs significations sont toujours à définir avec attention.

Pourquoi être rationaliste ?

Le rationalisme ne vise pas la création d'un être parfaitement rationnel, pour la plupart de ses pratiquants. « L'objet observé, l'objet scientifique n'est jamais neutre fantasmatiquement. Dès qu'elles sont perçues, les choses prennent sens , dans la fulgurance de notre compréhension. »5 Il affirme que l'éducation et la mise en question du réel peuvent permettre de répondre aux défis de la compréhension de l'écosystème ou il évolue. Le rationalisme se sert de la science comme base à sa réflexion, ce qui ne protège pas de préconception de l'individu rationaliste. Elle doit être la conscience de la limite de l'individu face à un univers complexe. C'est un juste équilibre entre le ressenti et une expression qui représente le réel. L'humain est un animal social, grégaire et communicants

Être rationaliste c'est prendre les faits pour les analyser à posteriori. La coopération, l'observation, l'apport de chaque expérience individuelle et collective, chaque événement peut devenir source de connaissance de savoir. L'observation, la collecte des faits est toujours une opération sensible. « Ce n'est pas que les idées soient fausses. Simplement, elles sont simples. Or, je ne connais pas de problèmes complexes qui, lorsque la question est posée clairement, ne deviennent encore plus complexes. » 6 Le présent est un concept qui n'existe pas vraiment en physique quantique, voire encore moins en astrophysique. Même humainement, le concept est fuyant comme l'écoulement du temps. Il n'en reste pas moins que c'est le seul médium par lequel agir, le temps développé dans l'espace.

« Comprendre, toutefois, ne signifie pas nier ce qui est révoltant et ne consiste pas à déduire à partir de précédent à ce qui est sans précédent : ce n'est pas expliquer des phénomènes par des analogies et des généralités celle que le choc de la réalité s'en trouve supprimé.. Cela veut plutôt dire un examen et porter en toute conscience le fardeau que les événements nous ont imposés, sans nier leur existence ni accepter passivement leur poids comme si tout ce qui est arrivé devait fatalement arriver. Comprendre, en un mot, consiste à regarder la réalité en face avec attention, sans idée préconçue, et à lui résister quelque soit ou est pu être cette réalité. »7

Le rationaliste a conscience des limites de la science. « Cela arrive. J'ai déjà raconté l'histoire d'un brillant professeur émérite du département de zoologie d'Oxford quand j'étais étudiant. Pendant des années, il avait passionnément cru et enseigné que l'appareil de Golgi (un trait microscopique de l'intérieur des cellules) n'existait pas, que c'était un artefact, une illusion. Tous les lundis après-midi, c'était coutume dans le département d'écouter un exposé de recherche d'un conférencier de passage. Un Lundi, le conférencier était un biologiste cellulaire qui a présenté la preuve tout à fait convaincante que l'appareil de Golgi existait bien. A la fin de sa prestation, le vieil homme s'est dirigé à grand pas à l'avant de la salle, il a serré la man de l'Américain : « Mon cher ami, je veux vous remercier. Je m'étais complètement trompé pendant quinze ans. » Nous avons applaudi à tout rompre. Aucun fondamentaliste ne dirait jamais cela. »8 Les conséquences de la technique existent et sont parfois plus destructrices que la problématique qu'elle tente de résoudre. Si les acquis de la médecine et de la pharmacologie ont permis tant le prolongement de l'espérance de vie que de la limitation de la propagation des maladies, le développement des pays scientifiques se sont faits au détriment d'autres contrées et de populations maintenues dans une domination politique et économique. « Mais si, comme nous venons de la voir, la théologie essaie encore d'intervenir en médecine, dans les cas qui sont censés mettre en jeu des questions morales, la lutte pour l'indépendance scientifique de la médecine a été victorieuse sur presque toute la ligne. Personne ne pense plus qu'il soit impie d'éviter la peste et les épidémies et l'hygiène ; et, si certain soutiennent encore que les maladies sont envoyés par dieu, ils n'en déduisent pas qu'il soit impie de vouloir s'y soustraire. L'amélioration de la santé et l'accroissement de la longévité qui en ont résulté sont parmi les faits les plus remarquables et les plus dignes d'admiration de notre époque. Même si la science n'avait rien fait d'autre pour le bonheur des hommes, elle mériterait notre reconnaissance à cet égard. Il serait difficile à ceux qui croient à l'utilité des credos théologiques de mettre en avant un seul avantage comparable conféré par ceux-ci à l'espèce humaine. »9 Les destructions de l'environnement et la corruption des gouvernements engendrent des dépendances et des retards de développement. Et aujourd'hui, le réchauffement climatique et la crise majeure de la biodiversité causées par le développement d'industries polluantes pose la question de la continuité de l'humanité.

