Le petit rationaliste

04 mai 2021

Scepticismes et rationalismes, définitions.

Scepticismes et rationalismes, définitions.

Le premier penseur sceptique grec, Pyrrhon d’Elis est quasiment un personnage légendaire. Qu’il est existé ou non, son école laisse des outils de penser. Pour lui, il est impossible d’accéder à la connaissance. Tout jugement ou toute pensée définitive n’est qu’un jugement et s’abstenir de juger semble interdire toute progression. Cette doctrine philosophique va évoluer peu à peu. C’est par son intégration dans l’empire romain avec le philosophe Sextus Empiricus prend une tournure plus subtile. Elle envisage qu’un savoir basée sur la réflexion issu du constat des faits tels qu’ils s’imposent. Et elle met au premier plan que chacun de nous à ses propres ignorances. Si le scepticisme n’est pas le rationalisme, il en est une base nécessaire.

Le scepticisme, comme toutes les philosophie antiques, a été combattu par le christianisme. Cette philosophie basée sur l’observation, la réflexion et le doute va presque disparaître. Pourtant, cette pensée va se transmettre, peut-être parce qu’étonnamment une partie des textes sceptiques sont passés par les scriptoria monastiques. Dans un sens, même, le scepticisme va revenir par l’intermédiaire de prêtres au XIIIe siècle. On peut citer les noms de Roger Bacon ou de Guillaume d’Ockham. Bien sûr, ces penseurs développant des pensées contradictoires furent déclarer hérétique par l’église institutionnelle.

C’est probablement avec Nicolas Copernic et sa révolution de l’héliocentrisme que la question de la problématique de l’observation des faits face aux révélations religieuses va commencer à se poser avec plus de force. Le retour en force de l’inquisition va ralentir fortement la pénétration de cette idée. Galilée nie son matérialisme et survie dans une prison dorée et Giordano Bruno refusant est condamné à mort au XVIIe siècle. Mais certains philosophes commencent à penser à côté de la religion, sans forcément s’y opposer frontalement. René Descartes permet ce saut vers le rationalisme en proposant un cadre de pensée d’une première épistémologie, même s’il reste fidèle au religieux.

C’est au XVIIIe siècle que le scepticisme accouche du rationalisme. Les deux courants se côtoient, se confondent souvent tout en ayant des différences mineures. Disons que le scepticisme se veut plus philosophique et le rationalisme plus basé sur les sciences et un certain pragmatisme. La démarche scientifique est une démarche humaine. Elle a donc ses propres limites. Le pragmatisme et le scientisme affiché peut être dirigé par une idéologie de la période, des institutions et des individus qu’ils la font. Même un rationaliste à ses opinions et à une orientation politique.

Le rationalisme est lié avec l’encyclopédisme. Il se lie avec ce besoin de mesurer le monde. C’est d’ailleurs de la que vient son étymologie, le mot latin ratio. Les premiers rationalistes au sens moderne se situe dans la perspective de mieux connaître le monde et cela passe souvent avec une mise en cause radicale de la religion. Les noms de Denis Diderot et de Paul Thiry d’Holbach viennent à l’esprit. L’Encyclopédie porte en germe la séparation du religieux et du scientifique. Mais c’est avec la révolution de la découverte de l’évolution des espèces de Charles Darwin et Alfred Wallace qui imposera définitivement le débat sur l’ineptie des religions en occident.

Mais c’est définitivement à la fin du XIXe siècle que le scepticisme rationnel devient mature. De grands penseurs, tel Karl Popper mènent l’épistémologie à maturité. La science ne peut pour lui être que comme un objet critiquable et ré-interprétable au vu des connaissances et observations nouvelles. Si la rationalisme tend à s’imposer, ce n’est pas sans réactions des religions institués. La résistance et les biais cognitifs compris par les sciences ralentissent encore la compréhension des faits tels qu’ils sont observés. Ils sont aussi contredit par les religieux qui comprennent bien le danger de discours qui contredisent souvent assez fondamentalement leur textes sacrés.

Cette présentation n’a ni l’objectif, ni la prétention d’être complète, mais bien de montrer le scepticisme et le rationalisme tel que je les comprends et tel que je tente de les pratiquer. Les éléments que je donne sont autant de pistes à creuser. Pour moi, le scepticisme et le rationalisme sont plus des philosophies qui me pousse à poser et qu’à me donner des questions définitives. Si vous cherchez des vérités définitives, trouvez vous un gourou.

J’espère pour ma part savoir écouter la critique construite.

Le 04/05/2021.

Fabien Micolod


29 avril 2021

Présentation: "Dieu ne sert plus à rien" de Richard Dawkins.

Dieu ne sert à rien : lettre ouverte aux nouvelles générations sur la religion et la science./ Richard Dawkins- Paris, H&O,2020

Collection H&O science.

ISBN 9-782845-4734447

 

Richard Dawkins (1941-….) est un évolutionniste connu pour son engagement athée. Ses ouvrages les plus célèbres sont « Le gène égoïste » et « Pour en finir avec Dieu ». Il est le fondateur de la Richard Dawkins foundation for reason and science. Il y milite pour l’athéisme, le savoir scientifique et sa vulgarisation et la lutte contre les dérives religieuses. Dans son nouvel ouvrage, « Dieu ne sert à rien » il prolonge son discours athée. Là ou « pour en finir avec Dieu » est un livre de combat, cet opus se veux une œuvre plus pédagogique.

Sa première question est celle du dieu unique. Il souligne que la question des dieux a varié selon les lieux et au court des temps et qu’il y a bien plus de dieux qui ont disparu que de dieux qui sont encore aujourd’hui. Il s’attaque sur la réalité relative aux dieux. Et ces vérités sont bien malmenés quand il commence à les étudier avec une méthode qu’il décrit. Il décrit ensuite la naissance des mythes à partir des exemples nés au XXe siècles.

Il s’attaque ensuite à la Bible. Il pose la question de la sainteté de la bible. Et au vu des descriptions cette sainteté est criminel. Les description des excès de haine du dieu de l’ancien testament sont nombreux et Dawkins en dénonce l’horreur. Le dieu aussi du nouveau testament commet des éléments de langage critiqués. Et c’est donc logiquement qu’il pose la question du besoin d’un Dieu pour développer un sens moral. Les athées ont plus que souvent montré leur engagement auprès de causes importantes. Après avoir dégagé le besoin moral d’un dieu, il montre le processus évolutionniste qui nous donne ce sens, ainsi que les évènements individuels et collectifs qui permettent un progrès et des changements.

Il pose ensuite la question des origines du vivant. Là encore il souligne que la soit-disant perfection du vivant se construit. C’est un processus biologique et physique qui engendre la beauté. L’adaptation lente aux pressions environnementales est plus élégantes et plus claires qu’un monde donné tel quel La physique des cristaux est expliquée et son intervention dans la structure des ADN et ARN ait du à une rétroaction du vivant et de son environnement. La question de l’empathie (la gentillesse) et de la religion comme mécanisme évolutif se pose et si il en souligne le mécanisme, il en souligne le dépassement par la méthode scientifique.

Le dernier chapitre souligne l’élégance des sciences et du courage nécessaire de se lancer dans une réflexion rationnelle. Tant retour sur sa propre expérience, retour sur le passé des sciences, il permet d’avoir en quelques pages un aperçu des raisons qui ont mené Richard Dawkins à son athéisme et son scientisme militant.

Un livre comme je l’ai dit à vocation pédagogique, d’un homme dont l’âge lui fait prendre conscience de faire passer son message optimiste aux générations futures. Une élégance et une douceur certaine, un désir d’édification et de transmission rendent ce livre plus adapté pour un non-convaincu que « Pour en finir avec Dieu » pour introduire à la pensée athée une personne qui ne connaît pas la pensée athées. Je conseille ce beau livre à offrir à un large public.

Le 29 Avril 2021.

Fabien Micolod

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27 avril 2021

Les combats nécessaires de l’athéisme.

Si l’athéisme a un sens, c’est dans son désir de s’affirmer comme une force différente des religions. L’athéisme se situe dans la continuité du matérialisme dont on retrouve des traces des l’antiquité grecque avec l’atomisme, le matérialisme, le scepticisme et indienne avec le chârvâka.. Par son premier texte publié, le « testament » appelé aussi « mémoires » de Jean Meslier, prêtre de son état, l’athéisme militant provient à la de la contestation du régime semi-théocratique du XVIIe siècle, ainsi que de ses liens des religieux avec le régime séculier. Et surtout, il dénonce le rôle contradictoire d’une église qui se dit du coté des pauvres et favorise les puissants. Son combat lui vaudra d’être plusieurs fois recadré par la hiérarchie ecclésiastique. Il vécut avec une femme. En fait, son magistère de curé fut plus basé sur la proximité d’un homme avec la misère que celui de la défense du consensus social.

Ce premier athée place l’athéisme sous le signe du combat. Même si son ouvrage n’est publié qu’après sa mort, parce que les risques physiques existaient, tant pour sa liberté que sa vie, ce texte va être découvert par toute l’Europe. Si Voltaire aide à sa diffusion ce n’est pas sans lui avoir enlever une partie de sa charge. Le combat se situe au devant du pouvoir théocratique. S’il est une critique dans cet ouvrage, c’est la contradiction entre une pauvreté annoncée et une richesse de l’église institutionnelle. C’est aussi le constat d’une église proche des puissants par rapport à une humilité de façade.