Par ses acquis de connaissances, l'humain à peut-être une chance de survivre s'il se met à coopérer, à échanger les expériences favorisant la biodiversité, le respect du seul vaisseau interstellaire dont nous disposons, la Terre. La seule grille politique valable, c'est celle qui permet d'assurer la continuité de l'espèce humaine. La question de la prévoyance ne peut s'envisager sans la conscience des conséquences, qui doit être l'objet du questionnement, en tenant compte du réel qui s'impose. La science et le rationalisme sont des bases indispensables pour envisager une continuité de notre histoire commune.

Comment le rationalisme ?

Vivre est essentiel. Le corps qui appréhende ce monde est une fenêtre bien fragile et modeste pour avoir prétention de comprendre la totalité des mécanismes individuellement, et probablement même collectivement. Le savoir progresse dans la coopération, la mutualisation du savoir, la comparaison des observations, les échanges, mais aussi dans la confrontation et l'erreur. « La manière dont la science parvient à ses convictions est entièrement différente de la théologie médiévale. L'expérience a montré qu'il était dangereux de partir de principes généraux et de procéder par déduction, d'abord parce que les principes peuvent être faux, ensuite parce que le raisonnement basé sur ces principes peut être erroné. La science part, non d'hypothèses générales, mais de faits particuliers, découverts par observation ou par expérimentation. A partir d'un certain nombre de ces faits en question sont des cas particuliers. Cette réglé n'est pas positivement affirmée, mais acceptée pour commencer comme hypothèse de travail. Si elle est correcte, certains phénomènes non encore observés doivent se produire dans certaines circonstances. Si l'on constate qu'il se produisent effectivement cela contribue à confirmer l'hypothèse ; sinon il faut la rejeter. Quel que soit le nombre des faits qui confirme l'hypothèse, cela ne rend pas certains, bien qu'on puisse finir par la considérer comme hautement probable : dans ce cas, on l'appelle « théorie » et non une « hypothèse ». Un certain nombre de théories différentes, reposant chacune sur des faits, peuvent servir de base à une hypothèse nouvelle et plus générale, dont, si elle est vraie, elles dérivent toutes ; et aucune limite ne peut être fixée sur le processus de cette généralisation. Mais si pour la pensée médiévale, les principes les plus généraux étaient le point de départ, pour la science, il constituent un aboutissement provisoire, tout en payant devenir plus tard des cas particuliers d'une loi plus générale encore. » 10 L'humain, cet hominidé apparu lors de l'évolution animal sur cette planète appelée Terre, autour d'une étoile appelé soleil, dans une galaxie appelée Voie lactée ne peut avoir la prétention de comprendre cette totalité, qui continue à évoluer. ''11

Le rationalisme est un questionnement sur la façon d'exercer un doute raisonnable et raisonné. « [A propos du livre « le système de la nature. »] Proposition de base : il n'y a que la nature, rien n'existe en dehors d'elle, et celle-ci est matérielle. Exit, dès lors, , toute possibilité surnaturelle d'un au-delà de la nature. D'Holbach ne reprends pas l'atomisme mécanique épicurien, nul clinamen chez lui, pas de théorie des agencements de particules , mais une qualité énergétique:la matière tient son mouvement d'elle-même, son tropisme naturel consiste à persévérer dans son être, le philosophe recourt au concept de « nisus » »'12 La connaissance ne peut englober la totalité dès l'instant que l'individu ressent, et cette tentative d'analyse peut, sans diversités des observations, peut être biaisée. Le dialogue incessant du corps et des interactions réel qu'il subit du monde réel influe sur la pensée y compris la plus scientifique , sur le ressenti sur l'émotion. Le contexte engendrent des conséquences sur le corps, et l'esprit en est affecté dans sa matérialité, le cerveau en centre de commandement, mais comme partie intégrée au corps,l'individu lié à la collectivité.

L'épistémologie est la science des sciences. C'est une méthode pour fixer la méthode de réflexion. Elle a pour but de mener une réflexion récursive fondée sur les faits. Mais la définition même du fait est sujet de questionnement, tant elle est complexe. Qu'est-ce qu'une observation, qu'est-ce qu'un fait constaté ? Le retour sur expérience, la collation et l'analyse des faits, le partage et la discussion sur les résultats sont des éléments nécessaires à fonder la réflexion, mais il ne faut pas oublier les faiblesses,les erreurs, les mésinterprétation et autres éléments qui font tant le sel de la vie que sa dureté.