Il souligne aussi les contradictions dans le texte biblique. Il est le premier à montré le manque de cohérence dans le texte. De son petit coin, loin des intellectuels médiatiques de l’époque, il démonte le mécanisme d’une religion qui mène un double discours. Ces origines vont se propager dans tous les combats athées. On peut les retrouver aujourd’hui. Il s’en rajoutera un. C’est le combat des sciences face aux vérités révélées. Le premier à mener ce combat est probablement le baron et chimiste de son état Paul-Henri Thiry d’Hoblach, auteur d’ouvrages de déconstruction de la religion chrétienne. Cette lutte dure encore aujourd’hui. Je parlerais du cas spécifique de la France, tout en a m’inspirant du monde anglo-saxon.

Le système juridique français se base sur la notion juridique de laïcité qui doit séparer le phénomène religieux de celui politique républicain. Aujourd’hui face à une religion nouvelle pour son territoire, l’islam, elle connaît des difficultés d’adaptations. C’est dû à plusieurs facteurs. Mais pour moi, les liens commerciaux avec des pays exportant des islams intégristes comme le Qatar et l’Arabie Saoudite sont centraux dans cette pénétration en France. Et parmi les religions, l’islam a une forte prétention à la prééminence du droit religieux sur le droit commun.

Mais c’est loin d’être le seul problème. La dernière loi éthique votée en France a commencé par l’accueil d’association catholiques dures, juives et d’associations musulmanes en première intention. La proximité du Président de la République avec des courants catholiques par le biais de sa femme pose le problème de son influence sur ce choix. Le confinement et l’absence des relations sociales habituelles ont favorisée la pénétration de discours sectaires ou para-sectaires. Ces groupes ont toujours leurs agenda, qu’il soit d’influence, politique ou financier.

C’est l’un des principaux combats athées. Refuser et s’opposer au pouvoir théocratique religieux, face à une soumission imposée au nom d’un clergé toujours prêt à se lever, l’athée affirme sa liberté de dire et de penser hors du carcan religieux. C’est une possibilité d’accepter les comportements différents du temps qu’ils ne soient pas déviants. C’en est une autre de laisser au nom d’une croyance avoir des comportements dangereux pur les autres. La soumission intellectuelle aux prêtres du mouvement religieux est centrale.

Les réseaux sociaux sont devenus un vecteur majeur des mouvements religieux et sectaires. Et les différents confinements ont été autant d’occasion pour profiter de l’isolement et de la perte de repères des individus. Le passage du président des USA Donald Trump a aussi donné un écho médiatique majeur aux fausses nouvelles et aux discours mensongers. L’alliance entre cet homme et des courants religieux conservateurs pour ne pas dire ultras peut paraître contradictoire au vu des comportements personnels de Mr Trump. Mais pour des raisons de pouvoirs politiques, d’influences et de proximités idéologiques, le soutien est réel. La nomination de Steve Bannon au poste conseiller stratégique auprès du président annonce la multiplication des mensonges et d’une proximité idéologique avec une des extrêmes droites américaines. Ce vecteur de désinformation international entraîne une dissonance cognitive majeure qui favorise l’adhésion à des théories farfelues dont les sectes peuvent s’emparer.

La lutte contre les mythologies est un aspect essentiel de l’athéisme militant. Cela nécessite une attention particulière . Car l’opposition et l’affirmation reste une méthode peu efficace. La seule méthode qu semble efficace est celle de l’entretien épistémique, ainsi que la coopération entre athées. Attendre la période de doute sur les contradictions interne de la doctrine ou celles externes entre les affirmations péremptoires du mouvement et la réalité. Le lien avec une politique réglementaire est probablement nécessaire pour définir les relations entre politique et religion. En France, la séparation des églises et de l’État est censément la base de relation entre le politique et le religieux.

Que ce soit par les religions historiques et présentent ou par de nouveaux arrivants, les communautés religieuses ont toujours su faire entendre leur poids électoral à tous les partis politiques de quelques bords qu’ils soient. La réaction intellectuelle et l’action politique sont nécessaires pour les athées. Ce combat politique est probablement l’un des plus importants ; garantir la liberté d’expression et de position face aux exigences passéistes et inconditionnelles des régions. Ce qui m’amène au dernier point, les religions face aux évolutions scientifiques et sociétales.

Les religions ont peur des femmes et des scientifiques. Les femmes ont toujours été considéré par les mouvements religieux comme des humains de secondes zones. La sexualité a toujours été un objet de censure et de contrôle religieux. Le rôle reproductif de la femme est centrale, particulièrement dans les religions abrahamiques. C’est dû à la vocation divine des soit-disant révélations des livres auxquels ces religions se rapportent pour justifier leur action. Toute vérité. Et si le sexe peut-être censément interdits aux prêtres dans certaines religions, les sexualités non reproductives n’ont pas droit de cités. Alors qu’elles ont existé de tout temps et dans toutes les sociétés, ce que ne peut que constaté l’incroyant.

Enfin ,cette origine soit-disant divine s’est toujours opposée aux découvertes scientifiques. Les représentations mythologiques des religions étant celle du dieu ou des dieux qu’elles vénèrent, elles ne peuvent pas être fausses de leur point de vue. Mais elles sont souvent basées sur la souffrance, la privation et sont souvent contradictions avec la santé, les connaissances scientifiques et l’observation rationnelle. Cela peut même être nuisible au bien-être et à la santé de l’individu qui les appliquent. Ces prisons mentales peuvent être à l’origine de dégâts graves sur soi et pire sur les autres. Le système scientifique tend à avoir pour but l’éducation et l’apprentissage. S’il refuse le discours religieux, c’est bel et bien parce que celui-ci donne des explications faussées du réel. Et c’est un combat athée parce que le réel du monde s’oppose au relativisme religieux mythologique.

Pour résumer, les combats athées peuvent se résumer ainsi. Face aux religions, leurs débordements et leurs désirs de théocratie, seule l’affirmation d’une liberté détachée d’une vérité révélée pouvait accepter les réalités des faits sociaux et scientifiques. Agir politiquement en s’associant pour faire valoir les droits à ne pas croire nécessite un système politique qui garantisse son droit à s’exprimer sans être insulté ni menacé. En dernier lieu, il se doit, pas tant pour les autres que pour lui-même, de diffuser un message ou son athéisme, même fondé intellectuellement, n’est pas une vérité absolue. Lui-même est issue d’une histoire individuelle et collective. Si la déconversion des religions reste un objectif possible, c’est surtout la lutte contre les comportements nuisibles aux personnes qui sont les plus importants. Je connais des gens pratiquants en France dont le comportement tant personnels que collectifs dans au moins deux grandes religions reste parfaitement compatible avec la religion. Si certains de leurs comportement personnels me choquent, les agresser ne sert à rien. Le respect à ses limites ce qui n’empêche nullement le respect d’une éthique.

En attendant, je m’aperçois que cette lutte au niveau individuel reste peu efficiente. Le lien et l’action collective est plus efficace. Si certains veulent critiquer, ajouter ou amener un éclairage sur ma manière de voir, si cela est présenté de manière argumentée, je reste prêt à m’engager sur des projets concrets pour promouvoir une parole athées militante. 

Le 26 Avril 2021.

Fabien Micolod

30 mars 2021

Qu’est-ce que l’athéisme ?

L’athéisme, c’est vivre sans aucun des millions de dieux qui ont existé ou existent. Ce n’est jamais, pour paraphraser Richard Dawkins, que vivre avec un dieu de moins que les monothéiste. C’est surtout se placer dans une optique ou le religieux ne dicte pas vos actes. La seule morale qui vous dirige à ce moment-là est celle que vous vous construisez. Ce n’est pas renié ces attachements personnels et culturels, c’est évolué vers une pensée autonome. Elle reste bien sûr liée à la culture et à l’éducation reçues, y compris si celles-ci ont des fondements religieux. Mais cette manière d’envisager le monde est une évolution du ressenti et de la manière d’envisager le monde. Il ne nous est pas donné, il est le lieu où est possible de construire une vie qui soit honorable.

L’athéisme apparaît dans les écrits relayés avec le « testament » de Jules Meslier, au début du XVIIIe siècle. Il apparaît après les guerres de religions qui ont ensanglanté la France et au moment où Louis XIV cherche une nouvelle fois à imposer le catholicisme par la force. Et il apparaît chez un curé proche du peuple qui subit l’oppression des seigneurs. À son origine et chez la plupart des athées, l’athéisme se veut un combat pour plus de justice et de s’opposer aux puissants. Que cette justice concerne le droit de penser, le droit de critiquer ou le droit de mieux vivre, l’athéisme prend le plus souvent le parti du faible contre le dominant.

Le changement entre la croyance et l’incroyance se fait souvent dans des périodes de doute. Et c’est probablement l’une des origines des athéismes. Ce doute peut arriver dans le sens inverse, penser que l’absence de dieu est inenvisageable peut arriver aux athées. Mais ceux qui ont crû et ont douté retournent rarement à la croyance. La croyance oblitère une partie du jugement. Au nom de la croyance de la vérité révélée, l’aveuglement aux arguments contredisant le dogme sont ignorés. C’est cette domination psychologique qui est dangereuse. L’enfermement dans un dogme tout puissant empêche toute réflexion individuelle.

Le changement entre la croyance et l’incroyance se fait souvent dans des périodes de doute. Et c’est probablement l’une des origines des athéismes. Ce doute peut arriver dans le sens inverse, penser que l’absence de dieu est inenvisageable peut arriver aux athées. Mais ceux qui ont crû et ont douté retournent rarement à la croyance. La croyance oblitère une partie du jugement. Au nom de la croyance de la vérité révélée, l’aveuglement aux arguments contredisant le dogme sont ignorés. C’est cette domination psychologique qui est dangereuse. L’enfermement dans un dogme tout puissant empêche toute réflexion individuelle.