Le rationalisme entraîne, de par sa complexité, une exigence de savoir. L'auto-éducation en est une base. Ceci nécessite une remise en question continuelle, qui devrait prendre la totalité des expériences. Cela est bien sûr impossible. C'est une possibilité de conscientisation du changement continu des circonstances physiques du monde tel qu'il est. Et aide à accepter ses erreurs et celles des autres. La science évolue avec les changements techniques et les apports des connaissances.

En Conclusion

Pour paraphraser le dernier paragraphe de Boris Cyrulnik dans « Sous le signe du lien », j'espère qu'avant ce texte vous aviez les idées claires. J'espère que maintenant elle sont brumeuses, car il faut douter, croyez moi. Cette phrase résume bien la pensée et le but de mon propos. Le doute est nécessaire, mais le fondement biologique et donc animal a besoin de fondations stables. Éduquer et s'éduquer, arriver à évoluer avec ceux qui nous donnent une affection sécure, tels sont les buts d'un rationalisme raisonnable et raisonné. Ainsi, le rationalisme personnel et collectif évolue avec la connaissance.

Tout rationalisme doit pouvoir se remettre en cause, et donc nécessite l'écoute, la culture et le connaissance. C'est aussi la possibilité de mettre en perspective ses propres représentations, le contraire même de la croyance obtuse. Et cela nécessite de lutter contre les religions, qui sont des mécanismes sociaux de domination par l'ignorance. « Une idéologie est très littéralement de que son nom indique : elle est la logique d'une idée. Son objet est l'histoire, à quoi « l'idée » est appliquée, le résultat de cette application n'est pas un ensemble d’énoncés sur quelque chose qui est, mais le déploiement d'un processus perpétuellement changeant. L'idéologie traite l’enchaînement des événements comme s'ils obéissaient à la même « loi » que l'exposition logique de son « idée ». Les idéologies prétendent connaître les mystères du processus historique tout entier, les secrets du passé, les dédales du présent, les incertitudes de l'avenir- c'est à cause de la logique inhérente à leurs idées respectives. »13 Et en attendant de trouver de nouvelles questions, la recherche tant personnelle que collective pour évoluer vers une société plus inclusive par les science pourra, je l'espère, compter sur votre participation.

1 Gérald Bronner/ la pensée extrême : comment les hommes ordinaires deviennent des fanatiques.- Paris : PUF, 2016 P 218

2 Boris Cyrulnik/ Les âmes Blessées.- Paris ; Odile Jacob, 2014 (2017).- (documents) p 228

3 Bertrand Russell, trad.Philippe-Roger Mantoux/ Science et religion.- Paris, Gallimard ; 1971.- Coll. Essais 125 ISBN978-2—07032517-7 pp 98-99

4 Michel Onfray : contre histoire de la philosophie t5 : L'eudémonisme social.- Paris,Grasset : 2005 p 87

5 Boris Cyrulnik/ Sous le signe du lien : une histoire naturelle de l'attachement.- Paris. ; Fayard, pluriel.- (1ere éd. Hachette littérature, 1989) p 17

6 Boris Cyrulnik/ Sous le signe du lien : une histoire naturelle de l'attachement.- Paris. ; Fayard, pluriel.- (1ere éd. Hachette littérature, 1989) p 191

7 Hannah Arendt/ Les origines du totalitarisme : Eichmann à Jérusalem,- Paris, Gallimard, 2002.- Quarto p 181

8 Richard Dawkins/ Pour en finir avec dieu. Trad de l'anglais par Marie-France Desjeux .- Laffont Perrin, Paris, 2008 [Anglais, 2006] p 414

9 Bertrand Russell, trad.Philippe-Roger Mantoux/ Science et religion.- Paris, Gallimard ; 1971.- Coll. Essais p 81

10 Bertrand Russell, trad.Philippe-Roger Mantoux/ Science et religion.- Paris, Gallimard ; 1971.- Coll. Essais p 10-11

11 Richard Dawkins/ Pour en finir avec dieu. Trad de l'anglais par Marie-France Desjeux .- Laffont Perrin, Paris, 2008 [Anglais, 2006] p 25

12 Michel Onfray/ Les Ultras des lumières : contre histoire de la philosophie (t4).- Paris, Grasset, 2007.- Coll. Biblio essais. P 243

13 Hannah Arendt/ Les origines du totalitarisme : Eichmann à Jérusalem,- Paris, Gallimard, 2002.- Quarto p 824

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