En France, la laïcité a été construite pour éviter que le poids des opinions religieuses. Cette loi ne fut pas seulement portée par des athées. Des croyants modérés l’ont soutenue. Les antagonismes ont été forts. Le pape lui même s’y opposa. Malgré cette loi, radicale dans son idée, a toujours été l’objet de limites. De fait, Aristide Briand, pensé considérait que la formulation de cette règle de l’espace public interdisait l’exposition des signes religieux devait concerner même la rue. L’application en fut toujours plus légère. La liberté de conscience n’était pas une liberté d’exercice du culte, mais une tolérance bien entendue de la croyance. Cette loi protège les athées, permet la critique des religions et le blasphème.

Aujourd’hui, de nouveau, certains veulent interdire le blasphème. L’islam est en tête de pointe dans ce combat, mais il n’est pas le seul. Pour cette religion, l’actualité n’est pas rassurante. Que ce soit par l’affaire Mila, celle de Zineb El Rhazoui ou la décapitation de Samuel Paty, la menace d’un islam radical existe en France. Mais les actions de certains politiques français laissent penser que cet équilibre est menacé. Participations de maires à des messes, invitation de religieux par le président pour des consultations politiques, financement de lieux de cultes sont autant de risques pour cet édifice juridique particulier et de menace sur la liberté de conscience. c’est pourquoi l’athéisme est un allié objectif de la laïcité.

La liberté de blasphémer, de critiquer les croyances passe pour les athées par un droit et une protection dans l’expression. Ils peuvent aussi dénigrer les fonctions religieuses et cela doit leur être accessible. C’est cela que devrait leur garantir tout état de droit. Et c’est cela qu’ils désirent. Bien sûr, le recul des religions et des superstitions leur est cher et certains agissent en militant seuls ou en groupe. Et c’est un combat qui reste dangereux socialement et physiquement dans le monde. C’est juste croire en un ou plusieurs dieux que ceux qui croient. Et cela n’est pas une menace sur des personnes physiques. C’est autorisé, contrairement a de multiples pays où les lois sont influencées par le droit religieux. C’est juste essayer de faire sa vie sans superstition.

Le 26/03/2021.

Fabien Micolod

25 février 2021

Pétition pour une réponse athée aux émissions sur les services publics audiovisuels français.

Depuis l’invention de l’ORTF, la radio et la télévision publique diffusent des émissions religieuses chrétiennes et juives. Il y a parfois, selon les époques, les gouvernements et les politiques menées et les partis politiques au pouvoir, des émissions radiophoniques présentant l’histoire et les théologies développées par l’islam. Théoriquement, la loi 1905 ne devrait pas favoriser ce type d’émissions religieuses au nom de la séparation des églises et de l’État. Pour les athées, une spiritualité est un système de pensée et un corpus philosophique. Pour le religieux, c’est aussi un système para- juridique. C’est la raison pour laquelle des hommes politiques au début du XXe siècle se sont battus pour imposer la laïcité qui a été introduite dans la constitution de 1946. Il était question de la supériorité de la loi civile sur la loi religieuse. La laïcité est une garantie d’une libre expression de la production de l’esprit, ce que les athées considèrent pour la plupart comme une spiritualité, dans les limites de la loi, particulièrement de la loi sur la liberté de la presse de 1881.

Puisque la spiritualité et l’éthique pour se développer n’ont pas besoin de justification autre que celle d’une société démocratique et apaisée, il est nécessaire de faire savoir qu’elles existent. La religion est parfois à l’origine de dérives sociales et sociétales, il est nécessaire d’avoir undiscours pour pointer les contradictions des religieux. Les athées souhaitent avoir le même traitement que les principales religions par le secteur public. Les athées, agnostiques et autres incroyants représentent une partie importante de la société française. Ils demandent, au nom de l’égalité de traitement et de la laïcité, un droit de diffuser leur production intellectuelle dans la même temporalité que celle des émissions religieuses. Dans un souci de médiatisation et d’égalité, ils ont parfaitement conscience que l’insulte aux croyants reste punie par la loi. Ils sont prêts à proposer et accepter tous débats, disputes intellectuelles et réflexions sur le fait athée et religieux.

Les athées demandent que les émissions religieuses soient complétées par une pensée profane, que les récits mythologiques soit opposés à une pensée rationnelle et que la spiritualité sans dieu soit considérée équitablement avec celles prônant les dieux. Nous demandons donc que des émissions diffusant les pensées athées soient créées pour avoir un écho auprès des citoyens français pour leur permettre un choix éclairé et pluraliste des approches des phénomènes religieux et philosophies métaphysiques.

Le 25/02/2021

Fabien Micolod.


23 février 2021

Proposition d’objectif d’une association athée.

L’athéisme se veut une pensée sans dieu et sans religion.

L’association « athéisme militant » fixe les objectifs suivants :

-La lutte contre les superstitions.

-La lutte contre les dérives violentes des religions et des sectes.

-La lutte contre les dérives sociales des religions et des sectes.

-La production de vidéos, podcasts et écrits accessibles gratuitement ou payant, régulière et médiatisée dans le but de faire connaître, diffuser et éduquer à la pensée athée.

-La défense juridique et médiatique des athées ou de toutes personnes étant menacées, harcelées ou subissant une dérive sectaire ou religieuse.

-Le recensement des lois et règles juridiques nécessaires pour cette défense.

-Une demande régulière auprès des médias publics pour la diffusion d’un discours athée, ou celle de la disparition des émissions diffusant des offices religieux des services publics.

-La discussion et l’échange avec les groupes et associations de lutte contre les dérives sectaires.

-La promotion du rationalisme, du scepticisme, des sciences et de la pensée critique.

Fabien Micolod

09 février 2021

Histoire critique de Jésus Christ : ou Analyse raisonnée des évangiles/ Paul-Henri Thiry D’holbach

Paul Henri Thiry D’Holbach: Histoire critique de Jésus Christ : ou Analyse raisonnée des évangiles.- Paris, Coda, 2007 diffusion PUF

ISBN 9782-84967-039-2

Paul Henri Thiry D’Holbach (1723-1789) est un chimiste, philosophe et écrivain. Si le rationalisme naît à un moment, cet auteur fait partie de ceux qui permettent le développement de cette pensée basée sur le raisonnement scientifique. Homme des lumières, il est l’auteur de plusieurs articles de l’Encyclopédie sous la direction de Diderot et D’Alembert, entre autre sur la métallurgie et la chimie. Il est un penseur de l’éducation. Il a écrit plusieurs ouvrages dont « la théologie portative » et « la contagion sacrée » contre la religion. C’est un penseur d’un athéisme moderne.

Le principe de cet ouvrage est d’étudier le nouveau testament avec un regard rationnel. L'époque n'est pas encore à la mise en cause de l'xistence de Jésus Christ. jChaque évènement décrit dans la bible y est étudié comme issue de phénomènes naturels et d’un comportement trop humain. Pour cela, il étudie les diverses versions des apôtres. Chaque péripétie décrite est pensée par rapport à la situation politique et religieuse qui existe en Palestine (c’est le nom de la province romaine) où se développe le récit biblique. De sa naissance à sa mort et sa résurrection supposée, les différents actes décrits sont passés à une réflexion rationnelle qui détricote le récit.

Et les miracles n’en sont plus. De la reconstruction de la naissance au miracles en petits groupes, l’histoire perd de sa magie. Chaque acte est expliqué par des raisons très terre à terre et le divin devient très humain. Les apôtres et leur maître Jésus ressemble plus à une bande de voleurs rassemblés justifiant leurs actes par la religion. Les miracles sont décrits sous la forme performative. Quand une histoire est dépeint avec merveilleux, D’Holbach en donne la vision sordide d’une comédie destinée à assurer sa survie et celle de son groupe.

Ainsi, peu à peu, le récit divin devient un récit peu amène, ou la cupidité, la bêtise, l’échec et la manipulation se suivent pour la publicité de ce personnage trouble qu’est Jésus. Les faits rapportés sont mis en doute quand ils sont improbables ou quand ils sont contradictoirement racontés par les différents évangélistes. La charge est argumentée, rationnelle et raisonnable. Et la vérité du récit devient celle d’un mythe propagé e par un empereur Constantin désireux de dominer aussi les esprits et les consciences.

Un des livres athée les plus p?uissants basés sur le nouveau testament, qui doit à son auteur un rationalisme assumé. Si le texte est difficile et le phrasé daté, l’édition sur laquelle j’ai basé mon analyse est en français modernisé, ce qui permet une lecture plus simple. Un livre athée, pour les esprits forts d’un esprit fort. La lecture vous donnera arguments , raisonnements et exposés utile pour la prochaine visite des témoins de Jéhovah.

Le 09/02/2021

Fabien Micolod

20 décembre 2020

La bombe, considération sur une fin possible.

Chine, Corée du Nord, États Unis d’Amérique, France, Inde, Israël, Pakistan, Royaume Unis, Russie. Tels est la liste, dans l’ordre alphabétique français, des pays possédant l’armement nucléaire. Ce texte a été initié après un post sur le réseau social facebook de l’IRSEM (Institut de Recherche, Stratégique de l’École Militaire). Celui-ci se rengorgeait de la modernisation de l’armement nucléaire. Ma réponse fut ironique : « C’est toujours important de connaître la vitesse à laquelle on va mettre fin à l’humanité ». Mais ce n’est pas seulement la fin de l’humanité, mais la fin de la plupart des espèces. En continuant dans l’ironie noire, je préciserais que ce serait un moyen efficace de mettre fin au réchauffement climatique, puisque l’un des effets de l’utilisation des armes nucléaires serait un hiver nucléaire. Bien sur, le remède serait bien pire que le mal.

Depuis au moins la fin des années 1950, cet armement a la possibilité de détruire l’humanité et l’écosystème tel que nous le connaissons. Albert Camus, dès qu’il eut connaissance de l’explosion à Hiroshima de la première bombe utilisée sur des êtres humains a pris conscience immédiatement des risques qu’entraînait la possession de cet armement. Et j’ai malheureusement le pessimisme de penser que la possession d’une arme incite à son usage. De plus, ces dernières années ont amené des risques supplémentaires .

L’acquisition de la technologie par la Corée du Nord de l’Inde et du Pakistan ont de quoi renouveler les inquiétudes. Les relations diplomatiques entre l’Inde et le Pakistan ainsi que de l’Inde et de la Chine sont à minima compliquée et les risques de conflits existent dans les deux cas. Le cas de la Corée du nord, avec son système militariste et l’idéologie que porte le pays laisse un arrière goût de peur quant à la possession de cet équipement militaire, qui de plus est lié avec des technologies de lancement relativement avancées. Mais ce sont loin d’être les seuls éléments menaçants.

Outre la modernisation annoncée par la France, celles effectuées ou des recherches annoncés sont des dangers à ne pas négliger. La nouvelle génération de missiles russes supersoniques russes et américains, l’annonce des recherches sur des bombes nucléaires à portée limitée annoncées par Trump, ainsi que la sortie des traités de non prolifération des armes nucléaires par ces deux pays sont autant de signaux négatifs et de risques multipliés. Ce collapse, qui à ma connaissance n’est pas envisagé par les collapsologies plus ou moins sérieux, est possible. Il en prendrait que quelques jours. Ses effets se ressentiraient pendant des millions d’années pour le niveau de radiation. Si je suppose que le complexe vivant se perpétuerai, le vivant tel qu’il est aujourd’hui serait totalement changé, entre autre dû au problèmes dans la transmission du patrimoine génétique. Et l’évolution des animaux complexes complexes, au vu des destructions, reculerait largement pendant à minima des dizaines de milliers d’années.

La seule bonne nouvelle est la tentative de 50 pays de signer auprès de l’ONU d’un traité d’interdiction des armes nucléaires. Celui-ci devrait entrer en 2021. Si aucun des pays possédant ces armes ne l’ont fait, 122 pays l’ont signé. Si le désarmement nucléaire reste pour l’instant un vœux pieux, c’est l’une des rares lumières dans un paysage sombre et inquiétant.

 

Le 20/12/2020

Fabien Micolod

03 décembre 2020

Comment je suis devenu athée militant ?

Je suis athée. De longues années, je me suis contenté de cette simple affirmation pour le vivre, sans penser aux implications de cet état. Si une personne me le demandait, je lui disais. Si personne ne me posait la question, je pouvais en parler, je n’y accordais que l’importance d’un ressenti et d’une pensée personnelle. La première fois où j’ai dit que j’étais athée, j’avais 12 ou 13 ans. Je ne le savais pas à l’époque, mais la personne à qui j’ai dit ça tentait de m’introduire dans le protestantisme français. J’avais fait de la catéchèse, mais je m’étais lassé de ses histoires et de vierge accouchant et de résurrection me paraissait des contes étranges. La lecture du cycle de Dune de Franck Herbert m’avais montré l’ingénierie trop humaine des religions. Mais je pense que le fait qui m’a définitivement rendu méfiant envers les religionz est le massacre de l’ordre du temple solaire. J’étais encore dans mon adolescence, et cet évènement avait eu lieu entre autre dans un village près de chez moi. Si avant les religions ne m’intéressait juste pas, ou seulement comme cultures de certains de mes amis, je commençais à m’en méfier.

Bien des années passèrent sans que je ne m’engage plus, sauf lors de conversations plus ou moins philosophiques. Le 11 septembre 2001, comme tous ceux qui l’on vécut en étant assez agés, je me rappelle ou j’étais lorsque j’ai appris la chute des tours du world trade center. Sur le coup, voyant un type crier qu’un avion était rentré sans les tours, j’ai crû à une mauvaise blague, qu’il fallait vérifier plus tard. Quand la réalité s’est imposé, la première conclusion que j’en tirais été que le monde allait changer. J’ignorais dans quel sens, mais j’en étais certain. Je pense à posteriori que je ne m’étais pas trompé, mais je n’avais pas imaginé les conséquences multiples de cet évènement.

La religion m’avait une fois encore monté son potentiel de violence. Mais le chemin restait long avant que je prenne ma décision de militer sur une affirmation publique de mon athéisme. Le premier qui m’a donné envie de créer un contexte d’éducation populaire, c’est Michel Onfray avec son université populaire de Caen. La découverte de ces cours sur France culture en 2003 ou 2004 m’a fasciné. Surtout, la lecture de son « Traité d’athéologie » m’a appris que je me situais dans plusieurs courants philosophiques. J’avais à peine lu Nietzsche, mais aucun des philosophes qui m’auraient permis de mettre en perspective et approfondir ma logique athée.

La découverte, au début des années 2010 des athées anglo-saxons, avec la découverte du livre « pour en finir avec Dieu » et le site de sa fondation. Le fondement d’un discours positif et militant m’a immédiatement attiré, mais je n’ai pas pensé qu’une véritable galaxie athées se développait. La découverte de Christopher Hitchens fut aussi un choc. Moins intellectualisant que Dawkins, mais aussi plus puissant dans son argumentation, j’avais trouvé un athée dont je me sentais proche, malgré des désaccords. Cette galaxie m’a permis de découvrir, ou plutôt redécouvrir, la philosophie et la démarche sceptique et rationaliste. J’ai toujours aimé poser et me poser des questions, je retrouvais alors quelque chose qui m’avait été présenté, mais qui m’avait été présenté comme une pensée inintéressante.

Mais malgré cette attirance pour l’éducation populaire, même si j’ai commencé à écrire des textes, d’abord politiques, puis athées, le vrai déclic s’est produit avec les attentats de Charlie Hebdo. Les influences des auteurs expliquaient l’influence néfastes des religions et la nécessité de s’y opposer. Ce sont les auteurs anglo-saxons qui m’ont convaincu de l’exigence de l’engagement athée. Ils m’ont aussi appris le rationalisme militant, ce qui aujourd’hui structure mon argumentaire. J’y reviendrai probablement.C’est ainsi que peu à peu je tente de former un corpus athée à partir duquel une réflexion et une critique peut se former. Si les moyens restent encore limités, j’essaierai de développer un discours cohérent.

Le 03/12/2020

Fabien Micolod

20 novembre 2020

Mort de James Randi, un inconnu en France.

James Randi (07/08/1928, 20/10/2020) nous a quitté. Ce septique a été à l’origine d’un grand mouvement qui a conquis le monde. D’abord illusionniste, il refusait le terme de magicien, il mis ces compétences au service de l’enquête sur les faux miracles et les vraies fraudes aux pouvoirs psychiques. Il est l’un des fondateur du Committee for Skeptical Inquiry (comité pour l'investigation sceptique). Il lança le million dollars project en 1964 qui proposa ce fameux million de dollars a toute personne pouvant démontrer ces pouvoirs psychiques. Ce challenge a duré jusqu’en 2015. Personne n’a jamais encaissé le chèque. En 1973, dans l’émission de Johnny Carson, il mit à mal Uri Geller, qui prétendait avoir des pouvoir psychiques en montrant la faiblesse de ses soi-disant pouvoirs. Il a percé à jour les méthodes du télévangéliste Peter Popoff qui prétendait pouvoir repérer les malades en 1987. Il expose les défauts de la méthode de Jacques Beneviste sur la mémoire de l’eau, qui malgré les preuves qu’il a apportés prouvant leur fausseté reste toujours la base de l’homéopathie. En 1996, il a créé la « James Randi Education Foundation » qui a pour but d’investiguer le paranormal et l’éducation aux sciences et à la rationalité. Il épouse son compagnon de route Deyvi Peña à la fin de sa vie.

Si cet homme reste largement inconnu en France, son travail a eu des conséquences, particulièrement sur le mouvement zététique. De fait, sa méthode d’investigation est une des premières pour investiguer le paranormal. La critique sur Jacques Beneviste est un problème français dont il a eu connaissance et dont la critique, si elle n’est pas parfaite, tient toujours. Surtout, s’il est méconnu, c’est parce qu’un seul de ses livres a été traduit. Comme sceptique, je trouve désolant que son œuvre ne soit pas traduite. Il me semble que l’hommage que lui doivent les sceptiques est assez immense. Cet homme, sans formation autre que celle de la prestidigitation a étudié les plus grandes fraudes mises en place par des personnes qui parfois, eux, avez un bagage intellectuel largement supérieur. C’est la preuve que le simple fait de mettre en place une méthode de questionnement peut aider à démystifier et démythifier notre pensée.

En espérant qu’un éditeur, une communauté sceptique ou athée prennent en charge ce travail, il manque à tous ceux qui connaissent le travail de toute une vie.

 

Le 20/11/2020

Fabien Micolod

Posté par Fabi11975 à 22:22 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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